Ten New Messages


Un album de sorti en chez .

Ah qu’ils sont attendus au tournant, ces groupes qui ont emporté toute la Grande-Bretagne sur leur passage il y a un an ! Dans leur cas plus que dans d’autres, le second album est à aborder avec une précaution que leur allure folle et fougueuse rend des plus délicates. Les Rakes avaient annoncé qu’ils voulaient faire des morceaux […]

Ah qu’ils sont attendus au tournant, ces groupes qui ont emporté toute la Grande-Bretagne sur leur passage il y a un an ! Dans leur cas plus que dans d’autres, le second album est à aborder avec une précaution que leur allure folle et fougueuse rend des plus délicates.

Les Rakes avaient annoncé qu’ils voulaient faire des morceaux plus longs, plus travaillés. Ils nous envoient donc ces Ten New Messages, dix pistes explorées dans un style plus pop, moins urgent, même si cette urgence expliquait en grande partie pourquoi on avait plus aimé les Rakes que nombre de leurs clones. A la fois trop semblables aux morceaux du premier album et plus lissés, plus étalés, ces "nouveaux messages" perdent un peu de ce côté désarticulé qui avait tant plu. On perd en personnalité, en témoigne ce Trouble passe-partout.

Décevant donc, car les Rakes, s’ils n’étaient pas des chancres de l’indépendance underground, ont rentré dans le moule ce qui ne l’était pas déjà. Le tout reste agréable, mais oublié, ce picotement de « Capture/Release » et d’un Strasbourg ! Une légère baisse de concentration, et l’on pourrait croire entendre Coldplay ou Travis (en légèrement plus écoutable tout de même) sur Suspicious Eyes. On a l’impression que les quatre jeunes hommes ont mis trop de gel dans leurs cheveux, et accessoirement dans leur musique. Les accrocs ont été impitoyablement lissés dans une masse gélatineuse qui fait disparaître bien de la saveur. Comme si cette ouverture, World Was A Mess But His Hair Was Perfect, intitulé formidable pour un titre qui fait son effet, annonçait réellement ce qui allait suivre.

Néanmoins, la recette éprouvée – caisse claire aux accents New Wave, guitare acérée comme une lame de rasoir – fonctionne toujours, à un degré moindre. Alan Donahoe se lance dans des harmonies plus subtiles, de façon assez réussie (Little Superstitions). Comme Bloc Party avant eux cette année, le quatuor a tenté de se renouveler, avec légèrement plus de succès. On pouvait le deviner : la vague britannique perd de sa puissance, et se rapproche dangereusement d’un discret clapotis. On apprécie toujours au passage, mais l’enthousiasme semble s’évaporer.

Chroniqueur

Tracklist

  1. The World Was a Mess But His Hair Was Perfect
  2. Little Superstitions
  3. We Danced Together
  4. Trouble
  5. Suspicious Eyes
  6. On a Mission
  7. Down With Moonlight
  8. When Tom Cruise Cries
  9. Time to Stop Talking
  10. Leave the City and Come Home

La disco de The Rakes