Interview de AaRON

AaRON

Deux semaines après la sortie de leur premier album, brève rencontre avec AaROn, duo parisien à la carrière des plus prometteuses. Forts du succès de leur chanson U-Turn (Lili), ils s’apprêtent à sillonner les routes de l’Hexagone pour faire découvrir leur univers insolite où musique rime avec esthétique et où le cinéma est un invité de choix. 

Vous venez de milieux différents (la musique pour Olivier et le cinéma pour Simon), comment a eu lieu la rencontre?
Olivier
: On s’est rencontré il y a deux ans. Je faisais de la musique avec une amie qui a d’ailleurs réalisé notre pochette et notre clip (Vanessa Filho). Elle chantait en anglais et avait besoin d’un peu d’aide pour corriger les textes ; Simon l’aidait. Et un jour Simon est venu chez moi pour voir comment se passait l’enregistrement parce que j’ai un home studio.
Simon : Et c’est là que Vanessa m’a tendu un petit piège car elle savait que je voulais chanter mais j’osais pas le dire. Du coup elle a fait semblant de ne pas arriver à faire une ligne mélodique et elle m’a dit : ‘’tiens, vas-y fais-le!’’ Finalement je me suis retrouvé devant le micro, j’ai chanté et apparemment ma voix a plu à Olivier, on s’est dit que ce serait sympa de bosser ensemble. On s’est revu un mois après et on a directement fait un morceau: Endless Song, c’est le morceau qui ouvre l’album. À partir de là on s’est dit: ‘’on va continuer, on aime bien ce qu’on fait‘’.
 
Tu faisais quoi dans la musique avant?
Olivier
: j’ai joué dans divers groupes de rock, dont Mass Hysteria.

On sent un lien assez fort avec le cinéma, il y a par exemple ce titre qui s’appelle Lost Highway, hommage à David Lynch?
Simon
: Ce n’est pas directement lié mais ce n’est pas par hasard non plus, parce que c’est un film qui nous a marqué tous les deux. Après, le lien avec le cinéma… La musique doit être cinématographique dans le sens où on voit beaucoup d’images quand on compose. C’est très associé à des routes. J’ai l’obsession des routes qui défilent, je trouve ça magnifique. Symboliquement j’ai toujours adoré les routes. On avait envie que les gens aient des sensations, des émotions assez visuelles. Lorsqu’on a fait écouter notre musique à nos amis, le premier retour qu’on a eu c’était : on voit des images, ça me rappelle ça, ça me fait penser à ça… c’était gagné. C’est peut-être là le rapport avec le cinéma. Mais dans la construction des chansons il n’y a pas de lien direct avec la construction d’un scénario. 
 
Et comme ça votre chanson U-Turn (Lili) s’est retrouvée sur la BO d’un film (Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret)…

Simon : En fait, c’est grâce à Mélanie Laurent que je connais et qui m’a proposé d’abord pour un rôle pour Philippe (Lioret) car elle trouvait que je correspondais à un des personnages. Puis elle a écouté ce qu’on faisait et elle m’a reparlé du projet. On lui a donné notre feu vert pour en parler à Philippe. Il nous a rappelé le lendemain, on lui a passé une maquette, ça lui a plu et l’histoire a commencé comme ça. Mais c’était assez magique, c’est sûr, ça n’arrive pas tous les jours.
 
Vos paroles sont écrites en anglais, quels sont les sujets abordés dans vos chansons?
Simon
: c’est moi qui les écris, tout seul.. Ça parle de tout ce qui se passe dans la tête d’un mec entre 20 et 25 ans à peu près puisque c’est mon âge. Ça parle du ressenti de la vie, des histoires d’amour, tout ça…
 
Il y a une seule chanson en français, pourquoi celle là?
Parce qu’on l’avait faite et qu’elle avait une place dans l’album.
 
Comment vous situez-vous dans le paysage musical français?
Simon
: On ne se situe pas trop. On laisse ça aux journalistes ou je sais pas comment on dit … aux historiens, enfin les gens qui travaillent là-dessus.
Olivier : On se fait juste plaisir.
 
En écoutant l’album on pense à Coldplay, Idaho, Radiohead aussi. C’est un hasard ou avez-vous réellement été influencés par ces groupes?
Simon
: On n’a pas un style musical bien précis, je suis incapable de te dire quel style de musique on fait. Après, forcément on écoute énormément de styles de musiques différents, Olivier et moi. Mais quand on écoute l’album, entre Strange fruit et Blow il y a deux extrêmes. on s’est jamais dit qu’on voulait faire un album pop ou rock ou electro ou … Après ça se ressent sur certains morceaux mais ce sont des influences indirectes.
 
Parlons de la reprise de Strange Fruit justement. Pourquoi ce choix? Et avez-vous été inspirés par la version de Jeff Buckley?
Simon
: Jeff Buckley a fait une version de ce titre? C’est génial ce que tu dis, j’avais jamais entendu, où est ce qu’on peut trouver ça? On a choisi la chanson par rapport à Billie Holiday tout simplement. C’est très beau.
 
À l’écoute de l’album, on a l’impression que plus on avance et plus les titres sont dépouillés. Est-ce voulu ?
Simon
: Non. C’est une histoire qu’on raconte alors après il y a des moments dépouillés et des moments plus chargés. Peut-être qu’inconsciemment on avait envie de dépouiller de plus en plus certaines choses pour laisser place à d’autres choses mais ça n’a pas été réfléchi.
 
En ce moment, vous faites pas mal de showcase FNAC mais vous allez bientôt débuter une tournée dans toute la France. Allez-vous être tous les deux sur scène ou allez-vous faire appel à d’autres musiciens?
Olivier
: Sur scène on sera trois, avec une violoncelliste.
Simon : On a envie de garder un coté intime et puis ça fonctionne très bien comme ça.
Olivier : De toute façon, la base du morceau est dépouillée. Ça part souvent d’un piano. Le reste c’est juste pour rendre les choses éventuellement plus belles mais la base du morceau est là. Donc oui, ça peut fonctionner avec juste un instrument.
Simon : Et puis c’est intéressant que la chanson reste vivante. On ne fait pas pareil que sur l’album, on joue une autre version pour s’amuser aussi.
 

Crédit Photos: Maddy Julien

Kim
Chroniqueur
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