The Rakes - Klang

Klang


Un album de sorti en chez .

La trajectoire des Rakes ne brille pas par son originalité. Premier album qui avait séduit par son urgence et sa capacité à tresser de petits hymnes dansants et fédérateurs à base de guitares. Sur “Ten New Messages“, leur second effort, le combo avait joué sur la consolidation des bases en privilégiant les mélodies accrocheuses, en […]

La trajectoire des Rakes ne brille pas par son originalité. Premier album qui avait séduit par son urgence et sa capacité à tresser de petits hymnes dansants et fédérateurs à base de guitares. Sur “Ten New Messages“, leur second effort, le combo avait joué sur la consolidation des bases en privilégiant les mélodies accrocheuses, en épaississant un peu le son. Résultat mitigé si on se fie à l’accueil critique et public de l’album. Réserves un peu injustes ? Peut-être si l’on considère que le groupe avait évolué vers un son qui pouvait lui permettre d’approfondir un peu l’écriture et le faire aller au-delà de l’exercice du petit morceau explosif, toujours jouissif mais qui trouve souvent ses limites. Mais dans le même temps, c’est vrai que The Rakes laissaient un peu la spontanéité en route…

On ne saura donc peut-être jamais si les Anglais auraient pu prendre une autre dimension si “Ten New Messages” avait connu un succès à la hauteur de leurs attentes. Car pour donner vie à “Klang !”, les garçons sont partis pour Berlin, sans doute plus guidés par la certitude que c’est la ville la plus cool d’Europe que par la volonté d’y humer l’air avant-gardiste qui avait inspiré des Bowie ou Lou Reed en leur temps. On aurait du mal à leur en faire le reproche. Nul doute qu’ils ont également cherché à retrouver la flamme qui avait fait la réussite de “Capture/Release“. Résultat, les guitares reprennent le devant sans détours, la voix est plus braillarde que jamais, on ne s’embarrasse pas de ponts ou de moments qui font respirer les morceaux.

Et pourtant, il faut bien reconnaître que sur l’ensemble de l’album, on y prend plus de plaisir qu’autre chose. Le groupe joue sans donner l’impression d’une lassitude ou d’être en pilote automatique, That’s The Reason ou 1989, bien que nous plaçant en terrain plus que connu, séduisent par leur simplicité et leur capacité à trouver la petite phrase musicale qui nous évitera de chercher trop longtemps si on l’a déjà entendue avant en mieux, etc…, The Loneliness of The Outdoor Smoker nous prouve qu’ils ont toujours le chic pour trouver des titres bien sentis et bien dans l’air du temps. Certes, dans le lot,  il y a aussi des passages assez dispensables, qui ne ressortiront pas trop grâce à la brièveté de l’ensemble des morceaux. Mais c’est en fin de parcours que l’album est peut-être le plus intéressant. The Light From Your Mac et The Final Hill notamment, optent pour des dynamiques plus complexes qui démontrent que le groupe a de la réserve en termes d’écriture, et que c’est dans cette direction qu’on aimerait les voir aller sur l’ensemble d’un album. Car derrière l’impression positive que laisse “Klang !” pointe le sentiment que The Rakes se cantonne souvent dans un exercice qu’ils maîtrisent et qui devrait leur assurer les bonnes grâces du public. Mais cela se fait au détriment de la prise de risques. Bien sûr à ce petit jeu on peut aussi se planter, et les anglais ne semblent pas prêts à tenter le diable. Dommage.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. You're In It
  2. That's The Reason
  3. The Loneliness Of The Outdoor Smoker
  4. Bitchin' In The Kitchen
  5. The Woes Of The Working Woman
  6. 1989
  7. Shackleton
  8. The Light From Your Mac
  9. Mullers Rachet
  10. The Final Hill
  11. Demons - Bonus Track

La disco de The Rakes