L’annonce du retour de The Pains of Being Pure at Heart, moins de 2 ans après avoir été l’une des sensations de 2009, nous avait laissé partagé entre deux sentiments : d’un côté l’impatience d’entendre les nouveaux titres de ces new-yorkais tombés dans la potion magique Sarah Records, de l’autre une certaine méfiance de les […]

L’annonce du retour de The Pains of Being Pure at Heart, moins de 2 ans après avoir été l’une des sensations de 2009, nous avait laissé partagé entre deux sentiments : d’un côté l’impatience d’entendre les nouveaux titres de ces new-yorkais tombés dans la potion magique Sarah Records, de l’autre une certaine méfiance de les voir revenir si vite sur le devant de la scène dans l’exercice toujours casse-gueule du deuxième album. Pour les aider à passer ce Cap Horn musical, les TPOBPAH ont fait appel à deux vieux loups de mer de l’indie, rompus aux joutes du mixage (Flood) et de la production (Alan Moulder) dans les 90’s aux côtés des Depeche Mode, My Bloody Valentine, The Jesus and Mary Chain…Le risque avec un tel attelage est de perdre son identité si tant est que cet adjectif puisse s’appliquer aux TPOBPAH, eux qui sont parmi les précurseurs de ce renouveau 90’s que l’on a pas tardé à appeler « Nu Gaze ».

Premier constat à l’écoute des 10 titres de « Belong », les Nerw-Yorkais ne nous ont pas fait l’affront de ressortir des cartons Higher Than The Stars et Say No To Love, les 2 titres enregistrés depuis leur premier album. Dix nouvelles pistes donc, à la fois très proches des travaux précédents du groupe et pourtant si différentes. Habitués des productions bodybuildées, Flood et Moulder n’ont pas failli à leur réputation comme le prouve les premières mesures du morceau-titre que l’on croirait échappées du « Siamese Dream » des Smashing Pumpkins, autre groupe passé entre les mains expertes du duo. Tout laissait croire que la pop romantique et éthérée de la bande à Kip Berman allait se transformer en informe rock stadier/pompier au contact des gros doigts boudinés de ces producteurs XXL, et pourtant la magie opère finalement plutôt bien après un nécessaire petit temps d’adaptation.

« Belong » contient comme son prédécesseur son lot de titres catchy à souhait (Heart in Your Heartbreak ; Heaven’s Gonna Happen Now ; Even in Dreams) et de sucreries vaporeuses (Anne With An E ; Too Tough ; Strange), le tout bien évidemment marqué du sceau indélébile des 90’s. On l’a dit, la différence avec son prédécesseur tient surtout au régime hyperprotéiné auquel ont été soumis les 10 titres de ce nouvel album. Batterie et synthé qui avaient tendance à être en retrait sur le premier opus sont ici beaucoup plus (mieux ?) mis en avant, notamment sur Heart in You Heartbreak et The Body. Le groupe s’éloigne également de l’influence « Sarah Records » sans doute un peu lourde à porter même si, n’oublions pas, elle fut à l’origine de son succès.

The Pains of Being Pure at Heart évite donc avec une certaine aisance de se prendre les pieds dans le tapis avec ce maudit deuxième album, qui est régulièrement le tombeau de nombre de comètes aux trajectoires aussi glorieuses qu’éphémères…

Chroniqueur

Tracklist

  1. Belong
  2. Heaven's Gonna Happen Now
  3. Heart in Your Heartbreak
  4. The Body
  5. Anne with an E
  6. Even in Dreams
  7. My Terrible Friend
  8. Girl of 1, 000 Dreams
  9. Too Tough
  10. Strange