Mission Bell


Un album de sorti en chez .

8

De la douleur naît la beauté.

William Fitzsimmons a publié en fin d’année dernière son septième LP. Si sur l’ensemble de sa carrière, il n’y a jamais eu de morceaux particulièrement gais, sa dernière sortie est clairement dans la lignée des précédentes. On peut même dire sans problème que c’est un album qui est loin de respirer la joie de vivre. Il suffit de jeter un œil sur sa pochette pour avoir une idée du contenu. Un William Fitzsimmons terne, en noir et blanc. Un visuel sur lequel il semble plongé dans ses pensées, ou bien même carrément absent. Il nous indique, avant même que nous n’ayons écouté la moindre note, que si l’on cherche un quelconque réconfort ou une réponse, ce n’est pas à ses côtés que l’on pourra les trouver. Lui aussi est perdu.

La tristesse dans cet album est omniprésente. Et aucun morceau ne se démarque par un signe positif ou d’amélioration. Les thèmes abordés sont d’ailleurs tous dans cette mouvance. Glauque. Le suicide adolescent, la séparation amoureuse, bref, rien de bien réjouissant. Ce qui fait la force de son auteur, c’est paradoxalement de réussir à transcender ces moments de déception en moments de grâce. Car de ces expériences douloureuses, William Fitzsimmons réussit à tirer ce qui peut encore l’être et à en composer des morceaux d’une intensité rare. C’est bien simple, une fois l’écoute entamée, il devient presque impossible de s’arrêter. Comme une sorte d’aimant qui attirerait l’auditeur. La pop-folk mélancolique de William Fitzsimmons a clairement quelque chose d’hypnotique. On se prend alors à se retrouver dans la même position que sur la photo de couverture. Notre regard se vide, nos pensées s’estompent, et on n’a qu’une envie, c’est de se laisser guider par la musique, sans plus penser à rien. Comme si les histoires racontées étaient les nôtres. Comme si nous étions, quelque part, les personnages de ces textes morbides et que nous avions besoin de les entendre, racontées par une voix extérieure.

Ajoutons à cela qu’au gré des écoutes, on découvre tout un tas de subtilités dans les accords et les arrangements. C’est donc un album qui s’améliore au fur et à mesure du temps. Sans perdre en émotion, l’écoute nous révèle, et nous révélera, toujours quelque chose de nouveau.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Second Hand Smoke
  2. Distant Lovers
  3. 17 + Forever
  4. Angela
  5. In the Light
  6. Lovely
  7. Never Really Mine
  8. Leave Her
  9. Wait for Me
  10. Afterlife

La disco de William Fitzsimmons