Killer Brilliance


Un album de sorti en chez .

9

Brilliant, oui, toujours aussi brilliant.

Dieu sait que l’on vous a vanté les qualités de Joe Haege et White Wine depuis bien longtemps. « Who Cares What The Laser Says?« , dernier album en date marquait une sorte d’apogée dans l’évolution du projet, une forme de perfection dans la démarche entreprise en amont. Le sus nommé prenait les apparats d’album lumineux, solaire, au risque d’en devenir le boulet aux pieds de ses géniteurs. Quelle ne fut donc pas notre surprise à l’annonce de son successeur, à un peu plus d’an d’intervalle, nonobstant l’incartade solo de l’ex(?) 31KNots. Entreprise risquée nous sommes-nous dit avant l’écoute de ce « Killer Brilliance ».

Mais encore une fois, les explorateurs de White Wine vont briller par leur prise de risque. Presque exit les guitares, sus aux mélodies fluides pop qui ont fait la beauté cristalline, pure, de « Who Cares… », nous voilà, encore une fois dans un pays à défricher. Une contrée faite de sons dissonants et dissociés, complètement anarchiques. Un pays dans lequel plongent les trois acolytes sans craintes mais, pire que cela, avec plaisir et appétit, comme le « sale gosse » qui casse son jouet par sainte horreur de l’oisiveté. Considérant la zone de confort comme un enfer artistique, les trois compositeurs ne vont pas casser leurs codes mais leur tendance artistique.

Opus Ô combien compliquer à diviser, à sectoriser par titre, il ne vous sera présenté dans ces lignes que par sensations et atmosphère globales. Entre piqûres aiguës et sens inné de la musicalité, « Killer Brilliance » passera son temps à marier expérimentations et pop music vertement, « épidermiquement » accessible. Très sombre au demeurant, presque paradoxalement eu égard au corpus textuel, l’album joue sur les contrastes, misant l’exclusivité de ses compositions sur l’ambiance. Tout est à la fois diffus et percutant, comme on l’avait ressenti sur « In every Way But One« , tout repose magnifiquement sur la voix. De fait, comme par magie, l’organe de Joe Haege officie comme l’alchimiste de cette musique d’accompagnement. Aucun son, aucun schéma ou ligne instrumentale ne se suffira à lui-même, mais le tout crée un magnifique résultat. On pense même à une relation magnétique de chaque élément entre eux, tant l’harmonie semble naturelle. Alors attention, on est très proche de l’indus ou d’un espèce de pop arty DIY, il est loin de s’agir d’un album à se faire une place au soleil sur la bande FM…  « Killer Brilliance » est ambitieux et sombre. Bien que la comparaison semble quelque peu osée, on pourrait trouver une analogie avec le passage à « Kid A » dans la carrière de Radiohead. Il y a ce même esprit de refus du confort, et ce goût pour les ambiances synthétiques. On souhaite juste au groupe de Leipzig de réussir sur la longueur à garder, eux, leur approche organique et profondément humaine de la musique, à refuser la désincarnation autant que la routine. Mais encore une fois, pour l’instant, tout va très très bien !

 

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Tracklist

  1. Killer Brilliance
  2. Hurry Home

La disco de White Wine