Traveling Alone


Un album de sorti en chez .

7

« Je voulais m’investir entièrement dans les choses qui sont importantes pour moi, et laisser tout le reste de côté. Le temps peut diluer votre détermination et c’est entièrement votre décision d’empêcher ça. » « Travelling Alone » est l’album de folk-rock le plus naturel d’une chanteuse américaine reconnue notamment pour la clarté et la pureté de […]

« Je voulais m’investir entièrement dans les choses qui sont importantes pour moi, et laisser tout le reste de côté. Le temps peut diluer votre détermination et c’est entièrement votre décision d’empêcher ça. » « Travelling Alone » est l’album de folk-rock le plus naturel d’une chanteuse américaine reconnue notamment pour la clarté et la pureté de sa voix. C’est sa mise au point à l’approche de la quarantaine. Plus que jamais, elle descend le chemin d’un folk-rock d’auteur révérencieux dans la veine de Joni Mitchell, Dawn Penn, Lucinda Williams ou Carole King.

On voudrait croire que le thème de la solitude a été battu et rebattu en chansons, mais c’est avant de se rendre compte que la solitude est souvent vécue comme un état de fait, un sentiment subi et dramatisé. Au contraire, celle qu’évoque Tift Merritt est une solitude productive. Etre seule est un engagement, le fruit d’une réflexion sur ce qui importe à ses yeux, les chansons. Les chansons ne sont pas la somme d’une certaine quantité de solitude, mais des pensées vives et profondes, des personnages qui attendaient de trouver leur histoire vraie. « Les choses superficielles me dépriment. Ce n’est pas forcément lié à la vie moderne. Je pense qu’à chaque époque, il y a toujours eut des distractions. » Une nouvelle chanson, Small Talk Relations, parle de cela : toutes les petites rencontres sans profondeur qui empêchent de véritables interactions d’exister. « Avec la distraction arrive ce vide, cette solitude inhérente. Certaines personnes multiplient ces rencontres sans conséquence qui leur procurent un regain d’énergie, mais dans mon expérience personnelle ces relations sont vaines. »

« Travelling Alone » est aussi la somme de moments de félicité en studio, enregistrés par Tucker Martine (Laura Veirs, Abigail Washburn, The Decemberists). Merritt a décidé de s’entourer de musiciens brillants (Marc Ribot…) mais capables de s’effacer pour mettre en avant sa voix – un peu moins travaillée qu’auparavant. «Je me suis dit qu’il fallait que je devienne l’artiste que j’ai toujours voulu être, et la personne que je souhaitais devenir étant petite fille », confie-t-elle pour expliquer sa volonté de faire une musique empreinte de la simplicité du quotidien. Sweet Spot est l’une des chansons les plus accrocheuses de l’album et raconte cette envie de devenir, d’habiter ses propres aspirations avec la plus grande sérénité : «I’m just looking for that sweet spot/Where I can live the way that I want. » « Cette chanson décrit la sensation d’investir ce que vous faites de mieux, sans plus chercher à forcer les choses. » La langueur pop la moins affectée du monde, ici ou sur Too Soon to Go, c’est ce qui rend Tift Merritt le plus satisfaisante. Et chaque musicien y donne le maximum de tendresse et de tripes. « Nous voulions ce son dense, chaleureux, profond, riche, comme si vous vous trouviez dans la même pièce que nous. » Ces chansons peuvent paraître trop classiques à cause de la simplicité de leur approche, mais à travers chacune d’entre elles, Tift Merritt partage une passion des plus authentiques, une humeur diffuse et engageante en même temps. Drifted Apart, en duo avec Andrew Bird, incarne parfaitement l’esprit de l’album. « Je voulais que cette chanson se débarrasse de tout dramatisme – juste un homme et une femme, très naturels, comme des amants sur le retour, qui ont fini de se battre. »

Chroniqueur

Tracklist

  1. Traveling Alone
  2. Sweet Spot
  3. Drifted Apart
  4. Still Not Home
  5. Feeling of Beauty
  6. Too Soon To Go
  7. Small Talk Relations
  8. Spring
  9. To Myself
  10. In the Way
  11. Marks

La disco de Tift Merritt