A


Un album de sorti en chez .

Le jeune Romain Turzi serait-il l’un des derniers représentants modernes de cette courte mais intense épopée que fut le krautrock dans l’Allemagne des années 1970 ? Pas exactement. Disons plutôt que Turzi est au contraire l’un des ambassadeurs de cette nouvelle génération d’artistes et de groupes comme Zombie-Zombie et 120 Days qui ont su dépoussiérer le […]

Le jeune Romain Turzi serait-il l’un des derniers représentants modernes de cette courte mais intense épopée que fut le krautrock dans l’Allemagne des années 1970 ? Pas exactement. Disons plutôt que Turzi est au contraire l’un des ambassadeurs de cette nouvelle génération d’artistes et de groupes comme Zombie-Zombie et 120 Days qui ont su dépoussiérer le krautrock avec subtilité pour montrer à quel point sa modernité est intacte.Après un mini-LP, intitulé "Made Under Authority", "A" est décrit comme le premier album de Turzi. Il s’agit du premier volet d’une trilogie, qui sera complétée par "B" et "C". Ainsi, cet album présente comme particularité de comporter treize morceaux dont les intitulés commencent tous par la lettre A.

Accompagné de son Reich IV (l’ensemble de quatre musiciens qui l’accompagnent, dont le nom rend hommage à Steve Reich), Turzi signe avec "A" une véritable "déclaration de foi", mais pas au sens religieux du terme. Pour preuve, le troublant A Notre Père dans lequel Turzi chante cette prière, ce "réflexe culturel névrotique" comme il l’appelle, non pas par conviction mais pour vider les paroles et les mots de leur sens, au profit de l’élévation par la seule musique. Turzi rappelle également à Jésus dans Are You Thinking About Jesus? qu’il n’a toujours rien à faire sur un dancefloor (Jesus Has No Place On The Dancefloor était l’un des titres de "Made Under Authority").

Alors à qui s’adresse cette déclaration de foi ? Non pas à un dieu, mais à des dieux, tous bien réels. Il s’agit du compositeur Mozart, du groupe pop français des années 1970 Alpes ou encore de l’acteur Alain Delon, à qui Turzi rend hommage respectivement dans les morceaux Amadeus, Alpes et Allah Delon. Autres hommages, plus musicaux et donc plus directs, ceux rendus à Cluster dans le titre d’ouverture, à Kraftwerk dans Acid Taste, et enfin à Neu ! et à leurs fameuses variations rythmiques d’un même morceau dans Animal Signal, qui n’est ni plus ni moins qu’une reprise accélérée de Soloromano (premier titre de "Made Under Authority").

Turzi livre avec "A" un manifeste polythéiste intime et profond, mystique et introspectif, sombre et méditatif, hypnotique et psychédélique. Les morceaux s’enchaînent naturellement, comme dans un mix, on ne quitte donc pas la musique et l’accès au Moi intérieur de Turzi s’en trouve facilité.

Chroniqueur

La disco de Turzi

Education
0%

Education

B
0%

B

A
0%

A