- Lovetune for vacuum

Lovetune for vacuum


Un album de sorti en chez .

Qu’est-ce qui fait qu’on va s’intéresser à un album de prime abord ? Le pseudo de son auteur ? Soap and skin, bof… on a connu mieux, qui fasse moins pub Dove. La nationalité de l’artiste ? Pourquoi pas. Anja Plaschg (c’est son vrai nom) est Autrichienne, et des disques de là-bas, on en écoute […]

Qu’est-ce qui fait qu’on va s’intéresser à un album de prime abord ? Le pseudo de son auteur ? Soap and skin, bof… on a connu mieux, qui fasse moins pub Dove. La nationalité de l’artiste ? Pourquoi pas. Anja Plaschg (c’est son vrai nom) est Autrichienne, et des disques de là-bas, on en écoute pas tous les jours. Le fait que ce soit un premier album ? Oui, bien sûr. La curiosité est une vertu à cultiver, et on est toujours friands de découvertes. Mais quand on décrit un peu le disque, qu’on nous explique qu’il s’agit d’un album assez sombre, écrit au piano et chanté d’une belle voix, ça peut en rabattre un peu sur l’enthousiasme de la découverte, car des disques comme ça, on en a vu passer quelques-uns. 

Il y a ainsi deux façons d’appréhender "Lovetune for vacuum". On peut le prendre dans un contexte général et le voir comme un bon album de genre, bien écrit, qui viendra allonger une liste sur laquelle figurent des Tori Amos ou Emily Haines, entres autres. Et ce d’autant plus facilement que ce disque n’est pas assez intense pour véritablement sortir du lot et marquer son époque. 

Mais une autre approche consiste à dire que peu importe la forme, l’important étant la sincérité de la démarche et que l’auditeur y trouve son compte. A cet égard, si l’on reste un peu hermétique à un morceau comme Marche funèbre, qui en fait un peu trop dans les effets, c’est à peu près la seule fois où Soap and skin s’égare un peu. Car sur Sleep, la voix d’Anja Plaschg nous transperce, voix que l’on aimerait d’ailleurs bien entendre en live, car sur l’ensemble du disque, le traitement sonore nous la fait apparaître comme dédoublée, en écho. Et puis,Spiracle est une superbe ballade, à la fois légère, pure et touchante. Et que dire encore de morceaux comme Thanatos, ou d’un instrumental aussi raffiné que Turbine womb, sinon qu’il faut un minimum de talent pour leur donner corps. Tout cela sans emphase ni pathos excessif, car les morceaux ne dépassent que rarement les trois minutes, comme si Soap and skin voulait en venir tout de suite à l’essentiel et faire de ses chansons de petits instantanés de spleen sublimé. S’il serait exagéré de crier au génie, s’il est encore trop tôt pour savoir si l’on tient un grand talent pour l’avenir, reconnaissons à Soap and skin le mérite d’avoir écrit des chansons qui vont nous accompagner un bon moment.

Rédacteur en chef