High Violet


Un album de sorti en chez .

7

Le début de carrière de The National ressemble à l’ascension d’un col avec toutes les difficultés qu’elle comporte. Mais depuis « Alligator » et plus encore « Boxer », les prises semblent meilleures, rendant ainsi la progression plus facile. « High Violet » pourrait bien se révéler être le bout du sommet. Il en comporte […]

Le début de carrière de The National ressemble à l’ascension d’un col avec toutes les difficultés qu’elle comporte. Mais depuis « Alligator » et plus encore « Boxer », les prises semblent meilleures, rendant ainsi la progression plus facile. « High Violet » pourrait bien se révéler être le bout du sommet. Il en comporte du moins les éléments essentiels pour que ces cinq new-yorkais l’atteignent. Mais il faut pour cela enchaîner les écoutes comme on enchaîne les coups de pioche pour mieux appréhender la pente, et dans le cas de cet album, les subtilités.A commencer par la maturité de cette nouvelle production. Elle se ressent à travers l’équilibre qui réside de la première à la dernière minute.

Dans un second temps, il y a la voix de Matt Berninger, posée et calme, comme un alpiniste qui reprendrait son souffle pour affronter l’altitude et le manque d’oxygène. Le leader de The National paraît beaucoup plus serein qu’auparavant. Sur cet album, il ne se livre plus à des envolées brutales comme l’on pouvait entendre encore sur « Alligator ». Cette sérénité cache en fait des compositions encore plus sombres qui témoignent des troubles qui hantent le chanteur à la voix de baryton (Anyone’s Ghost ou Afraid of Everyone). On le sait, la musique de ce groupe est centrée sur la mélancolie et le mal être de son chanteur, il suffit de le voir en concert pour le comprendre. Cet homme a des choses à dire et à confier, et c’est ce qui rend la musique de The National aussi belle, car la musique n’a jamais été aussi belle que lorsqu’elle est dramatique.

Une fois de plus, et plus intensément sur « High Violet », les mélodies remuent les tripes et font monter l’émotion qui est au fond de nous. Musicalement cela se concrétise par une batterie qui résonne sans cesse comme un marteau qui assène les coups sur les endroits les plus sensibles, des guitares dans leur plus simple appareil, un piano tragique (Terrible Love et Sorrow) et un ensemble de cordes qui accentue cette ambiance (Little Faith).  Malgré l’ajout d’instrumentation et un arrangement très propre et digne des plus gros groupes de rock, on retrouve bien la marque de fabrique sonore de ce groupe reconnaissable parmi tant d’autres.

Pour l’occasion, les membres de The National ont aussi invité de très belles personnalités pour les accompagner dans cette nouvelle ascension comme Sufjan Stevens et Justin Vernon (Bon Iver). Un apport de qualité donc, connaissant le lyrisme de ces deux artistes, qui  aura apporté encore plus de sensibilité à ce cinquième disque.

Reste à espérer que The National ne se contentera pas d’avoir atteint un premier sommet et qu’on les retrouvera dans un nouveau défi plutôt qu’un simple circuit de randonnée.

Chroniqueur
  • Publication 445 vues31 mai 2010
  • Tags The National4AD
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Tracklist

  1. Terrible Love
  2. Sorrow
  3. Anyone’s Ghost
  4. Little Faith
  5. Afraid Of Everyone
  6. Bloodbuzz Ohio
  7. Lemonworld
  8. Runaway
  9. Conversation 16
  10. England
  11. Vanderlyle Crybaby Geeks
  12. Terrible Love (Alternate Version)
  13. Wake Up Your Saints
  14. You Were A Kindness
  15. Walk Off
  16. Sin-Eaters
  17. Bloodbuzz Ohio (Live At Current)
  18. Anyone’s Ghost (Live)
  19. England (Live)