Swell - Too Many Days Without Thinking

Too Many Days Without Thinking


Un album de sorti en chez .

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La courte histoire du rock regorge d’oublis injustes, de perdants magnifiques ; c’est d’ailleurs ce qui fait à nos yeux une grande part de son intérêt (et ce qui justifie également l’existence d’un site comme le nôtre). Mais certains oublis sont bien plus criants que d’autres. Swell, assurément, fait partie des grands cocus des années […]

La courte histoire du rock regorge d’oublis injustes, de perdants magnifiques ; c’est d’ailleurs ce qui fait à nos yeux une grande part de son intérêt (et ce qui justifie également l’existence d’un site comme le nôtre). Mais certains oublis sont bien plus criants que d’autres. Swell, assurément, fait partie des grands cocus des années 90 : ignoré à l’époque, oublié ou presque à présent, le groupe a pourtant régulièrement tutoyé l’excellence, notamment sur une brochette d’albums (“Well ?”, “41” et ce “Too Many Days Without Thinking”) qui aurait dû lui permettre d’accéder à un succès bien plus vaste.

La genèse de ce quatrième opus fut pour le moins mouvementée, le groupe ayant dû réaliser pas moins de cinq sessions d’enregistrements, seul ou en compagnie de différents producteurs. En 1997, Swell est donc, déjà, un étrange quatuor de scoumounards, qui essaient désespérément de jouer leur musique, le mieux possible, tout simplement. Cet acharnement (ce désespoir ?) se ressent jusque dans le son du groupe : sec, tendu, basé sur le contraste saisissant entre une guitare rythmique à l’acoustique rugueuse et un trio rock (guitare électrique / basse / batterie) canonique et sans afféterie. What I Always Wanted et Going Up (To Portland)? figurent parmi les meilleurs exemples de la sobre efficacité de cette formule dégraissée à l’extrême.

Splendide de bout en bout, “Too Many Days Without Thinking” est le disque d’un groupe en pleine possession de ses (énormes) moyens, au pinacle de son art : intelligent sans être arty, physique et énergique sans être bourrin, mélodique sans mièvrerie, Swell atteint ici un équilibre miraculeux, et livre la quintessence de ce que le rock devrait toujours être. “Too Many Days Without Thinking” se clôt, adéquatement, sur Sunshine Everyday, ballade aérienne et diaphane soudain clouée au sol par les martèlements de la batterie, puis ressuscitée par les voix ironiques et hantées de David Freel.

On ne saura jamais ce qui a manqué à Swell. Pas assez sexy ? Trop sombre ? Trop sobre ? Il y a probablement des dizaines d’explications, toutes aussi plausibles les unes que les autres, toutes aussi injustes au fond. L’important reste finalement que l’on peut encore profiter de beaux disques comme ce “Too Many Days Without Thinking”.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Throw the Wine
  2. What I Always Wanted
  3. Make Mine You
  4. Fuck Even Flow
  5. At Lennie's
  6. When You Come Over
  7. (I Know) The Trip
  8. Going Up (To Portland?)
  9. Bridgette, You Love Me
  10. Sunshine, Everyday