Hospice


Un album de sorti en chez .

Dans les bios de ce trio de Brooklyn qui fleurissent depuis quelques mois sur le web, il est de bon ton de rapprocher The Antlers d’Arcade fire. D’abord parce qu' »Hospice », leur premier véritable album de groupe (Peter Silbermann, le leader, ayant signé quelques EP de son côté), a été conçu autour du thème de la […]

Dans les bios de ce trio de Brooklyn qui fleurissent depuis quelques mois sur le web, il est de bon ton de rapprocher The Antlers d’Arcade fire. D’abord parce qu' »Hospice », leur premier véritable album de groupe (Peter Silbermann, le leader, ayant signé quelques EP de son côté), a été conçu autour du thème de la maladie et de la perte, comme « Funeral » à l’époque. On peut toutefois y voir avant tout une tentative un peu arbitraire de cartographier le groupe dans le paysage musical, mort et perte ayant influencé d’autres disques avant « Funeral », d’autres après.

En revanche, ce qui est plus emballant, c’est le mini-buzz qui se forme autour de l’album depuis quelques semaines, car si cet album est à coup sûr un très beau disque, il n’est en soi pas novateur et ne cherche d’ailleurs pas à l’être. S’il était sorti il y a une quinzaine d’années, il aurait sans doute été édité sur un label indépendant, aurait trouvé un public restreint mais qui l’aurait chéri, discrètement. Mais en 2009, se faire éditer ne va pas de soi, et c’est d’abord en autoproduction qu' »Hospice » a vu le jour. Et, magie de l’Internet, la rumeur et les louanges ont bourgeonné ci et là, si bien que l’album se voit aujourd’hui offrir une diffusion plus large et le  trio promu au rang de tenanciers d’une musique discrète mais qui, par sa simple beauté, parvient à se faire entendre.

Plutôt qu’à Arcade fire, c’est aux climats vaporeux de Sigur Ros, de Mogwai (pourquoi pas) dans ses moments apaisés qui alternent avec des fulgurances ou de Red House Painters que l’on pense. Kettering et Atrophy sont ainsi des bijoux d’onirisme et d’émotion, des pièces qui se déploient lentement, prennent l’auditeur dans leur spleen étudié. Mais la force et la bonne idée d » »Hospice », c’est de ne pas en rajouter dans le larmoyant, de ne pas rester confiné dans ce cocon cotonneux qui aurait pu mener l’entreprise dans l’emphase et le trop lourdement tragique. Ainsi, Sylvia et son explosion épique font mouche du premier coup, et la seconde moitié de l’album, plus variée et enlevée, sans en rabattre sur la sincérité du ton, lui donne tout son équilibre. Bear a ainsi un côté presque jazzy, Thirteen laisse entrer une voix féminine qui, dans ce climat, apporte une touche lumineuse, un peu comme Nico chez le Velvet (osons le parallèle), Two est un joli morceau pop qui va gentiment crescendo.

Tout en délicatesse, en écriture soignée et en subtilité, The Antlers imposent un album qui sait transcender la gravité qui le sous-tend, avec une économie de moyens épatante. Savoir qu’en 2009, les technologies modernes permettent à de telles œuvres, de prime abord intimistes, d’être relayées et de toucher un public plus large que ce qu’on aurait pu leur promettre, donne assurément confiance en l’avenir.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Prologue
  2. Kettering
  3. Sylvia
  4. Atrophy
  5. Bear
  6. Thirteen
  7. Two
  8. Shiva
  9. Wake
  10. Epilogue

La disco de The Antlers

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