Shadow People


Un album de sorti en chez .

En maîtrise totale de son sujet.

Ils auront mis le temps à obtenir une reconnaissance dans l’hexagone à la hauteur de leur succès outre-atlantique, mais il est dorénavant clair que les Catalans de Limiñanas font figure d’incontournables du paysage indé français. Forts d’une collection d’instruments des plus éclectiques et internationaux, comme d’un studio maison (garage plus précisément) Lionel a créé une identité sonore parfaitement identifiable tant par son côté DIY que par son élégance, l’élégance artistique d’un vrai passionné. Jusqu’ici, on les as connu yéyés, fans à peine cachés d’Ennio Morricone, ou plus récemment de cold wave (avec la récente participation de Peter Hook sur « Malamore« ), voilà maintenant que nos amis s’acoquinent avec Anton Newcombe. Encore une fois réussiront-ils à garder leur grain significatif tout en s’appropriant les ambiances de leurs modèles ?

Première écoute, premières impressions, l’album ressemble à la suite logique de « Malamore » avec ce savant mélange de psychédélisme lancinant et de rythmiques cold wave presque martiale. Encore une fois, l’album va être traversé par une foultitude de sonorités tant occidentales qu’exotiques. A l’image de son prédécesseur, le disque nous offre un grain plus garage, moins net. Aussi, on retrouve l’écriture assez fine, espiègle, souvent déclamée comme de courtes nouvelles. « Shadow People » parle d’amitié, souvent autours d’anecdotes

Les fines nuances qui détachent l’opus des précédentes productions apparaissent aux écoutes suivantes. On reconnait la patte Anton Newcombe dans cette habilité à marier désinvolture et violence, détachement et poésie organique. Aussi, bien que la démarche soit toujours basée sur du DIY, Newcombe offre une nouvelle dimension à l’ensemble. Bien souvent le DIY, bien que très générateur d’énergie, s’accompagne d’un certain manque de densité. Les Limiñanas ne sont jamais partis dans cette extrême, mais force est de constater que leur nouvel acolyte leur fait largement profiter de son don pour les arrangements…

Enfin, on pourra citer quelques guests, aussi éclectiques que le groupe lui-même, Newcombe, Emmanuelle Seigner ou Bertrand Belin vont se succéder, chacun apportant sa particularité sans jamais casser la dynamique générale. C’est certainement en cela que l’évolution continuelle du groupe est particulièrement notable. Tels des éponges, le duo s’imbibe de ses très nombreuses influences, sans jamais laisser de côté son passé. Les adeptes de Je Ne Suis Pas Très Drogue se retrouveront autant dans cet album que les fans psyché, cold wave ou de sonorités exotiques. Le seul ressentiment qu’il en reste, c’est ce que certains pouvaient éprouver sur certaines productions de Bowie, bien belles et impressionnantes mais parfois peu percutantes.

 

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Tracklist

  1. Ouverture.
  2. Le Premier Jour
  3. Istanbul Is Sleepy (feat. Anton Newcombe)
  4. Shadow People (feat. Emmanuelle Seigner)
  5. Dimanche (feat. Bertrand Belin)
  6. The Gift (feat. Peter Hook)
  7. Motorizatti Marie
  8. Pink Flamingos
  9. Trois Bancs
  10. De la part des copains

La disco de The Limiñanas

Shadow People8
80%
Malamore7
70%

Malamore

Costa Blanca5
50%