Survival Sickness


Un album de sorti en chez .

Conspiration (internationale) du bruit. Hall de la faculté des sciences. Arthur lit le journal quotidien local. A la une : l’implantation du nouvel aéroport dans la région. La cuisson de l’article ne lui plaît pas ; l’odeur de ces feuilles de choux lui semble nauséabonde. « Salut ! » Edgar le sort de ces flatulences capitalo-politico-économique, polluant […]

Conspiration (internationale) du bruit.

Hall de la faculté des sciences. Arthur lit le journal quotidien local. A la une : l’implantation du nouvel aéroport dans la région. La cuisson de l’article ne lui plaît pas ; l’odeur de ces feuilles de choux lui semble nauséabonde. « Salut ! » Edgar le sort de ces flatulences capitalo-politico-économique, polluant déjà l’atmosphère. Il lui demande comment vont les nouvelles. Mal lui répond Arthur. « Tu te rends compte ils vont nous foutre un aéroport pas loin d’ici ! » Et il explique à son ami les conséquences écologiques que cela va causer : nuisances sonores, pollution de l’agriculture, éradication de certains villages, rupture affective de certains habitants avec leur environnement, etc. « Un maximum de bruit pour un maximum de profit financier… En plus on ne demande même pas notre avis… Putain ! de mondialisation… je te le dis : ce futur aéroport est une conspiration internationale du bruit ! » Et puis Edgar, dont le sujet ne semble pas trop contrarié, lâche une ineptie avec sourire « Ouais mais bon ! ça va créer des emplois ». Aussi rapide qu’un Airbus A320, Arthur vitupère contre Edgar d’arrêter de répéter les conneries de son père pour qui, en tant que P.D.G. d’une fonderie d’aluminium, ce projet serait économiquement une aubaine. « C’est exactement le genre de discours que tiennent les industriels de l’armement ! ». Silence. Regard torve. Edgar ne sourit plus. Première fois qu’il montre sa peine à Arthur. « Ouais ! mais t’es bien content qu’à chaque vacances mon gros con de patron de père t’embauche dans son usine ». Froid. Plus glacé que la mer Baltique.

Avec une moyenne de deux minutes trente par morceaux, « First conspiracy », le premier album supersonique de The (International) Noise Conspiracy, a fini par atterrir fin des années quatre-vingt-dix. Des titres comme « Abolish work », « Blast-off » (aux accents Iggypopiens) ou encore « Black mask » dépassent le mur du son que les groupes suédois ont tendance à nous offrir. Bagages d’une influence punk-rock des années soixante-dix. Certains diront qu’ils se rapprochent du rock’n’roll à la MC5 et de l’énergie électrique des Kinks, d’autres de l’esprit garage des Stooges et de la désinvolture des Who ; une chose est sur c’est qu’ils n’ont rien à voir avec Abba ou Ace Of Base.
An deux mille. The (International) Noise Conspiracy décolle réellement avec « Survival sickness ». Dennis Lyxzén et les siens nous embarque dans des compositions plus mélodiques, moins coupées au rasoir, telles que « Will it ever be quiet » ou « (I’ve got) survival sickness », et c’est avec « Smash it up » et « Reproduction of death » qu’ils arrivent à jumeler inspirations passées et conjonctures musicales présentes. De par ce second album ils affirment leur identité ; prouvant ainsi qu’ils ne sont pas imposture.
Enfin tout ceci est corroboré par une scénographie explosive : ces zébulons scandinaves balancent leur provocations, leurs revendications anti-mondialistes, leurs colères, guitares et batteries gonflés à bloque. Poings levés.  » Strike for human kind « .

Les cours viennent de se terminer. Edgar n’a pas assisté à la dernière heure. Arthur, inquiet, le retrouve assis à une table au café du Cheval Blanc. Arthur s’avance et s’assied à côté de lui. « C’est bien la première fois que je te vois attablé seul dans un caf’ton avec une pression à peine touchée des lèvres ». Edgar sourit légèrement. Ce n’est pas le premier demi qu’il boit en cette heure. Arthur est navré pour l’antagonisme du matin, mais son ami aussi : il n’a fait que répéter ce qu’il a entendu chez lui. Il n’a pas chercher à comprendre, à réfléchir. « Vois-tu chez moi on a toujours pensé à ma place… on ne m’a jamais demandé mon avis… et je t’avouerai que ça m’apportait une certaine facilité de vie ». Silence. Arthur s’en veut d’avoir réagi au quart de tour. Depuis leur adolescence, Edgar l’a toujours soutenu, et en toute circonstance. « Pardonne-moi d’avoir été si égoïste ce matin… ». Edgar avale une gorgée d’alcool et fais l’appoint en petite monnaie sur la table. Il se lève. « Ça te dit une partie de FIFA 2001 ?! » Arthur acquiesce. Chaleur.

Chroniqueur

Tracklist

  1. I Wanna Know About U
  2. The Subversive Sound
  3. Smash It Up!
  4. (I've Got) Survival Sickness
  5. The Reproduction Of Death
  6. Imposter Costume
  7. Intermission
  8. Only Lovers Left Alive
  9. Do I Have To Spell It Out?
  10. Will It Ever Be Quiet?
  11. Enslavement Blues
  12. Ready Steady Go!