Charades


Un album de sorti en chez .

Une pochette anodine qui présente un Canadien emmitouflé dans une grosse veste noire sur un fond blanc hivernal. Rien d’extraordinaire, il neige tout le temps au pays du caribou. Mais en se penchant d’un peu plus près sur ce cliché, on s’aperçoit que le zigoto est sur une plage dont on a poussé l’exposition photo […]

Une pochette anodine qui présente un Canadien emmitouflé dans une grosse veste noire sur un fond blanc hivernal. Rien d’extraordinaire, il neige tout le temps au pays du caribou. Mais en se penchant d’un peu plus près sur ce cliché, on s’aperçoit que le zigoto est sur une plage dont on a poussé l’exposition photo à fond. En feuilletant le livret du CD, on réalise que le type s’est tapé un trip, les pieds dans le sable, dévisagé par des touristes qui devaient le prendre pour un malade, très frileux qui plus est.

L’anecdote prête à sourire, mais elle illustre surtout le caractère non-formaté de Keith Zarriello aka The Shivers. Et ce qui prime bien souvent chez un songwriter, c’est son authenticité. Regardez donc l’autre hippie de Devendra Banane ou à la créativité rétrospective de Matt Ward. « Charades » est un de ces disques folk qui possède une âme. Une vraie. Ça sonne lo-fi et ça sent le renfermé, d’accord. The Shivers fait d’ailleurs partie du P.A.P.B. (People Against Public Bathrooms). Un mouvement vêtu(ste) qui ne doit pas fleurer bon la praline. Bref.

Après un titre d’intro pas très rassurant (imitant le bruit d’une K7 qui rembobine), on tombe sur un L.I.E. dénudé. Avec pour seuls habits, une chemise de sincérité et un caleçon de mélancolie. Sur un fond acoustique dépouillé, Keith pousse une complainte de verre superbe. Avec Kisses, on comprend mieux le nom « The Shivers » (les frissons). C’est beau. C’est fort. Ça donne envie d’embrasser son chien (faute de mieux, pardon).

Ce premier album est comme un grenier mal rangé. Oui, ça sent le renfermé. On l’a déjà dit. Mais il n’y a pas que ça. On y trouve 20 morceaux, certains parfois accompagnés d’une groove box, certains plus expérimentaux ou d’autres à l’humour (…), écoutez SoHo Party c’est plus simple. Mais c’est en restant d’une simplicité aveuglante que Keith Zarriello est le plus efficace, comme sur le magnifique Beauty.

Pour les amateurs de singer/songwriter indé, ce disque est à découvrir. On se le passe la tête dans les nuages, en espérant qu’un jour une vilaine cocotte vous rejoigne pour l’écouter avec vous. Sinon, il reste toujours le chien…

Chroniqueur

Tracklist

  1. Charades
  2. L.I.E.
  3. Soho Party
  4. The Shivers
  5. Kisses
  6. I Could Care Less
  7. Violence
  8. Maybe, Baby
  9. Do You Got The Shivers?
  10. Instrumental #1
  11. Beauty
  12. The Ghetto
  13. Bedroomer
  14. Sunshine
  15. Untitled
  16. Sun Is Gone
  17. Chelsea Hotel #2 - Composed Or Made Famous By: L. Cohen
  18. Roses
  19. Instrumental #2
  20. Boat

La disco de The Shivers