Gin


Un album de sorti en chez .

9

Bombe folk noisy, incontournable, un chef d'oeuvre à tous points de vue...

Les albums marquants, ceux qui restent après moult écoutes, qui reviennent inlassablement après quelques temps de pause sont souvent emprunts du qualificatif d’inclassable ou, dans certains cas comme celui de ce LP,  de « cross style ». De « Gin » ressort cet esprit métissage rock, dense et puissant.

Avant tout, Stanley Brinks, qui pose sa voix nasillarde rétro furieusement habitée et pleine de grâce, n’est autre que Monsieur Herman Düne. La touche country des morceaux lui doit certainement beaucoup. Pour cette production, il s’est acoquiné avec des compagnons de longue date, The Wave Pictures, qui eux enchaînent les excellents albums à un rythme de stakahnovistes.

Concernant le contenu de ce véritable bijou qu’est « Gin », se dégage une telle entente entre les différents intervenants qu’on a l’impression d’écouter un one man band doué d’une dizaine de membres et de plusieurs jeux de cordes vocales. Difficile par contre d’en retirer une ambiance spécifique. On se retrouve plongés dans une nébuleuse hypnotique dont on ne peut vraiment dire ce qui nous y retient, la seule certitude étant qu’on ne voudrait pas se trouver ailleurs. Comme précisé, chaque partition (et il y en a de nombreuses) est jouée au diapason des autres. Malgré cela, quand on est féru de blues punk, le jeu de guitare est naturellement ce sur quoi l’on s’attarde en premier. Concernant ce dernier, le goût du noise est bien plus flagrant ici que sur les anciennes productions plus classiques de The Wave Pictures : les envolées incessantes partent d’un son très cristallin pour nous amener inexorablement à des explosions saturées furieusement jouissives, magnifiant l’aspect « voyage intérieur » des morceaux. A côté de cela la rythmique flirte avec le trip hop, le je ne sais quoi qui vous fait bouger lascivement la nuque dans un mouvement lent, répétitif et incontrôlable. Faute d’une description plus précise, c’est bien ce qu’il faut en retirer, « Gin » tient en lui la force des grand albums, celle qui prend possession de vous et vous fait vous abandonner avec plaisir au pouvoir des solos de guitares, aux lignes de basses classieuses et discrètes, aux délires épileptiques de la clarinette et à la voix fragile au vibrato puissant.

La perfection dans un domaine artistique tient de l’utopie, et si tant est qu’elle soit atteignable, elle n’est sans doute pas souhaitable. Mais la bande de copains qui s’est regroupée pour cet apéro au « Gin », dans son style, s’en approche dangereusement…

S’il ne devait en rester qu’un titre (il y en a bizarrement bien un qui se dégage) : Light and slow. 

 

Webmaster
  • Stanley Brinks

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    The Wave Pictures

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment