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Riding With The Ghost


Un album de sorti en chez .

8

Album hommage à Songs: Ohia et Jason Molina

Michel Cloup, Pascal Bouaziz and Co associés à un grand nom de la musique indé, une sorte de Jeffrey Lee Pierce à une décennie près, voilà de quoi nous susciter un certain entrain pour le projet “Riding With The Ghost”. A l’origine, un homme, Stéphane Martin, féru de Songs: Ohia, s’est mis en tête, si ce n’est de réhabiliter, au moins de promouvoir le songwriting de Jason Molina via la relecture de ses titres par plusieurs groupes, français et belges.

Il y a bien des manières de définir un bon songwriter, une parmi tant d’autres serait de dire qu’une belle composition perdure quelle qu’en soit l’interprétation que l’on en fait. Et, justement, force est de constater qu’avec “Riding With The Ghost”, album de reprises, la magie opère, chaque intervenant profitant de l’efficacité intrinsèque de la composition initiale, qu’il en épure ou qu’il en étoffe les arrangements.

Alors, nous ne connaissons pas tous les groupes, notamment belges, ayant participé à l’aventure. A ce titre, il nous semble peu opportun de scinder l’expérience par morceau. Chacun aura son propre style (noise, psychédélique, rock, folk…) soulignant autant la disparité des participants que le spectre très large des inspirations de Molina, un homme qui aura fréquenté les studios en compagnie de Neil Young et qui se sera également lancé dans un projet de reprises de Black Sabbath

Faute donc d’appuyer sur les disparités, nous allons nous pencher sur l’idée de fond, le fil conducteur des compositions. On retrouve dans cette science de la composition la même précision du geste pour installer les ambiances qu’un Sparklehorse ou un The National. Le diable se cache dans les détails, dit-on souvent… Une des grandes forces du projet réside justement dans le respect de ses détails, malgré la réappropriation. Il faut reconnaître tout de même que le terrain est fertile, la matière première appelle l’arrangement, et dieu sait que les groupes s’y sont donnés à coeur joie…

Aussi, le point commun qui ressort de tout cela, c’est le propos introspectif, posé et à forte tendance asthénique. Le terme est mûrement choisi, il ne s’agit pas de dépression à proprement parler mais plus d’une fatigue, d’une forme de lassitude. Pour nous autres francophones, les textes français valideront cette impression.

Au final, ces fils rouges rendront le disque cohérent et dense. Nous serons passés par certains rares moments où le parti pris aura frisé l’apoplexie, mais ceux-là ne seront que de futiles détails quant à l’impression générale. Un bien beau projet initié par un vrai amoureux qui aura su insuffler sa passion à l’ensemble des artistes qui l’ont accompagné dans cette aventure. De la passion, de beaux morceaux, quelques têtes connues plutôt respectées, y a-t-il une seule raison valable de passer à côté?

 

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