- Heaven Hotel Presents The Rudy Trouvé Septet 2007-2009

Heaven Hotel Presents The Rudy Trouvé Septet 2007-2009


Un album de sorti en chez .

Le nom de Rudy Trouvé est associé à tant de groupes emblématiques et de projets musicaux plus ou moins alternatifs, en Belgique, que cela donne le tournis. A l’instar de son comparse Mauro Pawlowski, il ne semble jamais être rassasié. Dirigeant un label sous lequel il sort ses propres albums mais également ceux de groupes […]

Le nom de Rudy Trouvé est associé à tant de groupes emblématiques et de projets musicaux plus ou moins alternatifs, en Belgique, que cela donne le tournis. A l’instar de son comparse Mauro Pawlowski, il ne semble jamais être rassasié. Dirigeant un label sous lequel il sort ses propres albums mais également ceux de groupes à la forte personnalité et dont il fait plus ou moins partie, il trouve encore le temps de se concentrer sur son septet qui lui tient tant à cœur. Membre de Dead Man Ray (en pause musicale depuis leur dernier album, "Cago"), et des trop méconnus mais géniaux Love Substitutes, il est devenu au fil des décennies une figure emblématique du rock indépendant anversois. N’oublions pas qu’il a également fait partie de dEUS, à l’époque de "Worst Case Scenario", et qu’il y a imprimé sa patte, même si on se focalisait déjà à l’époque sur la paire de surdoués qu’étaient Tom Barman et Stef Kamil Carlens (Zita Swoon).

Mais revenons-en à ce fameux septet. Après le déjà génial album qui compilait des morceaux joués entre 2003 et 2007, (Songs and Stuff Recorded Between 2003 and 2007, Part One and Two), Rudy Trouvé et ses musiciens remettent le couvert, avec "Heaven Hotel Presents The Rudy Trouvé Septet 2007-2009". Difficile de parler de ligne de conduite chez Rudy Trouvé même si le principal intéressé semble savoir exactement ou il voulait en venir. C’est tant mieux, on le suit alors les yeux fermés. Sur Beast, on étouffe un cri de joie au plaisir de retrouver notre très cher Anversois là ou l’on l’avait laissé il y a deux ans. Toujours paré de cette nostalgie typique et touchante, la musique de Trouvé touche en plein cœur, car sous ses airs parfois patibulaires, on sait qu’il est un grand sensible, de la musique, mais aussi du monde qui l’entoure. Le septet est à l’unisson, Trouvé jouant parfaitement sa partition de chef-d’orchestre. Une harmonie incroyable se créé malgré la profusion d’instruments. Et les cordes sur ce morceau sont étincelantes. Footage est un morceau hanté, chanté en chœurs. 

On imagine le groupe en arc de cercle, jouant en totale communion, Trouvé se faisant autoritaire mais en retrait. Il insère des intermèdes de courte durée entre ses morceaux, tel On A Highway, Barely Awake, très cinématographique. Il rend aussi hommage au majordome de la famille Adams, sur Ted Cassidy. Cette chanson, très touchante, s’élabore autour d’une boucle de guitares, laquelle ne semble pas vouloir s’arrêter. Des cris surgissent pour accentuer la part de monstruosité du personnage. Mais la palme d’or du meilleur morceau revient de droit à Stolen Moments, précis exquis de mélancolie typiquement anversoise. On s’y croirait. Le début de Dub Undead rappelle les meilleurs moments des Love Substitutes, pour prendre par la suite une toute autre direction, plus dans le sens de Dead Man Ray. En effet, ce qui faisait la richesse de ce groupe, c’est la recherche musicale, et l’obsédé du son qu’est Rudy Trouvé y a trouvé un terrain de jeu au sein duquel s’épanouir avant de voguer vers des projets solo.

Rudy Trouvé nous a de nouveau tendu des pages de ses notes personnelles, de son journal de bord, de ses rêveries. On refait le chemin avec lui, et chaque nouvel album est un exercice, non seulement de style, mais qui nous permet aussi de saisir toute la richesse de la personnalité si attachante de ce musicien et compositeur exemplaire. Encore une fois bravo !

Chroniqueur