Who Cares What The Laser Says?


Un album de sorti en chez .

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Le sublime, le futur, la classe et la musique : White Wine s'impose par un génie naturel.

Soyons clair et posons les bases : dans un monde parfait, Joe Haege trusterait de longue date les sommets des charts. Au lieu de cela 31Knots ou White Wine n’atteint tristement qu’une portion congrue de l’humanité, la bonne nouvelle étant que du côté d’Indiepoprock, nous guettons les moindres soubresauts de la carrière de ces formations.

Après un « In Every Way But One » qui avait fait plus que nous emballer par sa singularité, Joe Haege a délaissé Portland pour s’installer à Leipzig avec ses deux compères teutons. Quelques génies de la pop avaient pratiqué l’exil germanique, avec une réussite artistique indéniable, on pense à Bowie ou Nick Cave. A l’image de ces deux mastodontes, la composition pop du groupe s’accompagne alors d’une démarche expérimentale évidente qui, au lieu de mettre à mal l’accessibilité des compositions, va les rendre uniques, addictives et passionnantes. A l’image de la trilogie berlinoise du défunt Thin White Duke, la démarche de White Wine est de ramener l’exigence artistique au centre d’une musique populaire, de manière consciente ou pas.

Le précédent album marquait par des compositions particulièrement axées sur la rythmique, où les aspects mélodiques et harmoniques incombaient presque exclusivement à la voix. Sur ce nouvel opus, la séparation semble plus ténue. Le style hybride, par contre, subsiste, on évoquera de la pop indus, rien d’agressif mais une couleur très machinerie d’usine. De plus, il est évident que l’ensemble instrumental a toujours pour démarche première d’offrir un panel rythmique varié, mais entre les arpèges furtifs et une obsession pour le son -l’album foisonne de touches bien particulières- l’identité harmonique de « Who Cares What The Laser Says? » revêt un caractère plus complexe. A ce titre, les versions vinyle ou CD livrent clairement une écoute radicalement différentes. Sur une vision en diagonale, nous parlerons du riff acide qui clôture Who Cares The Laser Says?, du beat electro de Drama Queen répondant aux instrumentaux plus vintage, offrant un nuage sonore à ce qui semblerait presque un a capella de Haege, tant la ligne de voix paraît suivre sa propre idée. Bullet Points Like Swords, lui, marque autant la continuité que la rupture avec les productions d’antan, avec ses ponts tout en délicatesse et ses déviances vocales incessantes créant une incertitude constante. Tout dans cet album est iconoclaste, vous emmène vers des atmosphères floues. Nous pourrions parler des heures de ce qui nous apparaît comme un élément majeur de l’évolution de la pop indé, tant par ses choix risqués que par son efficacité immédiate. Après coup, « In Every Way But One » malgré notre amour pour lui semble être avant tout les prémices du monument qu’est « Who Cares What The Laser Says? » plus étoffé, extrêmement varié, et clairement touché par la grâce.

Musicalement, on se trouve face à une explosion artistique avec moult inventions qui ne prennent jamais le pas sur la qualité mélodique. Haege n’en est pas à son premier album notable, mais l’évolution de son art vers un univers plus pop met d’autant plus en exergue son talent et celui de ses compères. S’appuyant sur une maîtrise des compositions tendues et aiguisées, le musicien délaisse quelque peu l’agressivité du math-rock pour un spectre plus large, plus adapté à son envergure.

Il est proprement impossible de ressortir un titre en particulier, cet album est pour moi le top 10 du premier trimestre 2016.

Faute de streaming de l’album voici 3 titres mis en images…

Webmaster

Tracklist

  1. Is This Weird?
  2. Where's My Line?
  3. Bullet Points Like Swords
  4. Sitting on a Bench
  5. Zeitgeist Plagiarist
  6. A Drink & a 6 Lane Freeway
  7. Who Cares What the Laser Says?
  8. Drama Queen
  9. Plastic Entrance
  10. Relic on File

La disco de White Wine