3000 V – 40000 W


Un album de sorti en chez .

Pas de quartier, pas de prisonniers ! Standard déboule toutes basses dehors, avec quelques artefacts disco pour tromper l’ennemi, et surtout armé d’une force de frappe plus dissuasive encore qu’une flotte de sous-marins nucléaires français : avec deux batteurs, une boîte à rythmes, et bon nombre de percussions pour pimenter le tout, la horde sauvage […]

Pas de quartier, pas de prisonniers ! Standard déboule toutes basses dehors, avec quelques artefacts disco pour tromper l’ennemi, et surtout armé d’une force de frappe plus dissuasive encore qu’une flotte de sous-marins nucléaires français : avec deux batteurs, une boîte à rythmes, et bon nombre de percussions pour pimenter le tout, la horde sauvage de Bilbao annonce la couleur. Et pour les plus lents d’entre nous, un titre-manifeste ("3000 V – 40000 W") rappelle que si ces gars savent quoi faire de leurs dix doigts, c’est bien de les coller dans toutes les prises disponibles.

Cette bande de furieux œuvre pourtant dans un style immédiatement reconnaissable : avec sa basse vindicative, ses guitares sèches et hargneuses, ce son est bien celui d’un rock funky descendant directement du post-punk. En cela Standard n’est peut-être que le énième rejeton d’une lignée proliférante (de Franz Ferdinand à Radio 4 en passant par The Rapture). Pour marquer sa différence, le collectif semble donc avoir choisi l’excès rythmique comme seule restriction.

Si Standard peut, à l’occasion, se fendre d’un refrain entraînant (The Happy Song) ou d’une accroche mélodique (Suzanne), on devine bien vite que ce n’est pas sa préoccupation principale : le mélodique Supermarket finit ainsi noyé, submergé par le raz-de-marée de batterie tribale qui s’abat sur lui en milieu de parcours. La bacchanale infernale de Love Train marque également la prépondérance donnée aux rythmes et à leur puissance brute… Du coup I Love You, apaisé et mélodique, apparaît bien esseulé et insipide au milieu de cette furie.

Il manque peut-être à Standard la cohérence d’un Delorean, qui parvenait l’an dernier à transcender de son spleen urbain le matériel dansant de son « Into The Plateau ». L’essai n’est pas totalement transformé (un peu plus de concision parfois et un peu moins de titres auraient probablement aidé), mais les espagnols n’en ont cure, et pour tout dire on aurait tort de faire la fine bouche : "3000 V – 40000 W" est une gigantesque poussée d’adrénaline ; comme la célèbre piqûre au cœur de "Pulp Fiction", c’est administré sans finesse, mais ça vous ramènerait un moribond à la vie !

Chroniqueur
  • Publication 220 vues25 avril 2007
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La disco de Standard