Interview de Dornik

Tu as ouvert la deuxième journée du Pitchfork Music Festival. Comment t’es-tu senti ?

Vraiment bien. J’adore ce festival. J’ai été très heureux d’y participer.

J’étais très excité. J’étais aussi un peu nerveux mais l’excitation a pris le dessus.

 

Tu avais déjà participé à d’autres festivals ?

J’en ai fait quelques un : le Glastonbury Festival cet été, le Wild Life. C’est cool de tourner en Europe et d’être ici à Paris.

 

 

Comment as-tu commencé à faire de la musique ?

La musique a toujours fait partie de mon enfance et de ma famille. J’ai joué de la batterie dans une église pendant des années. J’ai pu faire des concerts. J’ai pu jouer du rock, du jazz, etc. Tout ce qui pouvait se jouer à la batterie.

J’ai eu un groupe avec mon cousin et quelques amis avec lequel nous avons fait quelques concerts. Nous nous appelions « The Truth Movement ».

Quelques années plus tard, j’ai rencontré Jessie Ware.

 

À quelle occasion ?

Je l’ai rencontrée par l’un de mes amis qui jouait déjà avec elle. Elle avait besoin d’un batteur. J’ai donc été recommandé. J’ai appris les morceaux, participé aux répétitions et joué de la batterie. Elle a adoré. En quelques jours, elle m’a demandé si je faisais autre chose que juste jouer de la batterie. Je lui ai dit que je produisais aussi. Elle m’a demandé de lui envoyer quelques démos. Elle a adoré et tout a commencé de là.

 

Tu as fait beaucoup de tournées avec Jessie Ware. Qu’as-tu appris ?

J’ai appris comment vivre sur la route d’une tournée, j’ai pu voir comment elle travaille et comment elle gère les choses. Elle est comme une grande sœur pour moi.

 

Quand as-tu décidé de démarrer ton projet en solo ?

J’ai fait une tournée avec Jessie Ware qui a presque duré 2 ans. Pendant de la tournée, j’ai commencé à construire mon album. J’avais quelques démos qui traînaient ça et là. J’avais juste besoin de les transformer en morceaux finis.

Quand les concerts se terminaient, je retournais dans ma chambre d’hôtel pour y travailler.

 

 

Pour ton premier album éponyme « Dornik », tu t’es entouré de Andrew « Pop » Wansel pour la production et de Russell Elevado pour le mixage. Ils ont tous les 2 travaillé avec de grandes stars de la pop. Comment c’était de travailler avec eux ?

Je suis un grand fan de Pop Wansel et de Russ Elevado. Quand mon manager m’a proposé de travailler avec eux, j’ai dit oui de suite.

J’ai produit 3 morceaux de l’album avec Pop. C’était vraiment génial de travailler avec lui.

Mixer l’album avec Russell a aussi été une expérience incroyable. J’ai beaucoup appris en le regardant travailler.

 

Tu n’étais pas trop nerveux de bosser avec eux pour ton premier album ?

Ce qui était amusant c’est que j’avais déjà rencontré Russ un an avant le mixage de l’album.

J’avais un jour de congé à New-York avec mon père et un ami à lui, Pino Palladino. Il est bassiste et jouait pour D’Angelo. Il nous a donc amenés au studio où il y avait D’Angelo et Russ (Elevado). C’est assez amusant qu’un an plus tard, ce soit ce même Russ qui mixe mon album.

 

Où puises-tu tes influences ?

J’ai grandi avec beaucoup de funk old school. J’aime la soul, Michael Jackson, Prince, D’Angelo, The Roots, Erykah Badu. J’aime aussi beaucoup de reggae comme Dennis Brown, Bob Marley, Steel Pulse.

Je pourrais citer des noms indéfiniment.

 

 

On compare souvent ta voix à celle de Michael Jackson. Ça te fait quoi ?

C’est un peu flippant. Il est le King. C’est le meilleur. J’étais obsédé par lui quand j’étais plus jeune et je pense que c’est le cas de beaucoup de gens.

C’est peut-être le cas parce que j’écoute encore beaucoup de ses morceaux. C’est évidemment un compliment. Et ça me donne envie de bosser encore plus dur, prouver que la comparaison n’est pas fortuite, et tracer aussi mon propre chemin.

 

Tu as fait des premières partie pour Kwabs et Rhye. Comment les as-tu rencontrés ?

J’ai rencontré Kwabs à un festival cet été. J’ai beaucoup entendu parler de lui. C’est vraiment un artiste génial et talentueux.

J’ai rencontré Rhye il y a quelques années dans des festivals où Jessie Ware jouait. Ils m’ont proposé de jouer en première partie de leur concert en Belgique et j’ai accepté.

Le public a super bien réagi. Ça m’inspire beaucoup et ça me donne envie de continuer.

 

Il y a beaucoup d’artistes émergents de la scène londonienne récemment : Kwabs, FKA twigs, Shura, Jungle, etc. Il se passe quelque chose de spécial dans cette ville ?

Il y a beaucoup de talents à Londres. C’est génial qu’on ait tous un peu de reconnaissance. Ça devient de plus en plus fort quand ça devient collectif.

Mon album est sorti au bon moment. Peut-être que tout devient plus ouvert.

 

C’est quoi la suite pour Dornik ?

Je vais travailler sur mon deuxième album bientôt. Je suis prêt à avancer. La plupart des chansons de cet album sont issues d’anciennes démos. J’ai envie de travailler sur quelque chose de nouveau.

Il y aura certainement quelques remixes à venir.

Je pars au Japon fin novembre. Je suis vraiment excité à l’idée de jouer là-bas.

 

 

L’album éponyme « Dornik » est sorti le 14 août 2015 sur le label PMR Records.

Interview réalisée le 30 octobre.
Remerciements : Dornik, Diane, Pauline.

Chroniqueur
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