The Walkmen - Heaven

Heaven


Un album de sorti en chez .

La video officielle du morceau-titre de l’album, « Heaven », est un rush à travers 10 années de la vie d’un groupe jeune et brouillon devenu l’un des plus élégants en activité. Au-delà des vestes bien taillées et des clichés sépia, la vidéo révèle autre chose ; sur cette multitude d’images défilantes, ce sont toujours les mêmes […]

La video officielle du morceau-titre de l’album, « Heaven », est un rush à travers 10 années de la vie d’un groupe jeune et brouillon devenu l’un des plus élégants en activité. Au-delà des vestes bien taillées et des clichés sépia, la vidéo révèle autre chose ; sur cette multitude d’images défilantes, ce sont toujours les mêmes visages, encore pas tout à fait adultes, et la seconde d’après, pères de famille (ils ont tous eu des enfants ces dernières années). Ce qui donne au groupe tant de classe, et qui produit l’attachement du spectateur à la vidéo et à la chanson, c’est le fait que les Walkmen soient restés les mêmes cinq personnes depuis leurs débuts discographiques en 2002. C’est une chose dont ils sont très fiers. « Remember, remember/What we fight for» scande le refrain du morceau, comme pour célébrer leur union et leur force.

La petite mélodie basse-guitares qui ouvrait Juveniles (« Lisbon », 2010) nous avait immédiatement séduits ; musicalement, We Can’t Be Beat, un doo-woop où l’on retrouve avec plaisir la voix de crooner d’Hamilton Leithauser, renvoie plutôt à la longue introduction de Blue as Your Blood ; l’album prend son temps au démarrage. Mais déjà, cette façon de jouer en arpèges des accords simples mais jamais évidents, et ce son de guitare si chaleureux nous propulse en terrain connu et conquis. « Heaven » est essentiellement la suite naturelle de son prédécesseur. Parmi les nouveautés, la présence de Robin Pecknold, des Fleet Foxes, qui ne fait qu’affirmer cette filiation devinée entre le rock new-yorkais et le folk plus doux de l’autre côte américaine.

Un pas a été fait en termes de séduction et de partage. « Ce sont les bonnes années/les meilleures que nous connaîtrons jamais. », s’enthousiasme Leithauser sur Heartbreaker, une chanson dont le rayonnement pop se répand à tout l’album. Du fait d’écrire, Leithauser est sans doute celui qui porte le groupe au plus profond de son cœur, et on sent que ce moment de l’album constitue pour lui le pinacle des récentes années des Walkmen. C’est ensemble qu’ils ont ressenti le besoin, après un Lisbon plus contemplatif, de proposer un disque ouvert à la participation collective, auquel chacun semble pouvoir associer son enthousiasme.

L’écriture a progressé, ne se contentant pas de matraquer des variations sur le thème du rêve comme parfois auparavant, mais capture des bribes de vie qui sont une façon de correspondre aux photographies bien réelles utilisées pour la promotion de l’album. Les souvenirs de Leithauser projettent une certaine mélancolie parfois typique de la country ou du bluegrass, avec toujours ce questionnement sur la pertinence et la place de l’artiste dans le monde contemporain (« listening to the country station and wondering where i stand »), tantôt plus proche de ce que pourrait chanter un vieil homme tel que Leonard Cohen dans Famous Blue Raincoat (« Tell me again how you lived all the men you were after »). A ce point, il ne faut pas oublier que les débuts turbulents du groupe ont laissé des albums chargés de rejet et de désespoir, et « Heaven » contient des moments plus mélancoliques ou amers, tels Love is Luckou The Love you Love. La proximité à l’autre, la fidélité et la loyauté sont des sentiments exprimés tout au long de cette collection de chansons et il n’appartient qu’à l’auditeur de les laisser déteindre délicieusement sur lui.

Chroniqueur

Tracklist

  1. We Can't Be Beat
  2. Love Is Luck
  3. Heartbreaker
  4. The Witch
  5. Southern Heart
  6. Line By Line
  7. Song for Leigh
  8. Nightingales
  9. Jerry Jr.'s Tune
  10. The Love You Love
  11. Heaven
  12. No One Ever Sleeps
  13. Dreamboat

La disco de The Walkmen