Bernard Lenoir L’inrockuptible volume 2


Un album de sorti en chez .

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On se méfie des compilations, mais elles sont un outil indispensable à l’amateur de musique, surtout lorsqu’elles sont réalisées par un personnage aussi indiscutable que Bernard Lenoir. Celle-ci est tout simplement un évènement musical.

Bernard Lenoir fut animateur de radio, et il sut pendant plus de 30 ans donner une place au rock et à la pop sur les ondes FM de France Inter. Ses émissions furent, pour plusieurs générations, un rendez-vous attendu avec fièvre et intérêt pour écouter ce qu’il nomme « une musique par comme les autres ». Rares sont les personnages des médias a avoir une une telle importance pour le public avide de nouveautés anglo-saxonnes, en particulier sur le service public, malgré l’explosion des radio locales et privées. Pour les gens qui ont eu 20 ans dans les années 80, il y eu Feedback de Bernard Lenoir sur la FM et à la télévision Chorus d’Antoine De Caunes, dont on attend encore avec impatience la réédition des archives.

L’auditeur exigeant trouvait chez Bernard Lenoir une source d’information pointue et une playlist au fait de ce qui se faisait en rock et pop. Combien d’entre nous n’ont pas enregistré les émissions sur K7 ? On réécoutait des vielilles K7, et il y  a maintenant cette compilation pour remplacer cet usage semi-illicite. Il ne s’agit pas d’une archive inexploitée, mais d’une sélection de titres qui caractérisent le mieux ses émissions de radio et leur atmosphère. Nous voici prêts, en écoutant ces 2 albums, à plonger dans l’histoire du rock. La première surprise est que ces titres ont bien veilli, pas mal pour un choix de singles  pop et rock. Cette compil ne sent pas la nostalgie, on redécouvre des groupes d’hier et on prend plaisir à l’écoute de ces deux CD qui comportent des titres qui dans l’ensemble pourraient être sortis en 2013. Ce numéro deux fait bien sûr suite à un numéro un sur lequel figuraient des locomotives comme Cure et Joy Division. Sur ce volume deux, pas de locomotives, mais une sélection qu’il suffit d’énumérer pour vous convaincre de l’achat de ce disque : on y  trouve entre autres des singles de  Pulp, The Chameleons, Papas Fritas, Sonic Youth, Lambchop, Eels, Elliot Smith, Divine Comedy, The Go-Betweens, Supergrass, Aztec Camera, The Charlatans, Felt, Morissey, Lemonheads, Emiliana Torrini, et plus généralement deux heures de musique différente, celle que nous affectionnons à la rédaction d’indiepoprock . Si vous avez aimé notre playlist de 2013, vous aimerez cette compilation historique. A noter une perle rare, le duo Nick Cave et PJ Harvey, qui n’est pas l’un des titres les moins convaincants de cette compil.

On ne peut faire qu’un reproche : le choix des artistes francophones, qui sont représentés de manière discutable par Katerine et Little Rabitts, mais dont les titres s’intègrent bien au climat général de ces disques, et on peut argumenter que le rock français n’était pas le propos de l’émission de Bernard Lenoir.

Chroniqueur