<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0"><channel><title>indiepoprock.fr - chroniques de disques</title><link>http://www.indiepoprock.fr</link><description>indiepoprock.fr // webzine, chroniques, interviews, live reports, labels, groupes indie, actualité rock, musique pop, artistes indépendants,</description><copyright>©2006 indiepoprock</copyright><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 23 Feb 2012 10:44:25 +0100</lastBuildDate><item><title>Murphy (Elliott) - Just a story from New York</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3802</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3802</guid><pubDate>Thu, 23 Feb 2012</pubDate><description>Ca fait d&amp;eacute;j&amp;agrave; quelques ann&amp;eacute;es qu&amp;rsquo;Elliott Murphy a cess&amp;eacute; de nous &amp;eacute;tonner. Ce nouvel album ne d&amp;eacute;roge pas &amp;agrave; la r&amp;egrave;gle, compl&amp;eacute;tant une discographie et une carri&amp;egrave;re aussi rectilignes que les cordes de guitare du songwriter am&amp;eacute;ricain. Et pourtant, ces classiques folk font toujours aussi plaisir &amp;agrave; entendre, surtout quand ils sont jou&amp;eacute;s avec autant d&amp;rsquo;&amp;eacute;nergie et de sinc&amp;eacute;rit&amp;eacute;.

&amp;quot;Just a story from New York&amp;quot; est un album live, comme tant d&amp;rsquo;autres serait-on tentait de dire &amp;agrave; la vue de la set-list. &lt;em&gt;Gone, gone, gone&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Pneumonia&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Alley&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;You never know what in for&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;On Elvis Presley&amp;rsquo;s birthday&lt;/em&gt;&amp;hellip;tous les grands tubes y sont, avec leur dose de cavalcades acoustiques, d&amp;rsquo;harmonica clinquant et de refrains aussi poussi&amp;eacute;reux qu&amp;rsquo;un film de John Ford.&amp;nbsp;L'album a &amp;eacute;t&amp;eacute; enregistr&amp;eacute; au l&amp;eacute;gendaire club Rockwood de New York et c&amp;rsquo;est peut-&amp;ecirc;tre &amp;ccedil;a l&amp;rsquo;originalit&amp;eacute; de cet enregistrement. Elliott Murphy et ses fid&amp;egrave;les compagnons de route nous ont habitu&amp;eacute; aux enregistrements dans des salles fran&amp;ccedil;aises o&amp;ugrave; ils jouent r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement (notamment au New Morning). &amp;quot;Just a story from New York&amp;quot; sonne donc comme un retour aux sources pour l&amp;rsquo;am&amp;eacute;ricain qui r&amp;eacute;side &amp;agrave; Paris depuis des d&amp;eacute;cennies et a conquis son public fran&amp;ccedil;ais avec ses hymnes folk au point de ne tourner que rarement aux Etats-Unis.&amp;nbsp;

Rien de bien neuf donc sur ce nouvel album mais une belle preuve de l&amp;rsquo;&amp;eacute;ternelle jeunesse d&amp;rsquo;Elliott Murphy , de l&amp;rsquo;intemporalit&amp;eacute; de ses balades et sa complicit&amp;eacute; avec le guitariste Olivier Durand. Un avant-go&amp;ucirc;t des prochains live&amp;nbsp;au New Morning.</description></item><item><title>Singtank - The Party (EP)</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3805</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3805</guid><pubDate>Wed, 22 Feb 2012</pubDate><description>Un deux. Un deux. Un rythme binaire. Deux notes de piano. La f&amp;ecirc;te commence.

Une s&amp;oelig;ur. Un fr&amp;egrave;re. Jos&amp;eacute;phine et Alexandre de la Baume qui nous livrent l&amp;agrave;, en l&amp;rsquo;espace de quatre morceaux, leur univers r&amp;eacute;solument pop-rock. Rien de bien m&amp;eacute;chant, mais un ensemble n&amp;eacute;anmoins s&amp;eacute;duisant par sa simplicit&amp;eacute; et ses refrains catchy rafra&amp;icirc;chissants. Parce que sous leurs airs de musique pour midinettes, les m&amp;eacute;lodies en jettent (&lt;em&gt;Superstar&lt;/em&gt;). Spontan&amp;eacute;es, pas sophistiqu&amp;eacute;es pour deux sous, ces derni&amp;egrave;res ont l&amp;rsquo;art et la mani&amp;egrave;re de diffuser une certaine joie de vivre, une envie de danser.

Un. Deux. A la frustration&amp;nbsp;qui pointe son nez&amp;nbsp;au troisi&amp;egrave;me morceau, quand diable cela va-t-il exploser&amp;nbsp;? Le potentiel est clairement l&amp;agrave; mais il en faudra plus pour accrocher l&amp;rsquo;auditeur. Un soup&amp;ccedil;on d&amp;rsquo;insolence ne serait pas de trop, au moins pour compenser des ch&amp;oelig;urs qui sont tout de m&amp;ecirc;me &amp;agrave; la limite du nunuche&amp;nbsp;; fleet foxesiens, local nativiens sur &lt;em&gt;Nuthouse&lt;/em&gt;, ils sont enfantins, faussement ing&amp;eacute;nus sur &lt;em&gt;The Party&lt;/em&gt; et conf&amp;egrave;rent h&amp;eacute;las un c&amp;ocirc;t&amp;eacute; doucereux aux compositions.

Ni laboratoire d&amp;rsquo;id&amp;eacute;es, ni laboratoire de recherches musicales, Singtank propose un son proche de la tradition sixties. Cependant, la d&amp;eacute;marche reste un peu trop &amp;eacute;l&amp;eacute;mentaire et pas assez audacieuse. Au final, l&amp;rsquo;exercice est ma&amp;icirc;tris&amp;eacute;, pour ne pas dire r&amp;eacute;ussi, mais manque un tantinet de panache. Reste &amp;agrave; savoir si ce qui s&amp;eacute;duit format maxi pla&amp;icirc;t toujours sur la longue dur&amp;eacute;e. L&amp;rsquo;album, qui est pour bient&amp;ocirc;t, nous le dira&amp;hellip;</description></item><item><title>Ewert and The Two Dragons - Good Man Down</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3804</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3804</guid><pubDate>Mon, 20 Feb 2012</pubDate><description>On pr&amp;ecirc;te toujours une oreille plus attentive et complaisante aux labels que l'on aime, ceux que l'on sait capables de d&amp;eacute;nicher la perle rare m&amp;ecirc;me au fin fond de territoires pas forc&amp;eacute;ment connus pour leur &amp;laquo;&amp;nbsp;penchant pop&amp;nbsp;&amp;raquo;. Talitres est un de ces labels r&amp;eacute;f&amp;eacute;rents, Tallin (capitale de l'Estonie) une des ces destinations exotiques. Les deux avaient peu de chances de communier dans nos pr&amp;eacute;jug&amp;eacute;s sur la qualit&amp;eacute; de la musique estonienne que l'on ne conna&amp;icirc;t que par le prisme annuel, certes d&amp;eacute;suet, de l'Eurovision.

Pourtant, c'est bien du c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de Tallin que Sean Bouchard est all&amp;eacute; chercher la derni&amp;egrave;re p&amp;eacute;pite du label bordelais. Avec la chute du bloc communiste &amp;agrave; la fin des ann&amp;eacute;es 80, c'est tout un pan de l'Europe de l'Est qui s'est ouvert &amp;agrave; la musique rock, pas forc&amp;eacute;ment en odeur de saintet&amp;eacute; du temps du Parti unique. Ewert and The Two Dragons est donc un des premiers rejetons de cette g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration de musiciens biberonn&amp;eacute;s &amp;agrave; la pop plut&amp;ocirc;t qu'au classique, moins soumis au regard accusateur et inquisiteur de l'oeil de Moscou.

A l'&amp;eacute;coute de &amp;quot;Good Man Down&amp;quot;, le deuxi&amp;egrave;me album de Ewert Sundja et ses 3 acolytes, il est difficile de trouver une quelconque trace de leur origine &amp;laquo;&amp;nbsp;exotique&amp;nbsp;&amp;raquo; dans leur musique. Celle-ci aurait tr&amp;egrave;s bien pu avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;crite &amp;agrave; Brighton, Stockholm, Bruxelles ou Clermont-Ferrand. Une pop-folk plut&amp;ocirc;t classique dans sa composition et ses arrangements soign&amp;eacute;s (handclaps, percussions, harmonies vocales), un alliage parfait entre la simplicit&amp;eacute; et l'efficacit&amp;eacute;, que l'on retrouvait notamment sur les premiers albums de Noah &amp;amp; the Whale et de Stornoway, qui fait mouche &amp;agrave; tous les coups, notamment sur un d&amp;eacute;but d'album en fanfare (de &lt;em&gt;In The End There's Only Love&lt;/em&gt; &amp;agrave; &lt;em&gt;Jolene&lt;/em&gt;).

La suite, moins primesauti&amp;egrave;re, n'en reste pas moins, elle aussi, marqu&amp;eacute;e par cette parfaite alchimie entre le grand classicisme des m&amp;eacute;lodies et la redoutable efficacit&amp;eacute; des harmonies et des arrangements (&lt;em&gt;Sailor Man&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; &lt;em&gt;Road To The Hill&lt;/em&gt;). Rassurant, &amp;agrave; une &amp;eacute;poque o&amp;ugrave; la recherche de la nouveaut&amp;eacute; en mati&amp;egrave;re de composition frise &amp;agrave; l'obsession et tourne souvent &amp;agrave; la mauvaise mayonnaise. Une belle d&amp;eacute;couverte.</description></item><item><title>Maccabees (The) - Given To The Wild</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3803</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3803</guid><pubDate>Sun, 19 Feb 2012</pubDate><description>Les Maccabees ont jusqu'ici suivi &amp;agrave; la perfection le manuel du parfait petit groupe ind&amp;eacute; qui veut devenir grand. Rappel des faits&amp;nbsp;: 2007, l'ann&amp;eacute;e de la d&amp;eacute;couverte du groupe d'Orlando Weeks avec l'album &amp;quot;Colour It In&amp;quot; et sa palette de pop-songs arty. 2009, l'ann&amp;eacute;e de la confirmation avec &amp;quot;Wall of Arms&amp;quot;, un album qui regorge de tubes et un son plus mature. 2012, l'ann&amp;eacute;e charni&amp;egrave;re pour The Maccabees, qui doit choisir entre &amp;laquo;&amp;nbsp;la voie Coldplay&amp;nbsp;&amp;raquo; et &amp;laquo;&amp;nbsp;la voie Radiohead&amp;nbsp;&amp;raquo;, deux trajectoires oppos&amp;eacute;es d'un point de vue artistique, ayant pourtant men&amp;eacute; les deux groupes vers le m&amp;ecirc;me succ&amp;egrave;s commercial.

Sur son troisi&amp;egrave;me album (&amp;quot;X&amp;amp;Y&amp;quot;), Coldplay avait en effet choisi de donner au plus grand nombre ce qu'il avait envie d'entendre, le degr&amp;eacute; z&amp;eacute;ro de la prise de risque et une s&amp;eacute;v&amp;egrave;re claque pour les quelques fans de &amp;quot;Parachutes&amp;quot; qui avaient surv&amp;eacute;cu au d&amp;eacute;j&amp;agrave; boursoufl&amp;eacute; &amp;quot;A Rush of Blood to the Head&amp;quot;. Le r&amp;eacute;sultat leur a donn&amp;eacute; raison. Radiohead avait eu l'attitude inverse sur &amp;quot;OK Computer&amp;quot;, &amp;agrave; savoir faire passer l'artistique, les convictions personnelles, avant la pompe &amp;agrave; fric, quitte &amp;agrave; perdre du monde en route apr&amp;egrave;s le succ&amp;egrave;s de &amp;quot;The Bends&amp;quot;. Le r&amp;eacute;sultat leur a &amp;eacute;galement donn&amp;eacute; raison.

Cette longue introduction ne parle que tr&amp;egrave;s peu de ce qui nous int&amp;eacute;resse plus particuli&amp;egrave;rement, &amp;agrave; savoir le troisi&amp;egrave;me album des Maccabees, mais cherche &amp;agrave; expliquer ce qui a pu passer dans la t&amp;ecirc;te de ce groupe (simple supputation) au moment de donner un successeur &amp;agrave; un album ayant connu le succ&amp;egrave;s critique et commercial. Ceci explique peut-&amp;ecirc;tre pourquoi &amp;agrave; vouloir m&amp;eacute;nager la ch&amp;egrave;vre et le chou, le groupe n'a pas su trancher entre l'artistique et le commercial et se retrouve avec un album bancal sur les bras.

Sans &amp;ecirc;tre d&amp;eacute;sagr&amp;eacute;able, surtout au bout de plusieurs &amp;eacute;coutes, &amp;quot;Given To The Wild&amp;quot; conna&amp;icirc;t pourtant un accueil frileux pour ne pas avoir su choisir une direction claire. Fini les tubes de pop bancale et entra&amp;icirc;nante, m&amp;ecirc;me si un &lt;em&gt;Pelican&lt;/em&gt; ou un &lt;em&gt;Forever I've Known&lt;/em&gt; ne d&amp;eacute;m&amp;eacute;ritent pas dans l'exercice. Le nouveau son des Maccabees ne sait pas trop sur quel pied nous faire danser, tant&amp;ocirc;t pop mi&amp;egrave;vre (&lt;em&gt;Feel to Follow&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; &lt;em&gt;Glimmer&lt;/em&gt;) qui ravira les fans de...Coldplay, tant&amp;ocirc;t plus recherch&amp;eacute;e dans ses arrangements (&lt;em&gt;Child&amp;nbsp;; Unknow&lt;/em&gt;), qui trouvera un &amp;eacute;cho plus favorable chez les fans de Foals par exemple.

Au final, malgr&amp;eacute; quelques titres efficaces, ce troisi&amp;egrave;me album des Maccabees va certainement cr&amp;eacute;er beaucoup de d&amp;eacute;ception chez les fans de ce groupe apr&amp;egrave;s le succ&amp;egrave;s des deux premiers opus.</description></item><item><title>Lanegan (Mark) - Blues Funeral</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3801</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3801</guid><pubDate>Sat, 18 Feb 2012</pubDate><description>Le pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent disque de Lanegan, &amp;quot;Bubblegum&amp;quot;, n'avait d&amp;eacute;j&amp;agrave; rien &amp;agrave; voir si on se r&amp;eacute;f&amp;egrave;re &amp;agrave; la d&amp;eacute;finition de la &amp;laquo;&amp;nbsp;bubblegum music&amp;nbsp;&amp;raquo;. Il en presque de m&amp;ecirc;me en ce qui concerne &amp;quot;Blues Funeral&amp;quot; dans la mesure o&amp;ugrave; l'album n'a rien &amp;agrave; voir avec le blues musicalement, mais v&amp;eacute;hicule, tout au long de ses douze titres une atmosph&amp;egrave;re plus que fun&amp;eacute;raire, mortif&amp;egrave;re par endroits. Il est notable, &amp;agrave; cet &amp;eacute;gard, qu&amp;rsquo;&amp;agrave; l'inverse de la plupart des artistes d&amp;eacute;barrass&amp;eacute;s du carcan de ce que faire partie d'un groupe put repr&amp;eacute;senter, le chanteur continue de se nourrir d'obsessions claustrophobiques et n&amp;eacute;vrotiques alors qu'on a souvent, dans une circonstance similaire, tendance &amp;agrave; parler de lib&amp;eacute;ration ou d'&amp;eacute;panouissement. &amp;quot;Blues Funeral&amp;quot; va donc s'av&amp;eacute;rer &amp;ecirc;tre une nouvelle plong&amp;eacute;e des des arcanes o&amp;ugrave; le gris c&amp;ocirc;toie le noir et o&amp;ugrave; m&amp;ecirc;me un air de danse (&lt;em&gt;Ode To Sad Disco&lt;/em&gt;) va, lui, ne pas faire mentir son titre et d&amp;eacute;livrer, sur une rythmique &amp;eacute;lectro, un climat de d&amp;eacute;senchantement plut&amp;ocirc;t que cet h&amp;eacute;donisme propre aux &amp;laquo;&amp;nbsp;dance-floors&amp;nbsp;&amp;raquo;. 

Pos&amp;eacute; ce postulat, il ne fait pas pour autant parler de rituel&amp;nbsp;; Lannegan se trouve aujourd'hui dans une situation propre &amp;agrave; plus d'ambitions. Sa voix est devenue encore plus grave, comme enfum&amp;eacute;e et son phras&amp;eacute; semble se fondre &amp;agrave; merveille avec les circonvolutions de titres aussi r&amp;eacute;v&amp;eacute;lateurs que &lt;em&gt;The Gravedigger's Song&lt;/em&gt; ou Gray Goes Black. Sur ces &amp;eacute;l&amp;eacute;gies (&lt;em&gt;St Louis Elegy&lt;/em&gt;) le vocaliste est capable alors de broder des litanies presque &amp;laquo;&amp;nbsp;bluesy&amp;nbsp;&amp;raquo; justement dans des complaintes comme &lt;em&gt;Bleeding Muddy Water&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Phantasmagoria Blues&lt;/em&gt;. Il est, en outre, m&amp;ecirc;me capable d' exercer ses talents de rocker comme sur un &lt;em&gt;Riot In My House&lt;/em&gt; d'o&amp;ugrave; &amp;eacute;merge la guitare de Josh Homme ou le t&amp;eacute;tanique et t&amp;eacute;tanifiant &lt;em&gt;Quiver Syndrome&lt;/em&gt;. Un grain de voix plus profond, exer&amp;ccedil;ant alors un plus grand pouvoir de menace, l'exemplaire &lt;em&gt;Leviathan&lt;/em&gt;, profonde avanc&amp;eacute;e mortuaire, il est ais&amp;eacute; alors de se couler dans le monde de l'ali&amp;eacute;nation&amp;nbsp;:les merveilleux et entra&amp;icirc;nants arp&amp;egrave;ges de guitare sur &lt;em&gt;Harborview Hospital&lt;/em&gt; repris plus loin par une implacable incursion dans le le royaume des ann&amp;eacute;es 80 fa&amp;ccedil;on Stranglers sur &lt;em&gt;Tiny Grain Of Truth&lt;/em&gt;. L'univers po&amp;eacute;tique de Lannegan est donc toujours l&amp;agrave;&amp;nbsp;; simplement, il n'est plus aur&amp;eacute;ol&amp;eacute; de ce folk blues qui &amp;eacute;tait la pierre angulaire de Screaming Trees. 

Finalement, en s'extrayant de son groupe initial, le chanteur a accompli un affranchissement plus que fondamental dans la mesure o&amp;ugrave; il r&amp;eacute;sonne aujourd'hui musicalement plut&amp;ocirc;t que th&amp;eacute;matiquement. Sans perdre de sa vision, Lanegan explore alors des territoires m&amp;eacute;lodiques inusit&amp;eacute;s pour lui&amp;nbsp;; c'est la marque des v&amp;eacute;ritables artistes que de savoir &amp;eacute;voluer tout en ne se fourvoyant pas dans des d&amp;eacute;marches contre nature. Et &amp;quot;Blues Funeral&amp;quot; en apporte une nouvelle fois la preuve&amp;nbsp;!</description></item><item><title>Tinariwen - Tassili</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3800</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3800</guid><pubDate>Wed, 15 Feb 2012</pubDate><description>&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Le parcours discographique de Tinariwen sem&amp;eacute; de mantras  r&amp;eacute;p&amp;eacute;titifs et de chansons traditionnelles ou moins traditionnelles,  centr&amp;eacute;s sur les guitares et leur intelligence, leur &amp;acirc;me, et des textes  se d&amp;eacute;battant pour la vie&amp;nbsp;; une forme de blues. Ce &amp;agrave; quoi vous vous  attendriez, avec la petite flamme en plus, lorsqu&amp;rsquo;on vous dit qu&amp;rsquo;il  s&amp;rsquo;agit de musique du d&amp;eacute;sert, comme un dialogue avec le d&amp;eacute;sert mais pas  seulement. Tinariwen avaient &amp;eacute;t&amp;eacute; auparavant les po&amp;egrave;tes d&amp;rsquo;une  g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration en guerre, et existent aujourd&amp;rsquo;hui depuis presque un quart de  si&amp;egrave;cle. Depuis 2001 et leur tentative de documenter leurs concerts  fi&amp;eacute;vreux, avec &amp;quot;The Radio Tisda Sessions&amp;quot;, ils ont  aussi su s&amp;eacute;duire le monde occidental en adressant de grands th&amp;egrave;mes et en  s&amp;rsquo;armant de slogans pleins de puissance vitale. &amp;quot;Aman Iman&amp;quot;, l&amp;rsquo;album qui  les a le plus amplement r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute;s en 2007, signifiait &amp;lsquo;l&amp;rsquo;eau c&amp;rsquo;est la  vie&amp;rsquo;.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;

&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Sur &amp;quot;Aman Iman&amp;quot;, Tinariwen enregistrait pour la seconde fois dans un studio &amp;agrave; Bamako. &amp;laquo;&amp;nbsp;En ville, je me sens cern&amp;eacute; par les murs&amp;nbsp;&amp;raquo;, confiait Ibrahim Ag Alhabib &amp;agrave; Mojo Magazine en 2009, lors du superbe reportage que fit le magazine anglais &amp;agrave; la parution de &amp;quot;Imidiwan&amp;nbsp;: Companions&amp;quot;. Ibrahim Ag Alhabib a parfois des difficult&amp;eacute;s &amp;agrave; accepter la fa&amp;ccedil;on dont sonnent Amassakoul et Aman Iman, captur&amp;eacute; dans le confinement. &amp;laquo;&amp;nbsp;Dans le d&amp;eacute;sert, c&amp;rsquo;est l&amp;agrave; que je suis libre et que les guitares produisent le son que je souhaite.&amp;nbsp;&amp;raquo; Par d&amp;eacute;sert il entend le sud de l&amp;rsquo;Alg&amp;eacute;rie, avec une affection particuli&amp;egrave;re pour &amp;nbsp;Tassili  n&amp;rsquo;Ajjer, une r&amp;eacute;gion aux paysages incroyables. Ce fut un une zone de  transition des forces arm&amp;eacute;es entre les camps de r&amp;eacute;fugi&amp;eacute;s Lybiens et le nord du mali. Cette terre elle r&amp;eacute;v&amp;egrave;le dans des grottes, sur les rochers, &amp;nbsp;les  vestiges peints de civilisations anciennes de 8000 &amp;agrave; 1700 ans en  arri&amp;egrave;re, laissant deviner des religions, des civilisations perdues. Ces  rochers et ces voyageurs disparus sont autant de personnages avec qui Ag Alhabib et son groupe &amp;nbsp;communient.  Ils utilisent les rochers et le vent pour susciter les tonalit&amp;eacute;s  pr&amp;eacute;sentes sur leurs albums, d&amp;rsquo;où quelques s&amp;eacute;ances surr&amp;eacute;alistes les  voyant, amplis branch&amp;eacute;s sur g&amp;eacute;n&amp;eacute;rateur, enregistrer au pied d&amp;rsquo;amas  g&amp;eacute;ologiques &amp;agrave; l&amp;rsquo;appel mill&amp;eacute;naire.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;

&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Trois semaines &amp;agrave; la fin de 2010, le groupe s&amp;rsquo;est rassembl&amp;eacute; dans une tente avec leur producteur de longue date, Jean-Paul Romann, pour recommencer avec la m&amp;ecirc;me motivation qui les a fait entendre, d&amp;eacute;j&amp;agrave; dix ans auparavant. IIs sont six sur la pochette, avec Ibrahim au centre, mais il y manque les contributeurs occasionnels et notamment Abdallah Ag Alhabib, qui amena le groupe en tourn&amp;eacute;e lorsque son fr&amp;egrave;re, Ibrahim s&amp;rsquo;y  refusa&amp;nbsp;; et &amp;agrave; qui on doit l&amp;rsquo;un des plus beaux morceaux de l&amp;rsquo;album,  cach&amp;eacute; &amp;agrave; la fin du dernier titre et enregistr&amp;eacute; apr&amp;egrave;s tout le reste. &amp;nbsp;Y sont aussi absents des admirateurs New Yorkais et chanteurs de talent, Kyp Malone et Tunde Adebimpe, membres de Tv on The Radio.  Ceux-ci avaient t&amp;acirc;t&amp;eacute; le terrain en avril 2010, et cela s&amp;rsquo;est si bien  pass&amp;eacute; qu&amp;rsquo;ils sont revenus prendre le rythme de vie nomade pendant une  semaine. &lt;em&gt;Tenere Taqquim Tossam,&lt;/em&gt; peut-&amp;ecirc;tre le morceau le plus accrocheur de l&amp;rsquo;album, profite de leurs ch&amp;oelig;urs sur le refrain &amp;ndash; en anglais. &amp;laquo;&amp;nbsp;Water is life and soul/To all my brothers i say, the desert is jealous.&amp;rdquo; Et &amp;ldquo;Why can&amp;rsquo;t you see ? You are a treasure/I&amp;rsquo;ve seen the world, I love you better.&amp;rdquo; Adebimpe embrasse la plus grande sinc&amp;eacute;rit&amp;eacute; du d&amp;eacute;sert comme il chantait l&amp;rsquo;amour sur Keep Your Heart, You et Will Do, les meilleures chansons de Nine Types of Light (2011).  Ailleurs, la langue arabe apporte une m&amp;eacute;lancolie et une profondeur  suppl&amp;eacute;mentaire, nous appelant &amp;agrave; m&amp;eacute;diter. Plus surprenante est la  participation du Dirty Dozen Brass Band, mythique ensemble de cuivres de La Nouvelle-Orl&amp;eacute;ans, dont la retenue &amp;eacute;vite de d&amp;eacute;naturer le son de Tinariwen. Et il y a aussi le guitariste Nel Cline (Wilco), sur &lt;em&gt;Imidiwan Ma Tennam,&lt;/em&gt; pour un effet temp&amp;ecirc;te de sable. &lt;/div&gt;

&lt;div style="font-family: Verdana,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&amp;quot;Tassili&amp;quot; para&amp;icirc;t dans un contexte plus difficile qu&amp;rsquo;Aman Iman.  Au manque d&amp;rsquo;eau, qui tue leur b&amp;eacute;tail et menace leurs fermes, s&amp;rsquo;ajoute  le vol de leurs terres pour des raisons commerciales et surtout la  menace des Islamistes, car Al Qaeda s&amp;rsquo;installe et sa doctrine &amp;eacute;trang&amp;egrave;re y  trouve un terrain fertile, bouleversant les cultures locales. &amp;quot;Tassili&amp;quot; est aussi, d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;ment, moins vari&amp;eacute; que son pr&amp;eacute;d&amp;eacute;cesseur&amp;nbsp;; la section rythmique constitu&amp;eacute;e du bassiste Eyadou Ag Leche et du guitariste Elaga Ag Hamid ancrent l&amp;rsquo;album dans l&amp;rsquo;action. &amp;quot;Tassili&amp;quot; est sous-tendu d&amp;rsquo;un combat qui sourd, au d&amp;eacute;tour des plaintes et des lamentations, et r&amp;eacute;v&amp;egrave;le la fa&amp;ccedil;on dont Tinariwen perp&amp;eacute;tue  un sens historique, une m&amp;eacute;moire, en les pla&amp;ccedil;ant en t&amp;ecirc;te d&amp;rsquo;une  g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration de groupes Touaregs s&amp;rsquo;&amp;eacute;tant lev&amp;eacute;s dans leur sillage. &amp;nbsp; &lt;br&gt;
&lt;/div&gt;</description></item><item><title>Yeti Lane - The Echo Show</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3799</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3799</guid><pubDate>Tue, 14 Feb 2012</pubDate><description>On avait laiss&amp;eacute; Yeti Lane sur un EP plein de promesses et de compositions psych&amp;eacute;d&amp;eacute;liques, avec beaucoup de synth&amp;eacute;tiseurs qui reproduisaient par moment l&amp;rsquo;ambiance analogique de certains disques des ann&amp;eacute;es 70, et cela malgr&amp;eacute; le d&amp;eacute;part de leur clavi&amp;eacute;riste. Un paradoxe qui a vu le groupe partir chercher l&amp;rsquo;inspiration dans quelques disques de Krautrock, la pochette de leur nouvel album, &amp;quot;The Echo Show&amp;quot;, n&amp;rsquo;&amp;eacute;tant pas sans rappeler celle du &amp;quot;Trans-Europe-Express&amp;quot; de Kraftwerk. 

Pour autant, &amp;quot;The Echo Show&amp;quot; ne part pas aussi loin que certains disques r&amp;eacute;tro qui &amp;eacute;voquent la &amp;laquo; Kosmische muzik &amp;raquo; des ann&amp;eacute;es 70. Non, Yeti Lane choisit plut&amp;ocirc;t d&amp;rsquo;actualiser les claviers vaporeux pour un rock d&amp;rsquo;inspiration 90&amp;rsquo;s. On n&amp;rsquo;est alors pas trop surpris de retrouver une similitude avec Grandaddy sur l&amp;rsquo;inaugural &lt;em&gt;Analog Wheel&lt;/em&gt;. Et c'est vraiment bon &amp;agrave; &amp;eacute;couter. Ca continue comme &amp;ccedil;a sur tout l&amp;rsquo;album, avant de se refermer sur les six minutes et quarante-huit secondes de &lt;em&gt;Faded Spectrum&lt;/em&gt;, qui se termine sur un immense jam distordu, psych&amp;eacute;d&amp;eacute;lique nous laissant les oreilles dans un profond coma lysergique. 

D'ailleurs la r&amp;eacute;ussite de&amp;nbsp;cet album&amp;nbsp;tient plus au duo dans sa fa&amp;ccedil;on de vouloir tutoyer sans trop de difficult&amp;eacute; &amp;quot;Sophtware Slump&amp;quot; que dans le recherche de psych&amp;eacute;d&amp;eacute;lisme pur, m&amp;ecirc;me si en &amp;eacute;tirant ses titres, Yeti Lane se place dans un registre parfois planant (&lt;em&gt;Alba&lt;/em&gt;). Quelques interm&amp;egrave;des viennent ponctuer cet album (-, --, ---, ----) et on se dit alors que, d&amp;eacute;cid&amp;eacute;ment, le label Clapping Music m&amp;eacute;riterait d'&amp;ecirc;tre mieux connu, ne serait-ce que pour tout ces groupes fran&amp;ccedil;ais qu'il d&amp;eacute;niche depuis d&amp;eacute;j&amp;agrave; de nombreuses ann&amp;eacute;es.

Yeti Lane r&amp;eacute;ussit donc le difficile passage du deuxi&amp;egrave;me album. On attend donc la suite impatiemment en repensant au concert de l&amp;rsquo;autre soir, quand on les a vu aux Mains d&amp;rsquo;Oeuvres dans le cadre du Festival Mo&amp;rsquo;Fo. On se dit que finalement qu&amp;rsquo;il y a une vie apr&amp;egrave;s Cyann &amp;amp; Ben &amp;hellip;</description></item><item><title>Nada Surf - The Stars Are Indifferent to Astronomy</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3798</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3798</guid><pubDate>Mon, 13 Feb 2012</pubDate><description>&amp;quot;Tiens, je pensais que REM s'&amp;eacute;taient s&amp;eacute;par&amp;eacute;s! &amp;quot;; ainsi pourrait &amp;ecirc;tre la r&amp;eacute;flexion initiale &amp;agrave; l'&amp;eacute;coute du morceau d'ouverture de de &amp;quot;The Stars Are Indifferent To Astronomy&amp;quot;, &lt;em&gt;Clear Eye Clouded Mind, &lt;/em&gt;m&amp;ecirc;me si celui-ci est plus proche de &amp;quot;Accelerate&amp;quot; que des refrains pastoraux de &amp;quot;Out of Time&amp;quot;. C'est bien alors le m&amp;eacute;rite d'un groupe comme Nada Surf que de c&amp;eacute;l&amp;eacute;brer son 20&amp;egrave;me anniversaire par un disque souhaitant transcender certains sch&amp;eacute;mas ou influences trop voyantes. Sachant qu'il s'agit de leur premier opus de compositions originales depuis &amp;quot;Lucky&amp;quot; en 2008, on se doit de louer un effort qui ne veut pas nous laisser sur la faim d'un disques de reprises (&amp;quot;If I Had A Hi-Fi&amp;quot;) et d'un live,&amp;nbsp;tous deux sortis en 2010.&amp;nbsp;

Dire que le combo a chang&amp;eacute; serait exag&amp;eacute;r&amp;eacute;; on retrouve toujours la m&amp;ecirc;me voix d&amp;eacute;licate de Matthew Caws comme si les ann&amp;eacute;es n'avaient pas de prise sur elle et que le r&amp;eacute;pertoire de Nada Surf restait invariablement fix&amp;eacute; &amp;agrave; ces refrains power pop (&lt;em&gt;Waiting For Something &lt;/em&gt;ou &lt;em&gt;The Moon Is Calling&lt;/em&gt;) propres &amp;agrave; v&amp;eacute;hiculer une &amp;eacute;ternelle verve adolescente. C'est pourtant &amp;agrave; l'aulne de ce qu'il souhaite aujourd'hui faire transpara&amp;icirc;tre qu'il convient de jauger le disque et, &amp;agrave; cet &amp;eacute;gard, il est, ne serait-ce que par son titre, r&amp;eacute;v&amp;eacute;lateur d'une certaine gravit&amp;eacute;. Des titres comme le m&amp;eacute;lancolique &lt;em&gt;When I Was Young &lt;/em&gt;ou le plus enlev&amp;eacute; &lt;em&gt;Teenage Dreams &lt;/em&gt;sonnent ainsi comme si Nada Surf souhaiter tirer un trait sur une certaine insouciance. &lt;em&gt;No Snow on the Mountains&lt;/em&gt; enfonce le clou de cette atmosph&amp;egrave;re de d&amp;eacute;senchantement et la m&amp;ecirc;me d&amp;eacute;sillusion semble traverser un &lt;em&gt;Jules and Jim&lt;/em&gt; m&amp;ecirc;me si, et c'est l&amp;agrave; que l'on retrouve un des travers du groupe, un certain manque d'originalit&amp;eacute; dans les compositions se manifeste.&amp;nbsp;

Bien s&amp;ucirc;r &lt;em&gt;Let the Fight Do The Fighting&lt;/em&gt; s'efforce d'attaquer la probl&amp;eacute;matique de la r&amp;eacute;signation de fa&amp;ccedil;on abrupte mais, le plus souvent, il s'agit d'artifices plut&amp;ocirc;t que d'une preuve de v&amp;eacute;ritable richesse m&amp;eacute;lodique. On a souvent consid&amp;eacute;r&amp;eacute; que c'&amp;eacute;tait les textes qui posaient probl&amp;egrave;me &amp;agrave; Nada Surf. Sur &amp;quot;The Stars Are Indifferent To Astronomy&amp;quot; il y a une r&amp;eacute;elle volont&amp;eacute; de s'affranchir de refrains directs et simplistes mais, quelque part, le trio semble avoir troqu&amp;eacute; pour autre chose une inspiration qui lui faisait d&amp;eacute;j&amp;agrave; d&amp;eacute;faut depuis plusieurs ann&amp;eacute;es.&amp;nbsp;L'album live&amp;nbsp;et &amp;quot;If I Had A Hi-Fi&amp;quot; &amp;eacute;taient en effet symptomatiques d'une certaine stagnation si on les compare &amp;agrave; l'excellent &amp;quot;Lucky&amp;quot; et il semblerait que, si resour&amp;ccedil;age et maturation il y a, cela se soit fait au d&amp;eacute;triment de l'&amp;eacute;criture m&amp;eacute;lodique.&amp;nbsp;

Reste alors un album de rock plus ou moins ind&amp;eacute;, agr&amp;eacute;able et &amp;eacute;couter, mais dont on ne peut dire qu'il soit travers&amp;eacute; par des &amp;eacute;clairs propres &amp;agrave; susciter une coup de coeur ou des titres qui en surnageraient. Constance donc dans l'humeur douce-am&amp;egrave;re, &amp;eacute;clair&amp;eacute;e parfois par quelques riffs de guitares plus ac&amp;eacute;r&amp;eacute;s, on comprendra ce choix puisque l'album se veut une r&amp;eacute;flexion plut&amp;ocirc;t m&amp;eacute;lancolique sur l'indiff&amp;eacute;rence du Temps par rapport &amp;agrave; nos vies individuelles; on optera n&amp;eacute;anmoins pour constater que, si nostalgie il y a, ce sera pour cette p&amp;eacute;riode o&amp;ugrave; Nada Surf se montrait plus prolixe dans l'&amp;eacute;clectisme comme sur &amp;quot;The Proximity Effect&amp;quot; ou &amp;quot;Let Go&amp;quot;, bref pour un retour vers de plus belles ann&amp;eacute;es.</description></item><item><title>Violent Femmes - s/t</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3796</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3796</guid><pubDate>Sun, 12 Feb 2012</pubDate><description>La jeune histoire du rock et plus g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralement l'histoire de la musique populaire depuis cinquante ou soixante ans montrent clairement la formidable capacit&amp;eacute; d'assimilation, d'absorption, pourrait-on &amp;eacute;crire, des artistes qui n'h&amp;eacute;sitent pas &amp;agrave; s'approprier l'h&amp;eacute;ritage de leur pr&amp;eacute;d&amp;eacute;cesseurs pour construire leur &amp;oelig;uvre. Ainsi il serait possible de mesurer l'importance d'un groupe &amp;agrave; l'aune de la fr&amp;eacute;quence &amp;agrave; laquelle on ressent son influence dans tel ou tel album, dans telle ou telle chanson&amp;hellip; En appliquant une mesure syst&amp;eacute;matique de ce type, nul doute que les Violent Femmes apparaitraient en bonne place dans le peloton de t&amp;ecirc;te des v&amp;eacute;n&amp;eacute;rables a&amp;icirc;n&amp;eacute;s de tout un pan du rock ind&amp;eacute;pendant (principalement am&amp;eacute;ricain).

Moins consid&amp;eacute;r&amp;eacute;s en France que certains de leurs contemporains, les Violent Femmes sont trop souvent r&amp;eacute;sum&amp;eacute;s sous nos latitudes &amp;agrave; une influence majeure de Louise Attaque - dont Gordon Gano a &amp;eacute;t&amp;eacute; le producteur. Avec tout le respect que l'on doit au groupe de Ga&amp;euml;tan Roussel et si l'on ne peut nier l'importance au moins commerciale de Louise Attaque dans le paysage rock fran&amp;ccedil;ais, c'est tout de m&amp;ecirc;me un rien r&amp;eacute;ducteur. Parmi d'autres citations notables, on retient des apparitions r&amp;eacute;currentes dans la s&amp;eacute;rie &amp;quot;How I Met Your Mother&amp;quot; o&amp;ugrave; deux personnages font de &lt;em&gt;Good Feeling&lt;/em&gt; la chanson officielle de leur couple. Enfin le titre &lt;em&gt;Gone Daddy Gone&lt;/em&gt; est en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral plus connu chez nous dans la version electro-soul des Gnarls Barkley. Bref, si le groupe est fr&amp;eacute;quemment cit&amp;eacute;, son legs semble dissous dans un mainstream un rien ti&amp;eacute;dasse. Il faut peut-&amp;ecirc;tre y voir la cons&amp;eacute;quence d'une discographie tr&amp;egrave;s in&amp;eacute;gale et surtout en baisse quasi-constante depuis leur premier album platin&amp;eacute; et canonis&amp;eacute;. L'&amp;eacute;coute de ce mythique premier essai peut donner d'autres pistes d'explication : se pourrait-il que m&amp;ecirc;me ce manifeste ait &amp;eacute;t&amp;eacute; un rien surestim&amp;eacute; ? 

Premi&amp;egrave;re observation : le son para&amp;icirc;t &amp;eacute;triqu&amp;eacute;, sans ampleur, la faute peut-&amp;ecirc;tre &amp;agrave; un pressage CD de m&amp;eacute;diocre qualit&amp;eacute;, peut-&amp;ecirc;tre &amp;eacute;galement &amp;agrave; une production dans les standards college-rock de l'&amp;eacute;poque, avec un accent marqu&amp;eacute; sur les aigus et des basses peu pr&amp;eacute;sentes (malgr&amp;eacute; l'activit&amp;eacute; effr&amp;eacute;n&amp;eacute;e de Brian Ritchie, les lignes de basse sont en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral marqu&amp;eacute;es par un son sec, plus claquant que rond). Apr&amp;egrave;s tout, on retrouve certainement ici le son des eighties, c'est &amp;ccedil;a - et l'on peut ressentir des impressions similaires &amp;agrave; l'&amp;eacute;coute des disques de H&amp;uuml;sker D&amp;uuml; ou des Replacements.

Le style ensuite : les Violent Femmes ont souvent &amp;eacute;t&amp;eacute; consid&amp;eacute;r&amp;eacute;s comme les parangons d'un style qu'ils ont d&amp;eacute;fini &amp;agrave; eux seuls, un m&amp;eacute;lange de folk et de rage issue du punk. Punk, cet album l'est bien plus dans l'esprit que dans la lettre, bien plus dans son approche brute de d&amp;eacute;coffrage, souvent approximative et brouillonne (&amp;eacute;couter par exemple le passage final de &lt;em&gt;Add It Up&lt;/em&gt;) que dans la composition. Les chansons des Femmes sont rythm&amp;eacute;es, &amp;eacute;nergiques mais n'ont en rien la violence caract&amp;eacute;ristique du punk. En revanche, cette sobri&amp;eacute;t&amp;eacute; dans l'habillage musical, cette &amp;eacute;conomie de moyens sensible dans la production, cette nervosit&amp;eacute; dans l'interpr&amp;eacute;tation donnent &amp;agrave; l'album un sentiment d'urgence qui d&amp;eacute;rive bien de l'esprit punk. Cl&amp;eacute; de voute de cet &amp;eacute;difice, la voix de Gordon Gano, nasillarde, un peu pinc&amp;eacute;e, crisp&amp;eacute;e par moments, contribue &amp;agrave; l'impression artisanale que le disque renvoie, avec parfois d'&amp;eacute;tranges accents de Talking Heads qui auraient d&amp;eacute;laiss&amp;eacute; la ville. M&amp;ecirc;me si le style pratiqu&amp;eacute; et l'esprit en sont tr&amp;egrave;s &amp;eacute;loign&amp;eacute;s, on pense aussi au Velvet, r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence ind&amp;eacute;passable des pr&amp;ecirc;cheurs du &amp;quot;Do It Yourself&amp;quot;.

A l'arriv&amp;eacute;e, que reste-t-il des Violent Femmes ? Ce premier album demeure globalement un excellent disque, c'est ind&amp;eacute;niable, marqu&amp;eacute; par un niveau d'&amp;eacute;criture rare. Pourtant on h&amp;eacute;siterait avant de le r&amp;eacute;pertorier parmi les rares classiques des ann&amp;eacute;es 80 ; malgr&amp;eacute; ses qualit&amp;eacute;s, avec pr&amp;egrave;s de 30 ans de recul, il ressemble plut&amp;ocirc;t un coup d'&amp;eacute;clat isol&amp;eacute;, loin de jouir d'une descendance aussi riche que les &amp;oelig;uvres d'autres grands noms du rock ind&amp;eacute;pendant am&amp;eacute;ricain de l'&amp;eacute;poque, de Sonic Youth &amp;agrave; R.E.M. en passant par H&amp;uuml;sker D&amp;uuml; ou les Replacements.</description></item><item><title>Dead Skeletons - Dead Magick</title><link>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3797</link><guid>http://www.indiepoprock.fr/review.php?id=3797</guid><pubDate>Sat, 11 Feb 2012</pubDate><description>&amp;quot;Dead&amp;nbsp; Magick&amp;quot;, le premier album de Dead Skeletons, n'a pas grand chose en commun avec ce que l'on a pris l'habitude de voir d&amp;eacute;barquer de la lointaine Reykjavik depuis une vingtaine d'ann&amp;eacute;es. A la mani&amp;egrave;re de son voisin su&amp;eacute;dois, l'Islande s'est en effet invit&amp;eacute; &amp;agrave; la table des nations majeures de l'indie depuis l'apparition des Sugarcubes d'une certaine Bj&amp;ouml;rk Gu&amp;eth;mundsd&amp;oacute;ttir &amp;agrave; la fin des ann&amp;eacute;es 80. Depuis, les Sigur Ros, FM Belfast, Seabear, Gus Gus et autre Hjaltalin ont permis &amp;agrave; l'Islande d'exister sur l'&amp;eacute;chiquier mondial autrement que par la s&amp;eacute;v&amp;egrave;re crise &amp;eacute;conomique qui a frapp&amp;eacute;e le pays en 2008 ou par l'existence d'un volcan au nom impronon&amp;ccedil;able dont le nom &amp;eacute;tait sur toutes le l&amp;egrave;vres (en tout cas tentait de l'&amp;ecirc;tre) suite &amp;agrave; son &amp;eacute;ruption et &amp;agrave; la paralysie de l'espace a&amp;eacute;rien.

Contrairement &amp;agrave; leurs illustres pr&amp;eacute;d&amp;eacute;cesseurs pass&amp;eacute;s ma&amp;icirc;tres dans l'art de pousser la &amp;laquo;&amp;nbsp;pop&amp;nbsp;&amp;raquo; dans ses derniers retranchements, les Dead Skeletons ont choisi une voie plus &amp;laquo;&amp;nbsp;classique&amp;nbsp;&amp;raquo;, plus rock, plus sombre aussi. Du rock &amp;agrave; guitares, noir et psych&amp;eacute;d&amp;eacute;lique, tr&amp;egrave;s proche de ce qui est apparu en Allemagne &amp;agrave; la fin des ann&amp;eacute;es 60 et que l'on a appel&amp;eacute; krautrock. L'album se d&amp;eacute;coupe en 2 parties distinctes compos&amp;eacute;es de 6 titres chacune et d'une moyenne de 5 minutes par titre. Il est donc bien ici question de rock progressif, d'ambiances atmosph&amp;eacute;riques, &amp;agrave; l'image des presque 9 minutes de l'introductif &lt;em&gt;Dead Mantra&lt;/em&gt;, sorte de transe chamanique &amp;eacute;voquant &amp;agrave; la fois les Cramps, Suicide ou bien Spacemen 3.

Contrairement &amp;agrave; ce que pourrait, peut-&amp;ecirc;tre, laisser croire ces r&amp;eacute;f&amp;eacute;rences, l'album est assez facile d'acc&amp;egrave;s et comporte une ribambelle de titres accrocheurs, fonctionnant &amp;agrave; plein gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; leurs rythmes r&amp;eacute;p&amp;eacute;titifs et accrocheurs (&lt;em&gt;Om Mani Peme Hung&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; &lt;em&gt;Kingdom of God&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; &lt;em&gt;When The Sun Comes Up&lt;/em&gt;). La premi&amp;egrave;re partie de l'album, plus rock psych&amp;eacute;, fait place &amp;agrave; une deuxi&amp;egrave;me partie tout aussi mystique mais &amp;eacute;voluant dans un registre &amp;eacute;voquant plut&amp;ocirc;t la noirceur du post-punk et de la cold-wave.

Bref une franche r&amp;eacute;ussite que l'on doit &amp;agrave; ce trio d&amp;eacute;couvert par un certain Anton Newcombe (t&amp;ecirc;te pensante et &amp;agrave; claques de Brian Jonestown Massacre) qui les a fait signer sur son label  apr&amp;egrave;s avoir collabor&amp;eacute; &amp;agrave; leur premier EP.</description></item></channel></rss>
