Wall Of Arms


Un album de sorti en chez .

Le quintet anglais, au nom pas très engageant, est de retour cette année avec un nouvel album intitulé "Wall Of Arms". Deux ans après "Colour It In", les Maccabees semblent avoir atteint un niveau de maturité et surtout plus d’assurance. Afin d’insister sur cette mue, ils ont fait appel au producteur Markus Dravs, notamment responsable […]

Le quintet anglais, au nom pas très engageant, est de retour cette année avec un nouvel album intitulé "Wall Of Arms". Deux ans après "Colour It In", les Maccabees semblent avoir atteint un niveau de maturité et surtout plus d’assurance. Afin d’insister sur cette mue, ils ont fait appel au producteur Markus Dravs, notamment responsable de la production du "Neon Bible" d’Arcade Fire.
 
L’album prend  d’emblée à la gorge, il sonne comme s’il avait été fait dans l’urgence, avec cette envie pressante de cracher son désarroi. Ainsi, dès les premières notes du titre inaugural, Love You Better, on est scié. Et on aimerait pouvoir croire à un amour meilleur, celui asséné par la voix étranglée d’Orlando Weeks. Les cuivres apportent ce petit plus qui fait que l’on ne peut pas réduire la musique des Anglais à du rock anglo-saxon pur mais sans âme. One Hand Holding est très fort, avec ses chœurs à la Arcade Fire. Il y a une énergie folle qui traverse de long en large l’album, sûrement l’énergie du désespoir, celle qui provoque d’ultimes soubresauts, quand la fête n’est pas au rendez-vous. S’il faut être triste, alors autant l’être dans une rage communicative. Cette démarche rappelle ainsi celle d’Arcade Fire, et on pourrait peut-être reprocher aux Maccabees d’enfoncer le clou dans le rock épique, surtout en milieu d’album. Certes ils n’arriveront jamais à atteindre le génie des Montréalais, cela dit, on ne va pas en vouloir au chanteur, Orlando Weeks, d’avoir le timbre de voix similaire à celui de Win Butler.
 
Tous ces morceaux sont bien plus subtils qu’il n’y paraît, ce serait d’ailleurs  réducteur de dire que The Maccabees ont fait trop usage du copier/coller. Si bien sûr on entend par ci, par là, des échos de Editors (notamment sur No Kind Words), c’est parce que l’héritage funeste de Joy Division continue encore à être pillé par une génération entière de musiciens anglais désœuvrés, aux cœurs lourds et inconsolables. D’ailleurs comment ne pas être bouleversé par des morceaux comme Young Lions ou Wall Of Arms ? The Maccabees sont foncièrement à fleur de peau, le très tendu et sombre No Kind Words n’invite pas à la gaudriole et la détresse d’Orlando Weeks déteint sur son phrasé saccadé, comme un coup de trique. La mélancolie semble être le maître mot de l’album. Comme pour paraphraser Baudelaire, ce ciel si souvent gris et lourd qui couvre l’Angleterre est une source d’inspiration inépuisable. Seventeen Hands est un morceau enivrant sans jamais verser dans le lyrisme. Au contraire, cette tension qui traverse "Wall Of Arms" évite à l’album de virer à la guimauve grandiloquente chère à Muse.
 
La sincérité et l’intégrité de l’album sont manifestes. Quand un tel album que l’on n’attendait pas, nous explose à la gueule, on se dit que la raclée fut bénéfique. Quelle claque !

Chroniqueur

Tracklist

  1. Love You Better
  2. One Hand Holding
  3. Can You Give It
  4. Young Lions
  5. Wall Of Arms
  6. No Kind Words / Bag Of Bones
  7. Dinosaurs
  8. Kiss And Resolve
  9. William Powers
  10. Seventeen Hands
  11. Bag Of Bones - Part B - Album Version

La disco de The Maccabees