Slowdive cover

Slowdive


Un album de sorti en chez .

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Vingt-deux ans après, le phénix nommé Slowdive renaît de ses cendres...

Absent des radars depuis 1995, perdu même pour envisager une continuité à sa discographie, Slowdive a pris il y a plus d’un an tout le monde par surprise en se reformant pour une mini-série de concerts, puis une tournée aboutie. Si l’assistance, en mode revival et fidèle au rendez-vous, y a entendu le sempiternel refrain de retrouvailles temporaires, leurs membres se sont, de leur côté, testés au jeu des affinités intactes ou dépolies par le temps, évaluant discrètement le possible degré de création future mais, surtout, pour se persuader que les atomes étaient encore assez crochus pour prétendre à l’album du grand retour.

Ce process étant acté, le groupe de Reading s’est épris d’un retour en studio, à Oxford, où les deux premiers albums furent enregistrés. L’idée d’un confort usuel pour offrir le successeur de “Pygmalion” paraissait idoine, mais c’est finalement à partir d’une page blanche que les lignes du nouvel opus ont été dessinées. L’esprit shoegazien, sceau identitaire des britanniques et inspiration majeure de formations comme DIIV ou Beach House, figure telle la clé de voûte de cet incroyable come-back, énergique et renversant à l’image du radiophonique Star Roving ou des nappes nébuleuses tout aussi frivoles de Slomo et Everyone Knows.

 

 

Ce sont les penchants plutôt pop de cet album sans nom, symbole affirmé d’une renaissance certaine, qui vont surprendre sans s’affranchir véritablement d’une refonte radicale de style. Tel l’équilibriste, les turbulences vaporeuses et saturées propres au shoegaze penchent sans jamais s’effondrer vers des titres aux effluves mélancoliques, taillés dans des réminiscences d’une pop anglo-saxonne désabusée sur Sugar For The Pill (véritable Wonderful Life contemporain du regretté Black), sur le flow assuré et semi-mystique de l’addictif Go Get It  mais aussi par les cadences et épaisseurs désarmantes de guitares à créditer du refrain de No Longer Making Time, rappelant les récents travaux de Rachel Goswell au sein du side-project Minor Victories.

Chose sûre, Neil Halstead & co. peuvent se targuer d’avoir évité le piège du retour abject en se distinguant, par-dessus tout, d’une nostalgie dont ils ne tirent que les plus glorieux bénéfices :  une étiquette intacte de pionniers du shoegaze qu’ils auront su façonner et transposer à l’époque du numérique avec un prestige inné, une envie inaltérable et une aisance dépourvue de la moindre craquelure pour véhiculer sa foule d’émotions. Oui, le phénix Slowdive a ressuscité, en chair et en notes mais, au fond, peut-on se permettre de considérer qu’il ait un jour été mort ?

 

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  • Publication 505 vues15 mai 2017
  • Tags SlowdiveDead Oceans
  • Titres recommandés Slomo Star Roving Sugar For The Pill Everyone Knows Go Get It
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Tracklist

  1. Slomo
  2. Star Roving
  3. Don't Know Why
  4. Sugar For The Pill
  5. Everyone Knows
  6. No Longer Making Time
  7. Go Get It
  8. Falling Ashes

La disco de Slowdive

Slowdive8
80%

Slowdive

Souvlaki9
90%

Souvlaki