Moon


Un album de sorti en chez .

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Rien de bien neuf sous la Lune

Snowbird est une nouvelle formation aux allures de supergroupe (Simon Raymonde des Cocteau Twins, Stephanie Dosen voix de Massive Attack et Chemical Brothers, Philip Selway et Ed O’Brien de Radiohead, Mc Kenzie Smith de Midlake). Respectant le schéma jusqu’au bout, en bon supergroupe, Snowbird nous livre une production bien léchée dont on ne peut dire que les morceaux sont mauvais, mais qui auront bien du mal à emballer…

Nul doute, les titres sont beaux et potentiellement envoûtants, mais déjà nous ne sommes pas égaux à l’écoute de cet album. Il y a ceux qui connaissent les Cocteau Twins et ceux qui ont encore la chance de pouvoir découvrir « Treasure » et autres monuments de la bande à Liz Fraser.  De fait, on a parfois le tort de chercher dans les nouveautés d’un artiste la résurgence de ses productions passées, mais là, aucun effort n’est demandé à l’auditeur, c’est flagrant, en peu trop.

Premier élément à charge(?), la voix : un chant féminin froid et cristallin, fragile et mystique, sujet à un travail sur les échos et superpositions, autant dire, pas loin du copier/coller (pour information Cocteau Twins c’était il y a 30 ans). Le problème c’est que n’est pas Liz Fraser qui veut, les variations et la puissance ne sont plus là, et tenter de ressusciter feu Cocteau Twins en commençant par faire du sou Liz Fraser, on part mal. On pourra arguer tout de même que ce soit être bien dur pour Stephanie Dosen qui reste dotée d’un bien bel organe, qui peut laisser envieuses bien des chanteuses, mais, pour citer un célèbre monsieur Balou : « ne gâche pas ton temps pour l’impossible, et si tu peux le trouver, tant mieux pour toi ».

La partie instrument ? Comme précisé plus en amont, on n’a pas à faire à des bleus, et leur CV plaide largement en leur faveur. Alors encore une fois, c’est parfaitement exécuté, on sent qu’il y a eu émulsion constante des talents à la composition de chaque morceau et le résultat sont des titres très, trop(?), riches. Toujours dans une mouvance cold wave tirée à quatre épingles, les chansons fourmillent d’éléments dont une écoute unique ne suffirait pas à établir le recensement. Et l’analogie à Cocteau Twins , bien que moins flagrante que pour la voix, ne s’est pas envolée. Or ce qui faisait de ce groupe un objet de culte, un veau d’or de la musique automnale, c’est aussi que la simplicité, la sobriété des accompagnements, laissait à l’auditeur toute la liberté de se perdre dans des aspérités, des imperfections : dans les dédales de l’imagination fouillis, mais réservée de ses membres. Ici, on a un album constitué de onze titres agréables à l’oreille, mais particulièrement lisses et pas spécialement propices à l’interaction dans l’écoute.

Si Cocteau Twins intervient autant de fois dans cet article, c’est bien qu’il hante sans jamais vraiment apparaître dans cet album. Les titres trouveront leur public sans nul doute, même si leur intérêt principal est de nous faire replonger dans la discographie d’un groupe gigantesque dont je tairai le nom.

S’il ne devait rester qu’un titre : Heart Of The Woods.

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Tracklist

  1. I Heard the Owl Call My Name
  2. All Wishes Are Ghosts
  3. Charming Birds from Trees
  4. Where Foxes Hide
  5. Amelia
  6. Bears on My Trail
  7. Porcelain
  8. Come to the Woods
  9. We Carry White Mice
  10. In Lovely
  11. Heart of the Woods
  12. I Heard the Owl Call My Name - Rx Gibbs Remix
  13. All Wishes Are Ghosts - Rx Gibbs Remix
  14. Charming Birds from Trees - Rx Gibbs Remix
  15. Where Foxes Hide - Rx Gibbs Remix
  16. Amelia - Rx Gibbs Remix
  17. Bears on My Trail - Rx Gibbs Remix
  18. Porcelain - Rx Gibbs Remix
  19. Come to the Woods - Rx Gibbs Remix
  20. We Carry White Mice - Rx Gibbs Remix

La disco de Snowbird

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