Hypnic Jerks

Hypnic Jerks


Un album de sorti en chez .

8

Le 3ème album de The Spirit Of The Beehive nous plonge dans un rêve étrange et mystérieux dont on voudrait ne jamais avoir à ressortir.

On découvrait l’an dernier The Spirit Of The Beehive grâce à l’excellent label Tiny Engines et l’on se prenait d’affection pour “Pleasure Suck” et ses morceaux d’indie rock biscornu, entre pop psyché et noise dissonante, album vraiment étrange et unique que l’on ne saurait trop vous conseiller d’écouter si vous êtes passé à côté.

Le groupe de Philadelphie calme un peu le jeu sur ce nouveau disque qui nous plonge dans une douce rêverie. “Hypnic Jerk” se rapproche plus de leur première sortie éponyme en 2014, et est parfois plus classique que l’album cité en début de cette chronique. Il voit le groupe ajouter des influences folk à leur étrange mixture. The Spirit Of The Beehive reste néanmoins une formation totalement atypique dont la musique est encore bien loin de se banaliser.

L’excellente introduction Nail I Couldn’t Bite nous rassure d’emblée. Après un début ambient, extrait sonore issu d’une vidéo, s’élève la voix du leader de la formation, Zack Schwartz, accompagnée d’étranges jappements, avant que la batterie ne vienne frapper un rythme martial. On pense d’abord à la pop ensoleillée mais dérangée d’Animal Collective, puis les guitares dream pop arrivent : en à peine une minute, The Spirit Of The Beehive a donc déjà changé de direction 3 fois ! Le morceau se poursuit dans une ambiance cotonneuse, pop shoegaze et mélodique, portée par une section rythmique dynamique. La production est d’ailleurs parfaite, d’autant plus que l’album n’a été enregistré et mixé qu’en une seule semaine, mettant en valeur l’intelligence des arrangements de guitares et synthés qui viennent tous contribuer à l’atmosphère vraiment particulière d'”Hypnic Jerks”.

Mantra Is Repeated se rapproche plus d’un indie rock à la Deerhunter, mais même sur un morceau plus classique comme celui là, quelques éléments viennent toujours nous surprendre, que ça soit des arrangements de synthé, des changements de rythme ou des chœurs qu’on n’attendait pas. Le rythme s’accélère sur Can I Receive The Contact ?, avec des guitares beaucoup plus heavy et un chant crié qui rappelle que certains membres de The Spirit Of The Beehive officient ou ont officié également dans des formations émo/punk (Glocca Morra, the RCSN, Stable Boys…). Ce titre plus nerveux semble faire office de bad trip avant que l’apaisement ne reprenne le dessus sur le morceau suivant, le surf lent de Poly Swim. L’album se poursuit ainsi, entre rêve et cauchemar, avec D.o.u.b.l.e.u.r.o.n.g. qui, après un nouvel extrait ambient, part vers des contrées folk psyché pas très éloignées de Syd Barrett. (Whithout You) In My Pocket est probablement le titre le plus accessible de l’album, respiration éthérée et bienvenue. Le nerveux Hypnic Jerks qui ne dénoterait pas sur un album de Parquet Courts, poursuit notre réveil mais le folk de Monumental Shame nous replonge rapidement dans le brouillard avant que n’arrive, déjà, la conclusion It’s Gonna Find You, harmonies célestes et claviers drogués, avec une fausse montée qui ne vient jamais et, là encore, de multiples détours. On n’a alors qu’une seule envie : nous repasser ce disque pour essayer de le comprendre ou simplement pour revivre ce voyage.

“Hypnic Jerks” est un véritable trip hallucinatoire, où l’on est sans cesse tiré de la rêverie induite par cette musique lente et brumeuse, par des interruptions plus ou moins brutales, que ça soit les différents extraits sonores utilisés tout au long de l’album ou les nombreux changements de rythme. Le tout est loin d’être incohérent et la force du groupe reste le songwriting avec plusieurs morceaux proprement magnifiques.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. nail i couldn't bite
  2. mantra is repeated
  3. fell asleep with a vision
  4. can i receive the contact?
  5. poly swim
  6. d.o.u.b.l.e.u.r.o.n.g.
  7. (without you) in my pocket
  8. hypnic jerks
  9. monumental shame
  10. it's gonna find you