Soap and skin - Narrow

Narrow


Un album de sorti en chez .

Avec son premier album, Soap and Skin était entrée doucement, sans fracas, dans le petit monde de la pop indé. On l’avait accueillie avec bienveillance, séduits par ses compositions intimistes et mélancoliques au piano, sans s’exciter outre mesure, Or, trois ans après, "Lovetune For Vacuum" ne lasse pas et s’est au contraire révélé un disque […]

Avec son premier album, Soap and Skin était entrée doucement, sans fracas, dans le petit monde de la pop indé. On l’avait accueillie avec bienveillance, séduits par ses compositions intimistes et mélancoliques au piano, sans s’exciter outre mesure, Or, trois ans après, "Lovetune For Vacuum" ne lasse pas et s’est au contraire révélé un disque au charme vénéneux qu’on ressort régulièrement. On était donc curieux de savoir à quoi ressemblerait son successeur. Car rien ne nous garantissait que le dépouillement de "Lovetune For Vacuum" était une véritable marque de fabrique et que la toute jeune Anja Plaschg n’était pas entourée de quelques conseillers plus ou moins bienveillants soucieux de la voir investir un créneau "porteur". 

Pour tout dire, le suspense dure au moins… cinq secondes. En effet, dès Vater, en quelques notes de piano, le décor est planté et il ne variera pas, d’autant que "Narrow" est un album très bref (huit titres pour une petite demi-heure), ce qui peut éventuellement être relevé comme une faiblesse. En revanche, paradoxalement, on n’y ajoutera pas celle de la redondance. Car, c’est un fait, Soap and Skin creuse un sillon avec une sincérité et une justesse de ton indéniables. La joie de vivre n’est certes encore une fois pas de la partie, mais la petite tendance à glisser par instants vers un "gothique" un peu artificiel de "Lovetune For Vacuum" est ici gommée pour lui préférer des mélodies très parcimonieusement relevées d’arrangements de cordes, le jeu de piano se fait un peu moins ferme, plus "romantique", notamment sur Vater ou Lost. 

On ne pourra non plus passer à côté de Voyage Voyage, reprise du tube unique des années ’80 de Desireless. Pas tant pour savoir si une reprise de variété alieu d’être sur un tel disque ou couvrir Soap and Skin de louanges pour avoir réussi à en faire un si beau moment, même si, au départ, c’est un peu la première idée qui nous vient. Mais, plus prosaÏquement, avec quelques notes de piano, deux trois cordes et un chant qui monte haut, Anja Plaschg bouleverse une fois encore. Soap and Skin ne déchaîne pas les passions, ne fait pas les gros titres, mais, en deux albums, pour ceux qui auront ou prendront le temps de lui prêter l’oreille, elle aura vite pris et trouvé sa place.

Rédacteur en chef
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