Copper Blue


Un album de sorti en chez .

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Les années 80, quoique quelque peu réévaluées ces derniers temps, restent pour beaucoup une période sinistrée musicalement, et rares sont les groupes ou artistes à trouver grâce aux yeux de bien des spécialistes. Hüsker Dü est de ceux-là : le trio mené par Bob Mould a tout simplement redéfini les standards de tout un pan […]

Les années 80, quoique quelque peu réévaluées ces derniers temps, restent pour beaucoup une période sinistrée musicalement, et rares sont les groupes ou artistes à trouver grâce aux yeux de bien des spécialistes. Hüsker Dü est de ceux-là : le trio mené par Bob Mould a tout simplement redéfini les standards de tout un pan de la musique (très) électrique.

La fin de Hüsker Dü, lent supplice marqué par les violents conflits entre Bob Mould et Grant Hart, et par l’effet néfaste d’une consommation massive de stupéfiants, représente un des naufrages collectifs les plus surprenants de l’époque (d’autant plus surprenant en fait qu’il correspond à la phase de créativité la plus éclatante du groupe).

Pas difficile de comprendre que Bob Mould ait souhaité après ce fiasco prendre un peu de repos. Son projet suivant, Sugar, serait plus facile d’accès, plus pop, moins noir. Sous l’influence notable de quelques rejetons du Dü (Nirvana, Pixies), Sugar adopte un son plus plein, moins explicitement abrasif que sur les disques de Hüsker Dü. Et, effectivement, on trouvera sur « Copper Blue » beaucoup plus de mélodies accrocheuses (Hoover Dam, Changes, Man On The Moon).

Mais c’est mal connaître Bob Mould que penser qu’il laisse s’installer durablement l’éclaircie : The Slim et Slick, notamment, voient percer une rage intacte. Sur le premier morceau, le rugueux The Act We Act, les guitares font d’ailleurs parler la poudre avec un son d’une rare puissance. Et sur le reste du disque, si musicalement l’ambiance se fait plus légère, les paroles, tordues à souhait (comme sur le tube A Good Idea), font planer la menace.

« Copper Blue », sorti en 1992, a probablement pâti d’être assez décalé par rapport à son époque : entre des Pixies déjà moribonds, et une explosion grunge en cours après l’avènement de « Nevermind », le hardcore mélodique de Sugar semblait étrangement désuet. Quinze ans après, c’est surtout le talent intact de composition de Bob Mould qui frappe, ainsi que cette menace latente que Mould ne parvient jamais totalement à maquiller, même lorsqu’il revêt des atours plus pop : une propension à la noirceur qui éclatera de nouveau au grand jour avec le glaçant « Beaster ».

Chroniqueur
  • Publication 286 vues18 novembre 2007
  • Tags SugarRykodisc
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Tracklist

  1. The Act We Act
  2. A Good Idea
  3. Changes
  4. Helpless
  5. Hoover Dam
  6. The Slim
  7. If I Can't Change Your Mind
  8. Fortune Teller
  9. Slick
  10. Man on the Moon

La disco de Sugar

Beaster7
70%

Beaster

Copper Blue9
90%

Copper Blue