Interview de Champs

Votre précédent album « Down Like Gold » est sorti au début de l’année 2014. Votre nouvel album « Vamala » est sorti le 23 février. Vous étiez impatients de sortir un nouvel album ?

David : Nous nous sommes rendus compte que l’attention portée aux groupes est plutôt courte ces temps-ci, à moins de rester assez branché pour la retenir. Nous nous sommes donc dit que le meilleur moyen d’y parvenir était de continuer à sortir de la musique.

Michael : Nous avions tous les morceaux prêts et emballés. Pour ce second album, beaucoup ont été écrits avant le premier album donc nous étions prêts de toute façon.

D : Si tu continues à sortir de bons albums, on ne peut pas t’ignorer bien longtemps. C’est facile d’ignorer un groupe qui a fait juste un bon album puis disparaît progressivement jusqu’à ce qu’on l’oublie. Les gens continueront à te suivre si tu continues à bosser.

 

 

Est-ce que ça veut dire que vous avez déjà des morceaux pour un troisième album ?

M : Oui, une quinzaine environ. Nous voulons vraiment le commencer dès que possible. J’aime être en studio.

 

Pouvez-nous nous parler de l’histoire de l’album « Vamala » ?

M : Beaucoup de démos nous y ont mené.

D : Quelques titres sont assez récents, comme Forever Be Upstanding At The Door. Quelques semaines avant d’aller au studio, nous avons commencé à le jouer en live. Nous nous sommes améliorés à le jouer. C’est le premier morceau que nous avons joué en studio et nous l’avons enregistré en une prise.

Puis quand le producteur a demandé quel morceau nous voulions jouer ensuite, nous avons choisi et l’avons enregistré.

Certains titres avaient quelques années, d’autres quelques semaines.

M : Nous avons rencontré une dizaine de producteurs pour l’album. Dimitri, qui l’a produit, nous paraissait être la bonne personne.

D : Il est tombé amoureux des démos. Il voulait travailler dessus.

 

Comme vous avez écrit beaucoup de morceaux, comment avez-vous fait une sélection ?

D : Dimitri a beaucoup aidé. C’est assez compliqué. Tu perds les choses de vue quand tu es trop impliqué. Ça aide d’avoir quelqu’un qui a bonne vision de la pop et qui peut dire si un morceau est assez puissant ou non.

Nous avons passé une journée à faire le choix avant d’arriver aux 12 titres que nous voulions avoir.

 

 

Vous auriez fait les mauvais choix ?

M : C’est toujours subjectif. On ne sait jamais quelle opinion est plus valide. Quand ce sont tes propres chansons, c’est très difficile. C’est bien que quelqu’un nous dise quand ça ne marche pas.

 

Vous avez enregistré votre album « Down Like Gold » sur l’Île de Wight. « Vamala » a été enregistré à Londres. Comment cela a joué sur le processus d’enregistrement ?

M : Le second enregistrement a clairement été un peu plus énorme dans la mesure où sur l’Île de Wight, nous rentrions chez nous tous les soirs. Ça nous paraissait normal. Quand nous allions au studio, rien ne changeait vraiment de ce que nous faisions et c’était un peu plus saccadé. Alors qu’à Londres, c’était vraiment 2 semaines loin de chez nous, à être vraiment concentrés.

D : Ça s’est passé au milieu d’une vague de chaleur pendant l’été, presque 30 degrés pendant la journée. C’était assez irréel.

M : Le premier album a été enregistré dans un château d’eau de l’époque victorienne. C’était spartiate, peut-être pas aussi bien enregistré techniquement, un peu plus lo-fi. Alors qu’à Londres, nous avions plus d’équipements et une meilleure pièce de prise de son.

 

Le changement de lieu a changé l’ambiance de l’album ?

D : Il y a eu beaucoup d’énergie dans le processus d’enregistrement. Il n’y a pas eu de journées mélancoliques. C’était énergique et assez fun. L’atmosphère de la ville y est pour beaucoup.

M : C’est pourquoi ce second album est plus pop.

 

Vous avez exploré beaucoup de genres différents sur l’album : du folk, des balades, de la pop, des morceaux plus électroniques. Vous vouliez tester de nouveaux sons ?

D : Nous essayons toujours de faire quelque chose de frais. Les gens s’enferment trop à faire des albums qui n’ont qu’un seul style en pensant que c’est une bonne chose. Je ne pense pas que ça donne forcément quelque chose de bien parce que c’est cohérent. C’est bien qu’il y ait de la dynamique et différents changements. C’est plus intéressant quand ça monte et ça descend beaucoup.

M : Beaucoup de mes albums préférés ont ce genre de chansons avec beaucoup de tempo suivies de moments délicats.

D : Il n’y a jamais eu de discussion consciente de « faisons un morceau électronique ». Nous partons d’une démo qui commence presque toujours de la même façon avec de la guitare acoustique. Et puis elle prend sa propre direction en studio. Ce n’est pas prémédité.

M : Nous faisons ce qui est le mieux pour les chansons et non pas ce qui est le mieux pour l’album.

 

Ça se passe bien de travailler entre frères ?

M : C’est simple.

D : C’est facile parce que nous avons grandi ensemble. Nous allons toujours dans la même direction. La plupart des groupes sont constitués d’amis qui écoutent la même chose au même moment. Mais en regardant en arrière, ils viennent de directions différentes et peuvent à nouveau s’en éloigner et reprendre leurs chemins. Comme nous venons du même endroit, nous voulons toujours aller dans la même direction. Nous écoutons la même chose. Nous avons les mêmes valeurs créatives.

 

Desire est le premier single issu de « Vamala ». Il me fait penser à un morceau qui aurait pu être écrit par Florence + The Machine.

D : Cool.

M : Carrément. J’ai écouté son dernier morceau What Kind Of Man et il est incroyable.

 

Desire a son clip. Que vouliez-vous exprimer dans cette vidéo ?

M : Nous avons toujours pensé à des danseurs de ballets. Nous voulions que la vidéo soit un peu plus expérimentale.

D : Les gris, l’argent, le noir et blanc, c’est ce qui me vient à l’esprit quand j’écoute cette chanson. Alors que Vamalla est une chanson plus colorée.

M : Nous venons d’ailleurs de tourner le clip de Vamalla ce week-end.

 

 

Vous avez travaillé avec Dimitri Tikovoi (Placebo, Goldfrapp, Sophie Ellis-Bextor) qui est français. C’est comment de travailler avec un français ?

M : Au début nous étions un peu nerveux, il semblait s’en foutre totalement. Mais en fait c’est l’un des mecs les plus cools jamais rencontrés. Il est intelligent et c’est tellement bien de travailler avec lui.

D : Il a rendu tout simple. Il ne suranalyse pas les choses. Il agit à l’impulsion et à l’instinct. Il ne pensait pas consciemment à comment nous devions travailler ça ou ça, il essaie juste. Si ça marche, tant mieux, sinon tant pis. Il est très proactif.

Ce qui est génial, c’est que dès que tu as une idée, tu lui expliques et il te répond « ah tu veux dire ça ? » et il te la réalise. Il a vraiment une compréhension naturelle de ce vers quoi tu veux aller et il est juste à chaque fois.

M : C’est aussi un excellent musicien. Il joue de la batterie sur l’album.

 

Vous êtes actuellement en tournée. Comment ça se passe ?

D : Nous avons déjà fait le show de plusieurs manières différentes. Du coup, on ne stresse plus. Nous sommes sortis de notre zone de confort tellement de fois que nous nous sentons en confiance. C’est la première tournée où nous sommes l’acte principal.

Je pense que le côté frérot peut paraître un peu kitsch mais c’est vrai qu’on peut vraiment sentir ce que l’autre va faire. Ça paraît ridicule mais j’arrive à savoir si Mike va changer les paroles ou modifier la musique.

M : Nous aimons jouer en live autant que possible maintenant et pouvoir pousser le show jusqu’à le rendre de mieux en mieux.

 

Vous êtes impatients de jouer à la Boule Noire ce soir ?

D : Oui. Vraiment. Nous avons quelques amis d’Angleterre qui vont venir. Il va y avoir un peu d’Île de Wight dans Paris.

M : Tout le monde aime Paris donc n’importe quelle excuse est bonne pour dire « Je viens ! Je viens ! Je viens ! »

 

Quels sont vos projets pour le reste de cette année 2015 ? Des festivals ?

D : Nous voulons en faire autant que possible. Au Royaume-Uni c’est compliqué parce qu’il y a tellement de groupes.

M : Beaucoup de festivals veulent tous les mêmes groupes qui ont la même hype. Nous serons peut-être dans des festivals plus petits. Nous voulons jouer devant le plus de gens possibles pour qu’ils parlent de nous et passent le mot d’une manière organique.

 

De nouveaux morceaux à venir ?

M : J’aimerais sortir un EP à côté de l’album pour garder l’attention du public et aussi pour continuer à nous améliorer. Nous voulons continuer à faire de mieux en mieux.

D : Cette année est chargée. Nous ne voulons pas nous reposer sur nos lauriers.

 

L’album « Vamala » est sorti le 23 février 2015 sur le label PIAS.

Interview réalisée le 4 mars 2015.

Remerciements : David, Michael, Claire.

Chroniqueur
  • Date de l'interview 332 vues
  • Tags Champs
  • Partagez cet article
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment