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Hot Servitude


Un album de sorti en chez .

9

Industriel, urbain, habité par une conscience abrasive... Le nouveau disque de Summer est une plongée perturbante dans l'ultra-modernité.

A vif. Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier Hot Servitude. Œuvre noire, que l’on perçoit d’abord sans la moindre respiration. Sans le moindre espace pour espérer. C’est un coup de poing absolu. En phase totale avec l’époque. En phase terminale donc. Les paroles crachées comme de l’essence sur un feu. Un son qui dépasse le raisonnable, l’entendement. Une véritable déflagration, qui s’inscrit dans le post-punk de Wire, la folie et l’intelligence de The Fall. Une déflagration industrielle, martelée. Et c’est inquiétant, dérangeant, fascinant. A l’image des dérives d’un temps qui semble hors de contrôle. Voué à sa perte, et presque fier de cette escalade infernale.

La musique de Summer explore depuis ses débuts les aspects les plus sombres, les plus tragiques de l’existence contemporaine. A la façon d’un Peter Sotos pour la littérature, Summer creuse dans la blessure. Pas à côté. Directement dans la plaie. Ca raconte des histoires, mais pas celles que l’on a envie d’entendre. Des histoires prises dans un tumulte sonique, des histoires violentes, de rencontres au-dessus d’un abîme urbain. De sexes, de ruptures, mais d’amour aussi. La musique claque, tabasse et enrobe ces destins contés, les précipitant dans la fournaise et l’insécurité.

Pourtant, on entend le mot rédemption et même cette phrase, tout droit sortie de l’enfer sonore, “le bonheur ne tient qu’à des choses infinitésimales“… Ce qui illumine étrangement ce mur du son d’une noirceur viscérale. Comme si l’ensemble, musique martiale et paroles ultra-réalistes, provoquait une catharsis… Pas de libération sans prise de conscience de toutes nos chaînes. Pas de renaissance au monde sans la vision très nette de nos propres sujétions et contradictions. D’une lucidité implacable, Hot Servitude est un disque d’une puissance musicale et émotionnelle rare. A écouter très fort. Et très attentivement.

En écoute, une version de Laura Gemser de 2013, titre que l’on retrouve sur Hot Servitude. Encore plus explosif.

Yan
Chroniqueur

La disco de Summer

Hot Servitude9
90%