Creaturesque


Un album de sorti en chez .

En cette fin d’année, on sent venir la fatigue, telle une chape de plomb qui s’écrase sur nos épaules. Difficile alors de se laisser encore entrainer par quelques musiques sombres et expérimentales, le besoin de groupes jetables se fait alors ressentir. Comme pour mieux se préparer au froid, on se réchauffe avec le premier groupe […]

En cette fin d’année, on sent venir la fatigue, telle une chape de plomb qui s’écrase sur nos épaules. Difficile alors de se laisser encore entrainer par quelques musiques sombres et expérimentales, le besoin de groupes jetables se fait alors ressentir. Comme pour mieux se préparer au froid, on se réchauffe avec le premier groupe de pop venue, proposant une formule plutôt bien ficelée, à défaut d’être inoubliable.

C’est le cas de Throw Me The Statue, groupe de pop-folk mené par Scott Reithermann, dont voici déjà le deuxième album, "Creaturesque". Depuis "Moonbeam", le son est un peu plus carré, moins lo-fi, les guitares plus électriques, moins acoustiques, les rythmiques mieux maitrisées et la voix mieux placée. L’immédiateté des morceaux a de quoi plaire, que ce soit dans la maitrise d’un songwriting efficace que dans les influences efficaces affichées au gré des morceaux, piochant allégrement chez Grandaddy ou encore les Guided By Voices. L’inaugurale Waving At The Shore ouvre grand les fenêtres et rêve encore d’un pop racée qui trônerait en tête des charts. Une belle bouffée d’oxygène, vite inhalée, mais vite oubliée de par son manque cruel d’originalité …

La suite se fait un peu plus personnel avec Pistols, où Scott Reithermann pause une guitare folk sur une boite à rythme tout en retenue. C’est assez efficace et touchant, sans pour autant nous transporter complètement, mais avec la fatigue de fin d’année, on se laisse finalement prendre au jeu. Tag en remet une couche comme le titre d’ouverture, mais alors que l’on s’attendait à un nouveau titre plus calme Acestors nous sort quand même une basse fuzz et mélodique que n’aurait pas renié un Jason Lytle en son temps, d’autant plus que le titre est appuyé par un joli intermède joué à la guitare acoustique. Enfin il y a Hi-fi Goon, qui est indéniablement le meilleur titre du disque, avec ses guitares 90’s, son synthé qui fait doudoudou et la voix de Scott Reithermann, aigue et légèrement laidback ; voilà qui a de quoi emballer nos oreilles en suggérant une référence très forte du côté de Pavement.

Throw Me The Statue ne sera donc pas le groupe de l’année, encore moins de la décennie, mais on se le gardera dans un coin car il aura su nous tirer un peu de notre léthargie à l’approche de l’hiver. Un disque que l’on aura vite écouté et vite rangé avec beaucoup d’autres, que l’on ressort parfois pour mieux se souvenir de ces quelques moments de bonheur, comme une photo volée prise dans l’instant avec une certaine précipitation …

Chroniqueur

Tracklist

  1. Waving At The Shore
  2. Pistols
  3. Tag
  4. Ancestors
  5. Noises
  6. Snowshoes
  7. Dizzy From The Fall
  8. Cannibal Rays
  9. Hi-Fi Goon
  10. Baby, You're Bored
  11. Shade For A Shadow
  12. The Outer Folds

La disco de Throw Me The Statue