To Lose My Life


Un album de sorti en chez .

Même l’obscurité du ciel menaçant qui orne la pochette de ce premier album des White Lies ne nous empêchera pas de voir à l’horizon planer ces beaux spécimens de corbeaux… Voici en tout cas des musiciens qui n’ont pas peur des caricatures. C’est d’ailleurs leur absence totale de complexes qui les rend relativement attachants. La […]

Même l’obscurité du ciel menaçant qui orne la pochette de ce premier album des White Lies ne nous empêchera pas de voir à l’horizon planer ces beaux spécimens de corbeaux… Voici en tout cas des musiciens qui n’ont pas peur des caricatures. C’est d’ailleurs leur absence totale de complexes qui les rend relativement attachants. La fascination morbide est présente dans les paroles de chaque chanson ou presque ; impossible de trouver le moindre couplet qui ne parle pas de mort : rien que les titres des deux premiers morceaux (Death et To Lose My Life) en disent long sur la tonalité de l’album. On peut se tromper, mais on éprouve ici l’impression que cette attirance pour le néant relève de la pose, du jeu, d’un artifice destiné à s’accorder aux besoins d’une musique volontairement grandiloquente, plus qu’il ne révèle un réel désespoir chez les White Lies.

La formule consciencieusement appliquée tout au long de l’album n’est pas nouvelle, c’est celle découverte au début des années 80 et peaufinée depuis par U2, Coldplay, Interpol, Editors et de nombreux autres : un rock mélodique enflammé, volontiers emphatique, accrochant l’oreille par des motifs de guitare simples et efficaces qui pavent la voie vers des refrains taillés pour les stades… Les estomacs difficiles, les parangons de l’élégance et de la délicatesse risquent d’éprouver quelques difficultés à supporter les White Lies, d’autant que ces derniers, outrage suprême au bon goût, n’hésitent pas à recourir à des synthétiseurs résolument pompiers. Les auditeurs plus indulgents avec ce style particulier d’expression rock reconnaitront en revanche quelques chansons remarquablement conçues : Unfinished Business, E.S.T. ou From The Stars en particulier dominent un milieu d’album particulièrement réussi, où les moments forts se succèdent avec un certain souffle et où la voix de Harry McVeigh prend une belle ampleur.

Les White Lies clament à qui veut bien les entendre qu’ils n’ont découvert les grandes influences qu’on leur appose régulièrement que depuis qu’ils lisent les critiques de leurs disques. On n’en croit bien sur pas un mot… Reste que pour ce qui est de trousser quelques hymnes ampoulés mais redoutablement addictifs, ces vilains menteurs s’y entendent plutôt pas mal. Voici un album qui ne marquera certainement pas son époque mais qui s’écoute formidablement bien, qui accroche d’emblée l’oreille avec une efficacité peu commune et qui ne s’abandonne qu’avec quelques difficultés et après un bon nombre d’écoutes. On absoudra donc les White Lies de leurs pêchés de gourmandise pour ce premier album ; reste à voir s’ils sauront par la suite rééquilibrer leur musique et la ramener vers plus de sobriété tout en gardant leur talent mélodique ou s’ils choisiront de continuer à forcer le trait pour rejoindre la longue liste des grosses cylindrées de stadium-rock devenues pachydermes flatulents après des débuts prometteurs…

Chroniqueur

Tracklist

  1. Death
  2. To Lose My Life
  3. A Place To Hide
  4. Fifty On Our Foreheads
  5. Unfinished Business
  6. E.S.T.
  7. From The Stars
  8. Farewell To The Fairground
  9. Nothing To Give
  10. The Price Of Love

La disco de White Lies