Falling down a mountain


Un album de sorti en chez .

Plus qu’une reformation, qu’un retour, « The hungry saw », sorti en 2008, aura réellement marqué un nouveau départ pour les Tindersticks. Non seulement parce que la formation du groupe était plus réduite et donc différente de celle du combo  de départ, mais surtout parce que sur cet album, le groupe réussissait pour la première fois à […]

Plus qu’une reformation, qu’un retour, « The hungry saw », sorti en 2008, aura réellement marqué un nouveau départ pour les Tindersticks. Non seulement parce que la formation du groupe était plus réduite et donc différente de celle du combo  de départ, mais surtout parce que sur cet album, le groupe réussissait pour la première fois à apprivoiser le format court. Un paradoxe, si on considère que, selon l’adage, qui peut le plus peut le moins. Sauf que, en musique, la qualité d’un album ne se mesure pas forcément à sa longueur et au nombre de morceaux. Mais pour un groupe habitué à composer des mini-symphonies élégiaques, aller à l’essentiel dans la composition et les arrangements sans en rabattre sur l’ambition n’allait pas de soi. »Falling down a mountain » marque à cet égard une nouvelle étape franchie. Car si « The hungry saw »  était avant tout la chronique d’une envie retrouvée et l’adaptation du groupe à une nouvelle donne, à savoir le travail en formation reserrée, celui-ci porte tous les signes d’une entrée dans un nouvel âge d’or : celui d’une formation de nouveau en pleine maîtrise de ses repères, et qui n’hésite pas à laisser entrer dans sa musique cette nouvelle sérénité. Le titre éponyme placé en ouverture donne d’ailleurs le ton : on y entend une boucle de percussions, quelques notes de trompette libres, une petite phrase de chant qui revient, un peu comme si le groupe était en début de session, que chacun s’installait tranquillement à son instrument histoire de se chauffer un peu. Hors, pour un groupe qui a toujours placé sophistication et haute exigence dans l’aboutissement de sa musique, se livrer ainsi, presque en roue libre, sans fard, c’est inédit.

La suite du disque est à l’avenant et confirme l’ambiance lumineuse et légère. Mais chez les Tindersticks, légèreté rime avant tout avec élégance, et chaque titre est un vrai bonheur. Keep you beautiful est ainsi une ballade aux arrangements discrets qui laissent toute latitude à la voix de Stuart Staples de s’exprimer, Peanuts, en duo avec Margaret O’Hara, coule tranquillement sur quelques notes de piano, puis culmine lorsque des violons et des cuivres viennent se mêler à ces deux voix royales. Sur She rode me down, c’est une guitare acoustique, une flûte et quelques claquements de mains qui prennent le relais. Enfin, sur Harmony around my table et plus encore sur Black smoke,  le groupe se lance dans des dynamiques assez surprenantes chez eux, enlevées et radieuses. Les Tindersticks s’offrent aujourd’hui un luxe que très peu auront goûté : celui de jouir d’une maturité certaine tout en dégageant l’énergie et l’envie d’un groupe en pleine montée de sève. Indispensable.

Rédacteur en chef