Interview de eNola

Jean-Louis (chant – guitare), Renaud et Olivier (guitares) présentent « Figurines » (sortie le 12 mars), le nouvel album d’eNola, à travers cette interview réalisée lors de leur passage au Divan du Monde à Paris le 06 février.

Lorsque nous avions fait la première interview, c’était ici-même, il y a 10 mois alors que vous étiez encore autoproduit. Maintenant vous vous apprêtez à sortir votre premier album. Est-ce que vous n’êtes pas surpris par la rapidité de l’évolution d’eNola ?
Renaud : Si, on est surpris. Pour ma part, en tout cas, je suis surpris de l’évolution. Effectivement, ça va vite. Ceci dit, au moment où on a joué ici il y a dix mois en fait, c’était un concert important pour nous, puisque le label qui nous a signé nous suivait déjà depuis quelques temps et a pris sa décision de nous signer à la suite de ce concert. Mais c’est vrai que ça a été vite pour nous. Mais eNola, ce sont des musiciens qui ont un petit peu de passé. Ce n’est pas au bout de deux ans qu’on a signé comme ça.
Jan : On est conscient que ça a été vite, mais pas surpris quand même, parce que derrière, il y a énormément de travail, que ce soit individuellement ou même après dans le groupe. Le groupe, ça fait deux ans qu’il existe, donc quand tu nous a vu au Divan, il y a avait déjà plus d’un an de travail. On savait à peu près où on allait, on sait pourquoi on en est là. Maintenant c’est clair qu’il n’y a pas de recettes miracles, et même avec le travail, ça aurait pu mettre beaucoup plus de temps.
R : Je crois qu’il y a une part de chance, en particulier les rencontres que tu peux faire. On a la chance de bosser avec Ben (le manager d’eNola) qui fait ce boulot depuis quelques temps maintenant et qui connaît énormément de gens. C’est une histoire de rencontres, pas de hasard mais presque…

Pourquoi avoir choisi de signer chez Jaff ?
Olivier : Un label indépendant, c’est une forme de liberté pour nous déjà. Au niveau du travail, de l’enregistrement, du studio, on a fait vraiment ce que l’on a voulu. En plus on avait pas mal discuté ensemble avant et je pense qu’on était relativement sur la même longueur d’onde au niveau du travail de promo, comment développer un artiste, sachant que les gens de chez Jaff venaient de maisons de disques et connaissaient déjà un peu le milieu. En plus, derrière, il y a BMG pour la distribution.
R : En fait, ce qui s’est passé, c’est que Jaff est quasiment le premier contact qu’on ait eu au niveau des labels et après on a décidé de démarcher davantage, notamment après notre date au Divan du Monde. On a réussi à obtenir des rendez-vous avec des majors qui en ont déclenché d’autres. Puis après on était un petit peu dans l’attente, on ne savait pas trop ce qui allait se passer. C’est Jaff qui ont décidé de signer eNola les premiers. Par rapport aux rendez-vous que l’on avait eu avec les différentes majors, on s’est dit que c’est certainement ce qui pouvait nous arriver de mieux.

Ce label est connu pour avoir des groupes bruyants, est-ce que ça ne vous fait pas un petit peu peur d’avoir signé sur ce label justement ?
R : Oui et non. Oui dans le sens où c’est vrai qu’ils sont assez métal et nous pas trop. Non dans le sens où je pense que les gens qui achèteront l’album d’eNola ne connaissent pas forcément les autres groupes de Jaff. Même les majors, elles font aussi bien Sylvie Vartan que Slayer. C’est très diversifié, sauf qu’un label indépendant à beaucoup moins de groupes, c’est beaucoup plus réduit.
O : De toute façon, ils sont en train de s’ouvrir à d’autres musiques et artistes. Ils contactent un peu ailleurs. Ils vont sûrement sortir d’autres groupes moins métal.

Quelle a été l’ambiance durant l’enregistrement de ce premier album?
R : Terrible ! Incroyable ! L’enregistrement s’est fait à proximité du Mans, dans la région de La Flèche. Ça a duré un mois et demi, tout cumulé, Jean-Louis (chant, guitare) est resté là-bas un mois et demi, toute la durée, nous, on est venu chacun notre tour pour nos sessions, sauf celles des basses-batteries qui se sont faîtes en même temps. Puis après on est revenu chacun notre tour suivant les possibilités de chacun, pour la suite, pour le mix, etc. En fait, on a eu vachement de chance parce que l’ingé qui a enregistré, mixé, qui a fait tout l’album avec Jean-Louis, est quelqu’un avec qui on s’est entendu tout de suite. On voulait vraiment aller dans la même direction musicale donc on s’est accordé, il n’y avait vraiment aucun soucis.
O : Il a su bien nous diriger, c’était vraiment du bonheur.
J : On avait des influences vraiment similaires. C’est quelqu’un qu’on a rencontré un mois avant d’entrer en studio et qui nous a été présenté par Jaff, notre label. Dès la première rencontre, on avait l’impression de se connaître depuis quinze ans puisqu’on avait vraiment la même culture musicale, que ce soit les grosses références ou les petits groupes que l’on aime bien dénicher. Du coup, il y avait vraiment des affinités à tous les niveaux et ça s’est très bien passé.
R : Humainement aussi.

Lorsque vous êtes entrés en studio, toutes les compositions étaient-elles prêtes ? Ou y a-t-il eu des morceaux qui ont été créés lors de ses sessions?
J : Non, il n’y a rien qui a été ajouté, on avait un lot de compositions, on a fait le tri et…
O : Et on a tout gardé (rires).
J : en fait, sur les quinze environ, on en avait sélectionné douze, on voulait faire un album de dix ou onze pour ne pas faire un album trop long, puis on a été incapable de se décider. Il parait que c’est un défaut de beaucoup de groupes mais c’était aussi le cas pour l’ingé son, le label ou nous, on avait tous nos petits chouchous qu’on ne voulait pas éliminer donc, au final, il y a une heure de musique. En même temps, c’est quand même relativement correct pour les gens qui achètent un album. On a tout laissé et puis voilà.

Est-ce que vous reprenez des titres du premier EP autoproduit « Figure.1 » ?
J : Oui, on a repris « Dunes » et « Sentinelle », les deux titres qui étaient en français sur « Figure.1 ».

Est-ce qu’il y aura des titres en anglais sur « Figurines » ?
J : Non, tout est en français.

Votre premier EP sonnait très bien, est-ce que vous n’avez pas été tenté de produire vous-mêmes votre album « Figurines » ?
R : Non. Au départ, avec « Figure.1 », on voulait juste faire une démo 4 titres pour envoyer aux salles de concerts et aux programmateurs, pour décrocher des dates. On pensait faire un truc un petit peu à la va-vite, puis finalement, on l’a peaufiné un peu plus et donc il y a eu un résultat correct. Mais par rapport à l’enregistrement de l’album, on voulait avancer encore d’un pas pour sonner moins autoprod. C’est bien de faire les choses soit même mais par rapport à l’ingé qu’on a eu…
J : Il faut avoir les compétences techniques. Artistiquement, on sait à peu près ce qu’on veut, mais on ne connaît pas toujours les moyens pour y aboutir. L’ingé les connaissait tout à fait. Dès le départ, dès les prises de batterie, quand on a parlé de la couleur des morceaux, il voyait tout à fait ce qu’il fallait faire. Il y a avait toute une réflexion qu’on aurait été incapable de mener. Il nous manque une formation technique.
O : Il a beaucoup travaillé sur la prise du son, sur l’ambiance sonore du moment, la façon d’interpréter aussi de chacun. C’est encore un peu tôt pour nous.
R : Le fait de signer dans un label, c’était aussi l’occasion de faire produire l’album par quelqu’un.
J : Surtout que ça s’est vraiment fait en collaboration. Ce n’était pas quelqu’un qui était là dans le studio et qui a fait uniquement les prises et mixé…
O : Il avait son avis, c’était le sixième homme. Il y avait cinq musiciens, plus des gens qui se sont ajoutés, notamment les cordes, etc. Antoine, qui a fait le son, fait vraiment partie intégrante du groupe et nous a apporté son expérience d’ingénieur du son.

Quelles sont les différences au niveau de l’orientation musicale entre le premier EP et cet album ?
R : Au niveau de l’orientation musicale, c’est sensiblement la même. Ce qui change déjà, c’est l’interprétation. Il y a déjà un an et demi d’écart entre. On a répété trois fois par semaines, au moins dix heures par semaine pendant un an et demi, donc ça s’est ressenti déjà rien qu’aux prises de chaque musicien.
O : Les morceaux sont aussi vachement plus mûrs.
R : Avec l’année et demi qui s’est écoulée, on savait où on allait.

A propos du visuel des pochettes, « Figure.1 » représentait le corps d’un homme, sur la pochette de « Figurines », c’est le corps d’une femme, eNola est un prénom féminin, est-ce qu’il y a une démarche artistique délibérée ?
J: on essaye de jouer avec les ambiguïtés. S’il y a quelque chose qu’on essaye de faire dans eNola, c’est d’éviter à tous les niveaux le côté super-puissant. Dans la musique, par exemple, on évite d’avoir un trop gros son qui serait assez punchy, assez démonstratif et qui nuirait un petit peu aux émotions qu’on cherche à véhiculer par les morceaux. Pour le visuel, c’est un peu la même chose. Plutôt que d’essayer de véhiculer des images qui seraient plus pop/rock français, on essaye, notamment en jouant sur l’ambiguïté du prénom féminin, des dessins de femmes qui va y avoir sur la pochette, sur les affiches, sur les différents visuels, on essaye comme ça de jouer sur les ambiguïtés, au niveau des sexes mais même au niveau de tout le reste. Dans les textes, rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc. Chacun se fait un peu son petit film.

En quoi ce visuel est en rapport avec vos textes ?
R : Je ne crois pas qu’il y ait un lien direct. Je ne crois pas qu’on ait pris ce visuel par rapport aux textes.
J : Le visuel permet de jouer sur tous ces codes. Au niveau de la musique où il y a des trucs très très calmes, très doux, des trucs plus violents. Au niveau des textes, c’est pareil avec des choses qui peuvent être dites de façon relativement calmes et qui peuvent être relativement violentes en fait. Vice versa, avec des choses assez énervées et qui ne sont finalement pas si méchantes que ça. Tout joue là-dessus, sur ces opposés qui s’attirent et se rejettent sans arrêt, que ce soit la musique, les textes, le visuel. Puis après, il y a vraiment quelque chose de purement esthétique.
R : on aurait pu mettre une photo de femme, comme c’était l’idée de départ.
J : Ou même d’autres types de dessins. Ce sont des choses qu’on travaille avec le graphiste David Valy, avec qui on travaille depuis le début, qui a fait la pochette de « Figure.1 » et on cherche vraiment à avoir un visuel qui soit cohérent, avec ces couleurs un peu spéciales qu’on utilise tout le temps, avec ce type de trait pour les dessins, ces grands aplats de couleurs, il n’y a pas trop de nuances.
R : C’est dans la lignée aussi du site graphiquement, comme c’est la même personne qui a réalisé et la pochette et le site.

Quel est le contenu des textes de l’album ?
J : Ça ne change pas radicalement, vu qu’il y a déjà deux morceaux qui étaient sur « Figure.1 ». Globalement, l’atmosphère est identique. Ce sont des personnages qui se livrent, des personnages qui sont plus ou moins proches de nous. Des fois, c’est vraiment des sentiments qu’on peut ressentir, d’autres fois ce sont vraiment des rôles de compositions. Ce sont des gens qui livrent un peu leurs états d’âmes, des constats mais ça ne se veut jamais être des textes à messages, il y a jamais de mots d’ordre, de manipulations à l’usage des foules.
O : Ce sont des réflexions.
J : Chacun voit ce qu’il a envie de voir dans les textes. C’est pour ça qu’il y a un côté assez abstrait qui est volontaire pour que chacun puisse se faire son petit film, sa petite fiction avec les touches qu’il chope à droite à gauche. Il s’approprie le morceau une fois qu’il l’a écouté et il se fait son film. On n’a pas de message à délivrer.

Quelles sont vos influences autres que musicales ?
J : Que ce soit au niveau du cinéma, de la peinture, de l’architecture, il y a pas mal de trucs. On essaye de chercher à droite à gauche. C’est pour ça aussi que le graphisme qu’on utilise ressemble pas mal à du graphisme qu’on peut retrouver dans d’autres domaines artistiques actuellement. Ce n’est pas uniquement de la pochette de disque. Ça pourrait très bien être la couverture d’une revue de mode ou un artiste contemporain qui fait un truc complètement barré. On essaye vraiment de choper à droite et à gauche plein d’influences, pas uniquement musical. Personnellement, je suis assez friand de tout ce qui peut aussi véhiculer des émotions, laisser libre cours à l’imaginaire, comme ce que j’essaye de faire dans mes textes. J’aime bien rencontrer la même chose lorsque je visite un bâtiment ou un musée, j’aime bien ne pas comprendre au premier abord, je n’aime pas que l’artiste m’explique sa démarche. En fait, j’aime bien qu’il se livre comme ça et moi, j’y vois ce que je veux. C’est vrai que sur le site, on voit des gens qu’on apprécie, on s’est dit que c’était plus intéressant que d’écrire qu’on aimait bien faire du foot quand on était ados, qu’on est né tel mois. On s’est dit qu’on allait mettre des influences, des trucs qu’on aime, que ce soit au niveau artistique, mais c’est aussi des plats de cuisine. C’est tout ce qui nous a constitué en tant que personne. Il y a le côté biologique, ça c’est nos parents. Après, en tant que personne, c’est le côté culturel et c’est tout ce qu’on a chopé à droite à gauche. C’est un petit aperçu sur le site.

Est-ce que, parmi ces influences, certaines se ressentent vraiment dans la musique ou dans les textes ?
J : Non, il peut y avoir deux ou trois clins ?il mais j’évite parce que ce sont souvent des trucs qui ne sont pas décelés et ça fait un peu trop arty. Autant j’aime bien cultiver un certain flou pour que chacun puisse y mettre ses désirs, ses phobies, enfin tout ce qu’il veut, mais en même temps, j’aime bien aussi être compris. Je n’essaye pas du tout de faire un truc qui soit incompréhensible. Si je peux y glisser une petite référence de temps en temps parce que je trouve ça marrant, j’essaye de faire en sorte qu’elle soit comprise, sinon ça ne sert pas à grand-chose. Donc il n’y en a pas trop. Les textes se veulent très personnels, c’est à chaque fois une personne qui se livre. Ce sont des relations entre individus.
R : Je ressens plus les influences qu’on peut avoir au niveau musical. Jean-Louis parlait d’environnement culturel ; tout ce qu’on ressent chacun dans eNola, on le retranscrit volontairement ou pas dans la musique. La musique qu’on essaye de faire va davantage être axée sur l’émotion. Je ne sais pas comment être clair là-dessus… Tout l’environnement culturel, tout ce qu’on aime, on essaye à notre sens de le retranscrire dans la musique mais pas en se disant : « j’adore Brian De Palma, donc on va essayer de faire une musique qui pourrait coller… ». Ce n’est pas une démarche volontaire. Nous, en tant qu’individu, ce qu’on consomme comme « culture », ça fait notre personnalité et notre personnalité fait notre musique.

Sur « Figurines », y a-t-il un titre que vous préférez, qui vous semble plus fort que les autres ?
J : Sur les cinq musiciens plus l’ingé son plus les gens du label, chacun a ses préférences. Moi, j’apprécie beaucoup « L’ennui » sur l’album.
O : Moi, ce serait « Isaline »
R : Et moi, ce serait « Outre-digue ». Mais c’est vachement dur de dire quel morceau on préfère.
O : Chacun a sa personnalité, chacun ressent quelque chose qui va le marquer davantage. Ca dépend vraiment des gens.
J : On a essayé de faire quelque chose d’assez complémentaire, qui soit relativement construit, même si on n’était pas parti pour faire 12 morceaux, même s’il n’y en avait eu que dix, on savait déjà qu’il y avait différent types d’ambiances, différents types de sons, différents types de morceaux, différents types de textes. Donc c’est dur après d’extraire quelque chose comme ça. C’est peut-être aussi qu’on n’a pas le recul parce qu’en même temps, le format chanson, c’est vraiment ce qu’on travaille. C’est ce condensé dans lequel on essaye de mettre l’essentiel, que ce soit au niveau des émotions, des harmonies, de faire en trois, quatre – enfin nous on s’étend un peu parfois – cinq, six, sept minutes, mais quand même dans un truc relativement restreint, de faire quelque chose qui soit concis et qui se suffit à lui-même en fait. Ce n’est pas trop le fait qu’il y ait plein de choses différentes sur l’album, c’est plutôt qu’on arrive pas à avoir le recul encore pour extraire des morceaux. Je pense que ça viendra naturellement au bout d’un moment. On pourra te dire : « celui-là, franchement, il est nettement mieux ». Après ce sera toujours individuel mais ce sera plus net. Pour l’instant, c’est un peu flou. Ca dépend même de l’installation sur lequel j’écoute l’album. Il y a des morceaux que je trouve très très bien quand je les écoute par exemple chez moi. Je prends le disque, je vais l’écouter autre part et, pour tel morceaux, j’ai des doutes encore.
O : Ca dépend de ton humeur.

Vous avez passé un mois et demi en studio, est-ce que vous estimez que vous avez eu suffisamment de temps pour mettre en place toutes vos idées ou est-ce que vous auriez aimé peaufiné davantage votre album ? Est-ce qu’il y a eu une frustration ou bien êtes vous réellement satisfaits de ce que vous avez fait ?
R : Je pense que si on avait eu un peu plus de temps… pourquoi pas mais on ne se sent pas du tout frustré.
O : J’ai peur que si on avait eu plus de temps, on se serait plus pris la tête et on aurait moins avancé. A la fin, on ne savait vraiment plus où aller, dans les mix…
R : On n’a pas eu l’impression d’être pressé par le temps, on a eu bien le temps d’exprimer tout ce qu’on avait à dire. Notamment pour les guitares, on avait peur que ce soit très speed et en fait pas du tout.
J : C’était idéal.
R : Ca aurait été peut-être bien une ou deux semaines de plus pour pouvoir faire un break, notamment pour Jean-Louis et Antoine, pour qu’ils puissent un peu se vider les oreilles.
J : Avant le mix en fait. Parce qu’on a enchainé le mix directement à la fin des prises donc c’est vrai qu’on manquait peut-être un peu de recul sur certains morceaux. Mais après, quand on est dans les mix à fond, on l’a aussi après deux ou trois jours mais c’est vrai que ça aurait été appréciable d’avoir peut-être une semaine. Mais je pense que ça n’aurait pas changé grand-chose. de toute façon, on est tous globalement très satisfaits.
R : Sur l’enregistrement, il n’y a aucune ombre. Les gens étaient là pour écouter, pas pour contrôler. Ils faisaient de temps en temps des remarques qu’on suivait ou qu’on ne suivait pas. il n’y a vraiment eu aucune pression du label. Je pense que c’est quelque chose que l’on retrouve plus facilement dans un label indé que dans une major.

Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous juste avant la sortie de l’album, avant de lire les premières critiques et de voir les ventes ?
R : Un peu inquiets quand même. Je me demande comment va être accueilli l’album.
J : On trépigne plus qu’on s’inquiète réellement du truc. L’accueil, on ne peut pas le contrôler, on ne sait pas du tout comment ça va réagir. Maintenant, ce n’est plus trop de notre ressort en fait. On a fait à peu près l’essentiel, maintenant c’est le label, le distributeur qui travaille, les médias qui prennent le relais. C’est vrai que nous sommes dans une phase d’attente. On se ronge les ongles. En même temps, il y a des bonnes nouvelles qui arrivent tous les jours ou tous les deux jours. Pour le moment, ça va plutôt bien. Maintenant, on verra juste à la sortie.

Est-ce que vous vous êtes déjà fixés des objectifs ?
J : Il y a la promotion de l’album qui va commencer à sa sortie début avril. On va installer une tournée tout doucement sur le printemps, l’été avec quelques festivals, et puis surtout après, à partir de septembre, où là on va attaquer un peu plus fort, avec des concerts. Parallèlement à ça, on continue à bosser pour le nouvel album. Il y a déjà des idées. Ca s’est tellement bien passé, c’était tellement l’idéal en studio que l’on a qu’une envie, c’est d’y retourner. C’est vrai qu’on a envie de faire de la scène, de jouer les morceaux devant des gens mais, en même temps, ça nous démange déjà de recomposer. On a plein d’idées dans nos tiroirs.

Est-ce que vous avez des visées sur d’autres pays européens ou est-ce que vous allez vous cantonner à la France ?
O : Essentiellement à la France.
J : Dans la mesure où c’est francophone, on ira sans doute en Suisse, en Belgique, peut-être au Québec, on verra. Pour le reste, c’est un petit peu plus difficile et puis, c’est vraiment quelque chose d’autre au niveau du travail du label pour vendre. A l’étranger, pour un groupe qui chante en français, il faut quand même en être arrivé à un certain stade.
O : Si ça tourne en France, ça y viendra peut-être plus tard mais ce n’est pas à l’ordre du jour.
J : En Europe, souvent on voit des groupes français un peu confirmés qui font des petites appartées en Espagne, en Italie, en Angleterre, mais on n’en est pas là pour le moment. On va d’abord essayer de travailler sur le territoire français où il y a beaucoup à faire et puis après on verra. Mais ce serait bien…

Chroniqueur
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