Higher Than The Stars EP


Un album de sorti en chez .

L’héritage des années 80 a longtemps été difficile à assumer, particulièrement en musique. La liste des rejetons indignes de cette époque (MTV, Madonna, George Michael, Phil Collins, le CD…) s’étendrait sur bien des pages et, comme les coupes de cheveux, certains artefacts musicaux de l’époque, synthétiseurs en tête, ont souvent bien mal vieilli. Certaines des […]

L’héritage des années 80 a longtemps été difficile à assumer, particulièrement en musique. La liste des rejetons indignes de cette époque (MTV, Madonna, George Michael, Phil Collins, le CD…) s’étendrait sur bien des pages et, comme les coupes de cheveux, certains artefacts musicaux de l’époque, synthétiseurs en tête, ont souvent bien mal vieilli. Certaines des horreurs créées a l’époque sont malheureusement encore en vie (n’en déplaise à Michael Jackson). Les artistes et critiques indés ont donc passé une bonne partie de leur temps a essayer de les enterrer dans les années 90. Et puis, peu a peu, on s’est rappelé que sous les tartines de soupe que l’on nous avait servies, se cachaient un sacré paquet de bonnes trouvailles et de groupes essentiels. On a d’abord ressorti le post-punk et la new-wave des cartons pour un grand revival. Puis en 2009, pour une raison encore inconnue, on a décidé d’ouvrir a nouveau le gros carton Shoegazing, qui faisait du bruit tout seul dans son coin au fond du garage. Et la pédale de distorsion a fait un retour aussi fracassant qu’inattendu.

En début d’année, les Pains of Being Pure at Heart ont donc sorti un excellent premier album dans cette veine, ressuscitant le twee-pop de The Field Mice, sorte de mariage improbable entre Belle & Sebastian et The Jesus & Mary Chain et gagnant au passage un joli succès critique. Histoire de faire taire les grincheux qui pourraient les trouver "boring", les Pains se sont créés une jolie réputation de groupe live, écumant les salles et festivals cet été. Tout en trouvant le temps d’enregistrer un EP, à paraitre en ce début septembre, histoire que personne ne les oublie pour les tops de fin d’année. Première surprise avec Higher Than The Stars, qui abandonne complètement la disto pour un pur morceau pop. Un titre qui ressemble étonnamment à The Cure période "Kiss Me Kiss Me Kiss Me". A vrai dire, la comparaison avec Just Like Heaven est inévitable, tant dans les nappes de synthé que dans la ligne de basse mélodique. Mais avec ses boucles hypnotiques et son refrain entêtant, le titre a mieux à offrir qu’un simple plagiat. On irait presque jusqu’à affirmer qu’on tient là le titre que Robert Smith essaye d’écrire depuis 1987.

103 et Twins, plus traditionnels, évoluent dans la lignée de l’album sans être aussi mémorable qu’un Young Adult Friction ou Come Saturday.Pour éviter que l’on en arrive à se demander si la formule ne risque pas de lasser dès le deuxième album, le groupe a la bonne idée de changer à nouveau de registre avec Falling Over et sa "balearic pop". On pense beaucoup aux récents travaux de jj ou Air France. Ce petit coup de frais ouvre de nouvelles perspectives au groupe. On espère qu’il saura les exploiter au mieux dans un second effort à venir. Le remix de Higher Than The Stars par les vétérans de Saint-Etienne s’engage dans la même voie et, bien qu’un peu longuet, offre une jolie prolongation a l’été. Avant une fin d’année où l’on devrait sans nul doute reparler des Pains of Being Pure at Heart.

Chroniqueur