It’s A Shame About Ray


Un album de sorti en chez .

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Ecrire que les années n’ont pas de prise sur « It’s A Shame About Ray » serait faux ; ce type de pop énergique n’est plus vraiment d’actualité et le son des Lemonheads est clairement associable au début des années 90. La vieillesse, cependant, n’est pas forcément un naufrage – c’est du moins ce que l’on se […]

Ecrire que les années n’ont pas de prise sur « It’s A Shame About Ray » serait faux ; ce type de pop énergique n’est plus vraiment d’actualité et le son des Lemonheads est clairement associable au début des années 90. La vieillesse, cependant, n’est pas forcément un naufrage – c’est du moins ce que l’on se plaît à espérer à l’orée de la trentaine – et le petit chef-d’œuvre d’Evan Dando est, de ce côté, assez rassurant : voici un disque qui a très bien vieilli !

C’est sur ce cinquième album que les Lemonheads atteignent leur plénitude. Leurs premiers efforts, beaucoup plus punk, présentaient quelques beaux moments, hélas noyés dans des absences mélodiques rapidement pénibles. Sur les suivants, Dando tirera un peu à la ligne dans un registre de pop à l’extrême limite de la mièvrerie. « It’s A Shame About Ray », lui, est un miracle d’équilibre ; les Lemonheads y gardent une indéniable énergie dans l’interprétation, vestige de leur passé punk, mais pour la première fois, cette énergie, parfaitement canalisée, est mise au service de chansons à l’élégance irréprochable.

Cette collection incroyable de pépites pop, tantôts enjouées tantôts douces-amères, à la concision admirable, fait donc bien son âge mais garde toute sa fraîcheur. Confetti parvient toujours à donner envie d’empoigner une guitare pour entonner son irrésistible refrain, Buddy bouleverse toujours autant, de même que Hannah & Gabi. La reprise de Mrs Robinson de Simon & Garfunkel, rajoutée en fin d’album, bien qu’anecdotique, révèle l’attachement que le groupe porte aux mélodies bien ficelées. Dando, secondé aux voix par l’irrésistible Juliana Hatfield (notamment sur Bit Part), se révèle être un interprète parfait pour des chansons beaucoup moins simplistes qu’il n’y paraît.

Classique instantané, « It’s A Shame About Ray » propose ce que les années 90 ont pu engendrer de meilleur (aux côtés de l’album bleu de Weezer ou des disques des Posies, par exemple) dans le registre d’une power-pop intelligente, sophistiquée et immédiatement addictive. Et, ce qui n’est pas le moindre de ses charmes, il reste toujours un disque d’été parfait.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Worth It