Broken Boy Soldiers


Un album de sorti en chez .

Avec l’expérience, on devrait pourtant apprendre à se méfier de cette fichue hype. Mais rien n’y fait, le panneau a beau être aussi visible que s’il était planté au beau milieu du Sahara, on finit malgré tout par tomber dedans. The Raconteurs, donc : patronyme étrange pour un « super groupe » formé autour de Jack White […]

Avec l’expérience, on devrait pourtant apprendre à se méfier de cette fichue hype. Mais rien n’y fait, le panneau a beau être aussi visible que s’il était planté au beau milieu du Sahara, on finit malgré tout par tomber dedans. The Raconteurs, donc : patronyme étrange pour un « super groupe » formé autour de Jack White et Brendan Benson. Un battage médiatique savamment entretenu depuis le début de l’année, un single, et maintenant ce « Broken Boy Soldiers », qu’on en était venu à attendre avec une impatience mal placée.

A entendre le premier single annonciateur de l’album, Steady, As She Goes, on se plaisait pourtant à espérer un grand disque de pop-rock rêche, sublimé par quelques éclats blues. « Broken Boy Soldiers » s’ouvre opportunément sur cette chanson splendide. Las! Dès le second titre, on bascule de l’autre côté du miroir, et les Raconteurs apparaissent sous leur véritable jour, franchement moins séduisant.

Le lourdingue Hands parvient tout juste à maintenir un soupçon d’illusion, puis l’album prend un virage en direction d’un rock-blues psychédélique marqué par l’influence évidente de Led Zeppelin. On a même droit à quelques vagissements de marque déposée « Robert Plant (TM) » sur Broken Boy Soldier. Les Raconteurs persistent ensuite dans cette impasse, et alignent donc une série de titres anonymes, anecdotiques, aux mélodies parfois sympathiques, mais trop souvent indigentes.

Contraint à une formule minimaliste exigeante lorsqu’il officie avec l’atypiquement séduisante Meg White, Jack White s’offre probablement ici des vacances : plus d’instruments, plus d’orchestrations, plus de chanteurs. Mais la formule White Stripes a au moins le mérite de mettre en exergue son immense talent de guitariste, ici totalement dilué. Elle interdit également la paresse : ici, trop souvent, les orchestrations sonnent comme de véritables cache-misère pour cacher la minceur anémique de ces petites chansonnettes.

Alors voilà, un des albums les plus stupidement attendus de l’année n’est en fait qu’un vilain caprice de songwriters surdoués se livrant à un bel exercice d’autocomplaisance récréative. Ce n’est même pas mauvais : c’est juste insignifiant.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Steady, As She Goes
  2. Hands
  3. Broken Boy Soldier
  4. Intimate Secretary
  5. Together
  6. Level
  7. Store Bought Bones
  8. Yellow Sun
  9. Call It A Day
  10. Blue Veins

La disco de The Raconteurs