The La’s


Un album de sorti en chez .

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Parmi les multiples parallèles que l’on peut dresser entre football et musique, en particulier Outre-Manche, la rivalité entre Manchester et Liverpool reste probablement comme l’un des plus fructueux. En près de cinquante ans de rock britannique, chaque époque marquante a pu voir émerger des artistes majeurs dans chacune de ces deux cités. A l’orée des […]

Parmi les multiples parallèles que l’on peut dresser entre football et musique, en particulier Outre-Manche, la rivalité entre Manchester et Liverpool reste probablement comme l’un des plus fructueux. En près de cinquante ans de rock britannique, chaque époque marquante a pu voir émerger des artistes majeurs dans chacune de ces deux cités. A l’orée des années 90, tous les yeux sont tournés vers Manchester, en pleine déferlante Madchester ; les figures de proue de ce courant musical se nomment Happy Mondays, Stone Roses ou encore James, autant de groupes prônant une approche hédoniste de la musique comme échappatoire à la grisaille du quotidien. La réponse (discrète, avouons-le) du berger liverpudlien à la bergère mancunienne sous Ecstasy tient en 3 lettres : La’s.

Le groupe, mené par la tête de lard Lee Mavers, propose à peu de choses près l’exact contrepied des lubies de l’époque : aux morceaux à rallonge répondent des bombes pop millimétrées, irréprochables de concision, à l’hybridation futuriste entre rock, funk et dance-music répond un rock d’un classicisme total, d’une classe folle, très marqué par l’influence des Kinks de Ray Davies. Porté par des guitares (aussi bien électriques qu’acoustiques) parfaitement captées et des refrains instantanés, ce premier album des La’s se pose d’emblée comme un véritable classique intemporel – à l’instar du « New Wave » des Auteurs, ou de façon plus récente, du disque des Last Shadow Puppets.

Bien sûr, le célèbre There She Goes a tendance à focaliser l’attention, mais cet arbre bien visible ne doit pas cacher la forêt de pépites : Son Of A Gun, Liberty Ship, Freedom Song, Way Out, Doledrum sont autant de merveilles sur lesquelles le temps n’a toujours pas de prise, et qui continuent d’afficher une fraîcheur éclatante. On pourrait, en cherchant vraiment, reprocher à cet éponyme essai une production (signée Steve Lillywhite) trop clinquante, trop propre – c’est en tout cas ce dont ne s’est pas privé Lee Mavers, qui a très rapidement renié ce premier album, s’estimant trahi par son producteur, et réclamant à grands cris une réédition basée sur un mixage plus brut. Cet imbroglio aura en fait raison des La’s, qui ne donneront jamais suite à ce coup d’éclat splendide, à part cette fameuse réédition qui ne s’est réalisée qu’en 2008… Dommage qu’une fois de plus, un caractère invraisemblable ait gâché la carrière d’un groupe qui s’annonçait clairement comme l’un des plus talentueux de l’époque…

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. All Around The World (La La La) - Mark Shakedown Remix

La disco de The La's

The La’s9
90%

The La’s