Interview de Cotton Claw

Interview de Cotton Claw

Donc pour débuter, la question habituelle, c’est quoi Cotton Claw ?

Alors, Cotton Claw c’est un groupe formé de 4 compositeurs, c’est un projet que j’ai monté en 2012. L’idée principale était qu’on voulait tout jouer en live, c’est à dire qu’on ne joue pas par dessus des séquence. À 4 on peut avoir un truc riche sans séquences. Et on voulait une ligne artistique qui soit en dehors de ce qu’on développe avec nos projets solos. Donc on a gommé les influences Hip Hop de nos projets pour aller vers un truc plus club avec des synthés etc… c’est pas de la techno boum boum mais c’est un truc un peu plus rentre dedans. À 4 il y a une émulsion qui se crée, c’est très intéressant, on a un rapport à la création qui est complètement différent.

 

Vous avez une conception de l’électro assez singulière, vous voulez tout jouer comme si vous étiez un groupe « traditionnel ». D’où vous vient cette volonté ?

Fondamentalement, jouer sur des séquences, ça ne nous gêne pas parce que c’est ce qu’on fait dans nos projets solos. Mais là dans Cotton Claw y’a vraiment un truc ou chacun produit, on est tous compositeurs, musiciens et du coup cette énergie de groupe c’est un peu un truc qui se perd dans le milieu de l’électro, et du coup nous on trouvait ça excitant de faire un vrai groupe mais juste en jouant avec des pads, des controleurs, des mpc etc…Donc on a réadapté des parties pour pouvoir tout faire en live et voilà.

 

Quand vous composez, vous pensez directement à ce que ça va donner en live ? 

On a sorti deux trucs. « Dusted » en 2014 où on a travaillé le live avant le disque, parce qu’on pouvait faire une présentation du projet, et après les adapter pour le disque. En revanche, « Volutes » on l’a vraiment travaillé pour le disque tout en sachant qu’on réarrangerait tout pour le live. En fait on voulait pas que nos concerts soient juste un moment pour écouter nos CD plus fort !

 

Vous êtes des Beatmakers, mais on ne ressent pas forcément directement d’influence Hip-Hop du style Jay Dee, du coup à quel artiste vous vous identifiez plutôt ?

Des fois, y a des artistes qu’on connait pas du tout personnellement et qui ne nous ont pas influencés mais qui font des choses assez similaires. Je pense à un mec comme Lone qui a sorti des trucs sur RNS. Il fait des trucs vraiment house, mais c’est même plus franc que nous. On peut aussi aller vers des trucs à la Dorian concept par exemple.

 

Moi ce que j’aime dans vos morceaux c’est la structure rythmique, je trouve qu’il y a même un peu de groove des fois, vous arrivez à nous faire bouger avec des trucs dissonants (je pense notamment à Leaps and Bounds), comment vous faites ? 

Je pense qu’il y a un paradoxe parce que comme je t’ai dit on a gommé les influences de nos projets solos, on a accéléré le BPM. Je pense que paradoxalement le groove qu’on a vient de ce qu’il reste de notre background hip hop.

 

Moi ça me choquerait pas qu’un rappeur vienne poser quelque chose sur vos sons.

Ouais je pense que c’est dans nos gènes de toute façon. (rires) On oublie jamais ce qu’on a fait avant. En fait « Dusted » c’était vraiment un premier jet, y a des morceaux qu’on jouera plus. C’était vraiment une première pierre pour voir ce qu’on voulait garder pour Cotton Claw, on voulait trouver l’essence de Cotton Claw. Pour nous « Volutes » représente plus ce qu’on a envie de faire maintenant.

 

Le son de vos synthés est primordial, c’est un peu votre identité. Comment vous les avez trouvés, qu’est ce que vous recherchiez dans ces sons ?

Nous on aime quand il y a une certaine chaleur dans le son, on veut quelque chose de vivant. On bosse sur des synthés analogiques. On va chercher des trucs qui ont une texture, après ça reste propre à chacun, y a des textures qui nous touchent plus que d’autres. En général c’est des trucs assez granuleux avec des vibrations, des oscillations. On a des synhtés qu’on kiffe comme un guitariste va kiffer jouer sur une strato ou autres….

 

Je crois qu’il y a de la voix sur seulement 1 morceau (Time Trial), vous aimez pas trop ça ?

Je pense que les petits éléments voix qu’il y a dans l’album suffisent. Il y a un ou deux tracks où on savait qu’il manquait quelque chose, on voulait un truc plus incarné. Après sur Time Trial la voix est plus présente c’est vrai. En fait pour nous c’est un des trucs les plus durs à travailler, on peut vite tomber dans des choses qu’on veut pas. Donc c’est vraiment délicat. Par contre plusieurs fois en composant on a eu envie de collaborer avec quelqu’un, on l’exclut pas.

 

Vous avez des noms en tête ?

Y en a plein évidemment. Après, ce serait toujours un kiff de bosser avec Chet Faker… Après on a deux trois pistes de chanteuses anglaises qui ont vraiment un grain. Mais là pour l’instant on avait vraiment envie de garder un truc instrumental, on verra pour la suite.

 

On peut faire une petite playlist maintenant ?

  • Le son que vous kiffez mettre à fond dans le tour-bus ?

Y en a plus d’un ! Mais bon je vais faire plaisir à Zo et je vais dire le dernier album de Flako, c’est un mec qu’on suit et qu’on aime bien.

 

  • Un son qui vous suit depuis très longtemps mais que vous prenez toujours autant de plaisir à écouter.

Peut-être des vieux trucs de soul, des vieux Stevie Wonder. On est loin de Cotton Claw mais bon. (rires)

 

  • Le son que vous préférez jouer en live.

Je pense que là dessus on doit pas avoir la même réponse tous les 4. Là on vient de faire entrer Outrun dans la setlist donc y a des passages très cools. Y a Grainy aussi que j’aime beaucoup en live.

 

  • Le son du moment que je ne peux pas rater.

C’est un truc pas super super récent mais moi j’ai découvert y a pas longtemps donc je l’écoute pas mal en ce moment. C’est Taylor McFerrin, c’est le fils de Bobby McFerrin qui chantait Don’t Worry Be Happy. Et en fait il a sorti son album sur Brainfeeder et je l’avais raté et un jour sur une date Yoggy nous a fait écouter et j’ai vraiment adoré. C’est trop classe, et puis c’est assez facile à écouter.

 

Merci, et pour finir cette interview, c’est quoi la suite pour Cotton Claw ?

Là on va bosser à fond le live, la scénographie. On veut un travail sur les lumières, on travaille sur des nouveaux morceaux dans la setlist. Pendant l’été on va faire un petit break et après on repart !

 

Leur album Volutes est disponible chez Cascade Records.

Interview réalisée le 3 juillet 2015.

Chroniqueur
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