Tamino - Amir

Amir


Un album de sorti en chez .

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Qu'il soit Amir à la ville ou Tamino à la scène, cet artiste-là réussit humblement son entrée...

Que le temps semble long, parfois, lorsqu’il s’agit de mettre à l’épreuve sa patience jusqu’à atteindre l’échéance tant désirée. C’est peut-être ce qu’à pu ressentir Tamino-Amir Moharam Fouad durant ces quelques mois qui ont séparé la date prévisionnelle de parution de son premier album de la date effective de celle-ci, en milieu de mois dernier. Entre mai et octobre, rien n’est pourtant venu perturber ce jeune artiste belge d’origine égyptienne, vingt-deux bougies au compteur, déjà crédité d’un premier EP et de quelques concerts qui auront eu le mérite d’attirer du monde avant l’heure, radios et presse spécialisée en tête.

Il faut bien avouer que Tamino a de quoi magnétiser les foules. Sa gueule d’ange, à la fois fringante et mystérieuse, couplée à une tessiture vocale mouvante et un jeu de scène sobrement envoûtant, ont fait de sa personne l’une des récentes attractions musicales méritant un intérêt ponctué. Ses premiers morceaux surtout, sortis au compte-goutte avant d’être compilés, ont permis d’apprécier avant l’heure son aisance naturelle sur des compositions aux pulsations parfaitement ciselées, pour son timbre en majeure partie, mais aussi tels les métronomes idéaux d’une personnalité généreuse, imperturbable et authentique.

Avant même d’honorer ses racines, “Amir” résonne comme le témoin d’une volontaire mise à nu, un script qui introduit d’entrée son identité comme pour poser les propres fondations de son embellie avant d’étendre, espérons à l’avenir, sa créativité vers d’autres sphères. Sur fond d’une poignante mélancolie, Tamino creuse chacun de ses titres vers diverses profondeurs, de la puissance désarçonnante d’un Habibi, inspirant la sollicitude et l’émerveillement des cimes de son organe vocal, à des pistes tels que Tummy ou Chambers prenant leurs quartiers dans le terreau rock alternatif belge (Girls In Hawaii, Balthazar…). D’autres viennent offrir une éminente résonance à ses textes, contés sous couvert de ballades épurées (Verses, Persephone) ou avec des arrangements alliant modernité (Sun May Shine, w.o.t.h) et minimalisme, à l’instar des percussions du langoureux Indigo Night ou celles plus explicites de Cigar ou Intervals.

Mais surtout, le délicieux spectre de ses origines nord-africaines enveloppe ce premier recueil comme un voile de velours, usant instinctivement des codes traditionnels de la musique arabe et de sa sophistication sans s’y abreuver à outrance. Tamino donne de ses plus beaux reflets culturels à sa poésie et extirpe de son orientalisme la juste expression pour en confectionner un univers ténébreux et captivant (So It GoesEach Time). Voilà qui donne matière à décrire Tamino, avant même l’énumération d’évidentes filiations qui lui collent déjà à la peau, aussi flatteuses soient-elles. Le plus flatteur est évidemment, de se signaler sur une première production et de mettre un paquet de monde sur les mêmes rails, acte que le jeune belge vient de convertir en toute humilité et, de surcroît, avec un talent indiscutable…

 

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  • Publication 293 vues6 novembre 2018
  • Tags TaminoCommunion
  • Titres recommandés Habibi Cigar Each Time w.o.t.h
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La disco de Tamino

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