Horehound


Un album de sorti en chez .

En plus du talent qu’on lui prête, il faut reconnaître à Jack White sa capacité à rebondir et créer l’événement. En 2006, certains déploraient le manque de tubes sur "Get behind me Satan" des Whites Stripes ? Quelques mois plus tard, il était de retour à la tête des Raconteurs et balançait Steady as she […]

En plus du talent qu’on lui prête, il faut reconnaître à Jack White sa capacité à rebondir et créer l’événement. En 2006, certains déploraient le manque de tubes sur "Get behind me Satan" des Whites Stripes ? Quelques mois plus tard, il était de retour à la tête des Raconteurs et balançait Steady as she goes en éclaireur de leur premier album. Le second opus sorti l’an dernier de ces mêmes Raconteurs peinait à convaincre ? Le voilà aujourd’hui de retour à la tête des Dead Weather, nouveau "supergroupe" où il officie notamment à côté d’Alison Mosshart et d’un Queens of the Stone Age. On peut se demander si ce nouveau projet est une dispersion inutile de plus ou une véritable bonne idée. Mais on sait que Jack White au meillleur de sa forme, et Alisson Mosshart, au moins à l’époque du premier album des Kills, c’est peut-être ce qu’on a connu de mieux ces dernières années en termes de rock et de blues radical. Intéressant aussi, Jack White a abandonné la guitare pour passer à la batterie, expérience nouvelle donc. 

L’introductif 60 feet tall pose immédiatement le décor et nous donne quelques raisons d’espérer. Climat et guitares tendues, chant fièvreux, c’est bien à un album de rock sans fioritures auquel on a affaire. Album qui gagne même en densité et en chaloupements sous les coups de boutoir d’un orgue vintage sur I cut like a buffalo, ainsi que sur l’endiablé Treat me like your mother qui n’a pas été choisi au hasard comme premier single. 

Toutefois, lorsqu’un groupe affiche un tel casting que The Dead Weather, on est en droit de se demander ce qu’apporte chacun à l’ensemble. Or, si Jack White fait un très compétent batteur, son jeu ne se révèle pas aussi instinctif et passionnant que celui de sa "soeur" Meg au sein des White Stripes, et ses habituelles boucles de guitares font ici défaut. Alison Mosshart, elle, apporte une touche sensuelle et sauvage par son chant, sans toutefois déborder du cadre des chansons, et les deux derniers protagonistes se coulent dans le moule avec un peu trop de sagesse pour un album de ce genre. Bref, si "Horehound" est un efficace album de blues rock séminal, sans bas, mais sans sommets non plus, même si les titres déjà cités ainsi que Rocking Horse ou la ballade finale Will there be enough water sortent un peu du lot, il lui manque un brin de folie, de spontanéité pure pour réellement imprimer une empreinte durable. On peut y voir là la limite de projets qui rassemblent des musiciens qui, même s’ils ont le même état d’esprit, ont acquis des habitudes diverses au sein de leurs formations et avec leurs comparses habituels. Conséquence, on sent sur "Horehound" plus de compromis que d’émulation. Pour faire court, disons qu’on souhaite voir Jack White rentrer au bercail rapidement.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. 60 Feet Tall
  2. Hang You from the Heavens
  3. I Cut Like a Buffalo
  4. So Far from Your Weapon
  5. Treat Me Like Your Mother
  6. Rocking Horse
  7. New Pony
  8. Bone House
  9. 3 Birds
  10. No Hassle Night
  11. Will There Be Enough Water?

La disco de The Dead Weather