Malamore


Un album de sorti en chez .

Le psychédélisme réincarné...

Les Limiñanas se sont révélés au public français avec le notable « Costa Blanca » et son revival yéyé sucré teinté d’élégance cynique. Après une phase de rééditions laissant déjà entrevoir leur goût prononcé pour le psychédélisme et les textes plus sales, âpres, les Perpignanais  nous reviennent avec un « Malamore » aux contours bien plus perméables que leur premier effort.

Premier élément notable, le grain du son est clairement plus garage : saturé, dégoulinant sur un tempo accéléré. De fait, l’ambiance se salit et l’univers se veut plus diffus. A ce titre, l’instrumental Train Creep A – Loopin avec l’illustre Pascal Comelade aurait-il eu sa place sur « Costa Blanca »? Avec sa profusion d’instruments, son clavier très Doors, son riff acide et sa lourde montée en puissance constante, le titre montre à merveille ce que tente de réaliser le groupe, se réattribuer une certaine idée du psychédélisme, ambitieuse, entre vintage respectueux et modernisme subtil.

« Il est temps d’aller s’baigner… » boucle sur El Beach sorte de descriptif à la Balzac sans emphase, précis et direct, soutenu par une composition entre trip LSD et blocage autiste. C’est sur ce point et sur des textes uniques que réside le côté sombre de l’album, une ambiance insaisissable qui lui donne tout son charme et lui évite brillamment les écueils du revival psychédélique ambiant. Comment pourrions également passer à côté de la ligne de basse de Peter Hook, celle-là même aux origines de la cold wave, sur un Garden Of Love brisant délicatement les barrières hermétiques de styles a priori sans lien ?

Par la suite, l’album va délivrer des titres joués avec une certaine idée fixe, dans l’urgence, sans trop d’apparats, ponctuellement ralentis par une guitare langoureuse et suintante. Et encore une fois, quelques textes dans la langue de Molière finiront d’achever notre engouement pour l’univers à la fois classieux et cru du groupe. Il y a une vraie âme fortement identifiable chez les Limiñanas, un je ne sais quoi de poésie qui sent la sueur et la poussière et une composition ambitieuse, où, derrière un psychédélisme flagrant et assumé, réside un certain goût pour l’aventure. Des risques faisant flirter parfois le son faussement vintage avec noise, post-rock ou cold wave.

S’il ne devait en rester qu’un titre : El Beach.

A lire également notre interview du groupe.

Webmaster

Tracklist

  1. Athen I.A
  2. El Beach
  3. Prisunic
  4. Garden of Love
  5. Malamore
  6. El Sordo
  7. Dahlia Rouge
  8. The Dead Walking
  9. Kostas
  10. Zippo
  11. Paradise Now
  12. The Train Creep A-Loopin
  13. Maria's Theme (Bonus Track)

La disco de The Limiñanas

Shadow People8
80%
Malamore7
70%

Malamore

Costa Blanca5
50%