A Season In Hull


Un album de sorti en chez .

7

Débranchez la guitare, le brio!

Les joyeuses digressions des Wave Pictures perdurent, après les magnifiques solos tout en netteté du début, l’épuration garage opérée par Billy Childish, voilà que nos amis coupent l’électricité, pour un album exclusivement acoustique.

Il y a-t-il un clin d’oeil à Rimbaud et son autobiographique « Saison En Enfers »? Du moins, dans l’approche apaisée, on soupçonne une forme de bilan dans les compositions de cet album, comme une pause dans la frénésie avec laquelle le groupe construit sa discographie.

L’opus s’ouvre sur un titre éponyme interprété en chorale suivant les magnifiques et surprenants arpèges de David Tattersall. Réconfortant sans en être ronflant, le groupe s’essaie à une folk directe qui parvient sur ce premier titre à maintenir l’attention sur son propos, sans ennui. Il faudra par contre attendre Slick Black River From The Rain pour retrouver cette densité que A Season In Hull avait annoncée. De fait, dans un style plus conventionnel, des titres tels que The Coaster In Santa Cruz semblent plus faire office de clin d’œil à un style folk plus habituel, avec composition et arrangements plus épurés et classiques.

Au final, « A Season In Hull » va s’articuler autour de cette antinomie, densité et épuration, détachement et sentimentalisme, or point de rupture, on ne ressent jamais d’effort, l’album s’écoule dans une certaine plénitude, parfois même un peu trop. Il ne s’agit pas d’un album folk pur et dur, il s’agit plus d’un album pop à l’âge de pierre, en cela la démarche intrigue et de superbes productions en ressortent, on pourrait rajouter Memphis Slim In Paris à la liste avec son rythme lancinant, sexy et sensuel.

Quelque part cette incartade acoustique trouve parfaitement sa place dans la discographie déjà bien fournie du groupe tant on retrouve ce détachement, cette « cool attitude » propre au Wave Pictures. Dénuées d’effets, les compositions n’en sont pas pour autant triviales et le jeu d’orfèvre de David Tattersall saute toujours aux oreilles, sans forcer, mais délié à l’extrême.

Un album que l’on conseille vivement à tout adepte du groupe ou à un auditoire fan de « la sèche ». Car il y a dans ce jeu, quelque chose d’à part, loin de flemmardise ou du manque d’âme qui accompagnent parfois les démarches lo-fi, folk…

S’il ne devait en rester qu’un titre : A Season In Hull.

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