Alligator


Un album de sorti en chez .

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Depuis quelques années, nous sommes habitués à voir germer les nouvelles pousses de la scène new yorkaise, rapidement balancées sur le marché, à grands renforts de promo et de tournées tapageuses. The National arrive beaucoup plus discrètement et sereinement avec ?Alligator?, album épais aux ambiances obscures, combinant de fines harmonies pop et un chant âcre. […]

Depuis quelques années, nous sommes habitués à voir germer les nouvelles pousses de la scène new yorkaise, rapidement balancées sur le marché, à grands renforts de promo et de tournées tapageuses. The National arrive beaucoup plus discrètement et sereinement avec ?Alligator?, album épais aux ambiances obscures, combinant de fines harmonies pop et un chant âcre. Il faut dire que le quintette sort de deux ans de labeur, de remise en question, proche de la rupture. Ce troisième opus (le 1er chez Beggars Banquet) est en quelque sorte un retour à la vie, une improbable bouée de sauvetage.

C?est en 1999 que ces 5 copains de l’Ohio, immigrés à Brooklin, commencent à jouer ensemble et forment le groupe : les frères Dessner (Aaron aux guitares et basse, Bryce à la guitare), les frères Devendorf (Scott aux guitares et basse, Bryan à la batterie) et Matt Berninger au chant. Aidés de Nick Lloyd, ils enregistrent un premier album en 2001 (The National) puis créent leur label. C?est leur second album ?Sad Songs for Dirty Lovers’ (Brassland/Talitres) qui fait connaître le groupe, deux ans plus tard. Même si les tournées en Europe et aux Etats-Unis sont concluantes, le groupe a du mal à joindre les deux bouts et envisage de faire une pause, le temps de renflouer les caisses. En signant The National, Beggars Banquet aura donc évité une disparition comme il y en a tant dans le cosmos rock.

Ecrit à l’encre noire, trempé des désillusions de la vie (les relations entre amis, la mort, la paranoïa post 11 septembre aux USA), ?Alligator? est empreint d’une sobriété et d’une mélancolie touchantes, transcendée par la voix de Matt Berninger, rappelant celle de Stuart Stapple, tant dans sa tonalité que dans sa gravité. Rien que pour cela, la comparaison expéditive avec Interpol est interdite (bien que les deux formations aient le même producteur, Peter Katis). Des ballades aux morceaux pop, le chant, aussi obscure que puissant, est la pièce maîtresse des compositions, laissant les instrumentations combler les espaces dans une rigueur et une harmonie déconcertantes. Construit sur de rustiques fondations rock (guitares, basse, batterie), les ambiances sont subtilement enrichies par des violons, claviers, clarinettes et quelques ch?urs disséminés dans les mélodies, leur conférant cette douceur amère. The National semble expier toutes les fautes du monde (comme sur Baby, I?ll be fine et ses répétitifs « I?m sorry for everything » ou All the wine et les insistants « Mistakes » du refrain) mais sait aussi être rassurant et créer des ambiances chaudes et confortables.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Secret Meeting
  2. Karen
  3. Lit Up
  4. Looking for Astronauts
  5. Daughters of the Soho Riots
  6. Baby We'll Be Fine
  7. Friend of Mine
  8. Val Jester
  9. All the Wine
  10. Abel
  11. The Geese of Beverly Road
  12. City Middle
  13. Mr. November