You & Me


Un album de sorti en chez .

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Vous connaissez déjà sûrement ce drôle de sentiment. Vous savez que vous faites un mauvais choix, vous le sentez, il est évident que ça va un jour vous retomber dessus, avec violence, mais vous ne faites rien. C’est ce qui arrive quand on passe volontairement à côté d’un bon disque, parce qu’il y a toujours […]

Vous connaissez déjà sûrement ce drôle de sentiment. Vous savez que vous faites un mauvais choix, vous le sentez, il est évident que ça va un jour vous retomber dessus, avec violence, mais vous ne faites rien. C’est ce qui arrive quand on passe volontairement à côté d’un bon disque, parce qu’il y a toujours une urgence, un manque de temps pour en parler… En fait il n’y a aucune raison valable.The Walkmen fait partie de ces groupes là, que l’on découvre au détour d’une vidéo sur Youtube, The Ratdans le cas présent (sur un précédent album). On y voit un chanteur qui n’a pas le look de sa voix, qui crie et éraille quelques paroles superbes et intrigantes. Et là, The Walkmen que j’avais volontairement évité parce qu’il y a toujours une urgence, un manque de temps, parce qu’il n’y a aucune raison valable, venait de briller sous mes yeux.

Ce qui frappe avant toute chose c’est que la musique du groupe en elle-même n’a rien de bien folichon, ni d’épatant, on reste dans le registre classique d’une formation rock. Mais ce sont les choix artistiques, la voix, la rythmique, quelques notes de guitares ingénieuses qui font toute la différence. The Walkmen pond des tubes toutes les quatre minutes, en proposant une non structure musicale, prenant à contre-pied les meilleurs codes du genre. »You & Me » démarre donc sur une question fondamentale. Où se trouve la plage ? (Dondé està la playa ? qui rappelle tellement les Doors) Car on serait bien tenté de fermer les yeux pour se retrouver en un claquement de doigts près d’une jetée à Brighton avec une vue imprenable sur la mer, le tout en écoutant un rock dépouillé, où chaque grattement de corde fait grincer des dents, où le chanteur a des grains qui viennent écorcher ses cordes vocales. Et puis le reste s’enchaîne avec perfection un peu comme « Boxer » de The National, si parfait, si limpide. On a droit à une ribambelle de morceaux qui seront à l’avenir des références comme On The Water, In The New Year, Red Moon, New Country (pour son intro à la guitare), Canadian Girl, Four Provinces, Long Time Ahead Of Us. On pourrait citer tout l’album ainsi, mais c’est tellement fastidieux et ça ne vous intéresserait guère. Ce disque est à posséder, pour son intelligence, son postulat brillant, ses références, ses arrangements, et sa classe folle.

Comme quoi, avoir une bonne surprise, certes un peu tardive, en cette fin d’année, est encore possible . Ce  « You & Me » est un chef d’oeuvre et c’est tout ce qu’il faut retenir.

Chroniqueur

La disco de The Walkmen