Interview de Exsonvaldes

Laurent : Tout d’abord, pourquoi avoir choisi ce titre pour votre disque ?
ESV : En fait c’est le titre de la première chanson du disque ; il résume bien l’idée que l’on s’est faite de ce disque et de ceux qui suivront… Comment dire… on a juste fait ce disque car on avait envie de le faire ! Un peu l’idée de faire ce qu’on veut au moment où on veut…
On a hésité pendant un temps sur quel titre mettre en premier, et on s’est rendu compte que c’était celui ci le plus « fédérateur »…

L : Le but c’est de vous faire plaisir, en somme ?
ESV : Voilà, exactement…

L : La dernière fois vous vous « plaigniez » d’avoir du mal à trouver des concerts… Apparemment le problème est résolu, et on reparlera de ces concerts qui ont l’air de vous avoir marqués ! Quelles incidences ont eu ces concerts sur l’enregistrement de votre deuxième CD ? Le fait d’avoir pu tester les nouveaux morceaux sur scène, etc.…
ESV : Eh bien ça a pratiquement tout changé ! Avec le premier disque, on était arrivés en studio en ayant répété certains morceaux peut être 2 fois… Cette fois ci on a pu prendre le temps de jouer les morceaux sur scène, de les roder. En plus de ça, le fait de les jouer beaucoup, ça nous a fait réfléchir beaucoup plus à ce qu’on faisait, les arrangements, le son… On a beaucoup plus réfléchi à ce qu’on voulait enregistrer. Les morceaux ont vachement évolué… Certains morceaux sur ce disque ont presque un an et demi et ont beaucoup changé avant d’être enregistrés…

L : c’est peut être une des raisons pour lesquelles le CD est plus diversifié que le premier ? vous avez abordé des courants musicaux différents, tout en gardant votre son…
ESV : Je pense qu’on s’est beaucoup formés entre temps… Le premier CD était surtout composé de reliquats de vieilles chansons qui traînaient… Celui ci on l’a composé ensemble.

L : Est-ce que chaque membre apportait un style différent ou est-ce une volonté commune de se diversifier ? Comment s’est passé l’écriture ?
ESV : Il y a un peu des deux. : on voulait évoluer en laissant chacun introduire ses influences.
: Tu trouves ce CD plus diversifié, moi je trouve qu’il est globalement plus fidèle d’un morceau à l’autre, plus fidèle à ce qu’on veut faire que le premier disque… dans lequel même si tout sonnait pareil au niveau du son, ca partait un peu dans tous les sens vis à vis des pistes que l’on voulait explorer… et cette fois ci je pense qu’on est vraiment en train de trouver ce qu’on veut faire.

L : « Postslowrock » a un titre assez évocateur ! c’est pour aider les journalistes en panne de qualificatifs, ou est-ce une nouvelle direction que vous voulez explorer ?
ESV : En fait on a gardé le titre de travail du morceau, on a trouve que ça pourrait bien décrire le style de musique du morceau, et puis il est resté… Ca sonne pas trop mal… Mais ça veut pas vraiment dire qu’on fait du postslowrock parce que ca ne veut rien dire ! c’est un peu une blague…

L : Exsonvaldes ne seront donc pas les futurs Godspeed français… ?
ESV : Non, aucun risque … Il y aurait certainement un veto au niveau de la batterie ! Cela dit il paraît qu’un de nos prochains morceaux y ressemble un petit peu…

L : Vous avez récemment tourné avec un groupe que vous connaissez bien, Flexa Lyndo… Comment cela s’est il passé ?
ESV : on les avait rencontrés à diverses occasions… Et on a fait trois concerts avec eux il y a environ deux semaines. C’est un des rares groupes sur lequel on est tous les 4 d’accord dans Exsonvaldes… On est vraiment fans ! Jouer avec eux c’était un peu comme un rêve, et ça s’est vachement bien passé. C’était trois jours de suite, on s’est balladés avec eux, on a pu les connaître. Ils sont tous très agréables, même s’ils ont tous leurs particularités. Rodolphe, leur guitariste est un peu spécial, bien que super intéressant, il faut juste arriver à percer la carapace du mec bourré qui joue de la guitare bizarrement. C’est un type génial !
Mais il y avait une très bonne ambiance, c’était très agréable de jouer avec eux…

L : Et les concerts avec eux, donc ?
ESV : C’était très bien, on a joué à Paris, Lille et Nancy avec eux, c’était vraiment bien… En plus tous ces concerts nous ont fait progresser. Chaque soir avait son ambiance propre (la salle, les gens…), mais c’était toujours sympa !

L : Sinon, quels étaient vos objectifs avant la sortie de ce deuxième disque ?
ESV : Personnellement mon objectif c’était de faire des concerts avec Flexa Lyndo et Chokebore
En fait l’idée, vu que cette fois ci nous faisons presser le disque, c’est qu’on aimerait bien trouver un distributeur. On a l’impression, avec ces concerts, d’avoir franchi une étape… C’est un peu la même chose « discographiquement » parlant, se faire distribuer. En plus de ça on aimerait que le CD soit bien reçu, qu’on en vende plein et qu’on se fasse plein d’argent……. Mais on a un peu peur que les gens nous disent que c’est la même chose que le précèdent, mais en plus long…

L : Ce n’est pas l’impression que j’ai eu en tous cas…
ESV : On espère aussi qu’on pourra un peu plus se faire connaître qu’avec le premier.

L : Sinon, sur ce dernier disque on peut trouver du violoncelle sur un des titres : est ce qu’incorporer de nouveaux instruments dans vos morceaux vous intéresse ?
ESV : Pourquoi pas ! Enfin si on l’a fait c’est que ça nous intéressait. On ne veut pas non plus en faire un truc systématique, ni jouer la surcharge… ça doit rester ponctuel, et ca doit apporter quelque chose au morceau. On ne décide pas vraiment de le faire a priori : c’est une fois la chanson composée que l’on choisit d’incorporer une partie de violoncelle car ça sonnerait bien.

L : Et l’electro, les samples, est-ce que ça vous tente ?
ESV : oui, pourquoi pas… Mais pas tout de suite. On a certaines choses à faire entre temps. Le jour où on aura atteint nos objectifs en tant que groupe « 4 instruments », on explorera peut être ce genre de pistes. Je pense qu’on a encore beaucoup de choses à faire avec nos quatre instruments ! Mais c’est une idée intéressante…

L : Pas mal d’idées en perspective… ?
ESV : Oui, on teste des trucs… C’est difficile à décrire, c’est assez brouillon, on travaille de nouveaux morceaux et on a parfois envie d’aller plus loin dans les morceaux « super pop », mais on veut aussi durer un peu plus longtemps, faire des plages instrumentales…

L : Vous avez récemment fait la première partie d’un de vos groupes fétiche : Chokebore….comment c’était ?
ESV : C’était assez étrange car c’est un groupe qui ne parle pas beaucoup…, mais pour moi c’était assez stressant de jouer avec eux. Sur scène Troy (le chanteur) a dit que le concert lui avait plu… C’est un jugement qui a pas mal de valeur pour moi !

L : Est ce que l’idée d’enregistrer un titre uniquement acoustique pour un prochain disque vous tente ?
ESV : C’est une bonne question… On se l’est déjà posée mais on y a pas encore répondu. On essaie de se concentrer sur notre son en priorité je pense, on évite de se disperser. On a peut être pas le temps non plus pour expérimenter en studio.
Mais si ca doit venir un jour, ça viendra…

L : Antoine, tu fais les chœurs sur certains morceaux, te sentirais-tu assurer la partie vocale sur un titre ?
ESV :Je ne sais pas… a priori non. La voix de Simon fait partie de ce qui donne une certaine identité au groupe.

L : Est ce que vous avez un titre préféré sur le CD ?
ESV : C’est un peu difficile à dire… C’est peut être un peu tôt. Au moment où on est rentre en studio on avait chacun nos titres préfères, et le fait de les enregistrer a un peu changé tout ça, enfin en ce qui me concerne. C’est comme si les chansons n’étaient plus les mêmes depuis qu’on les a enregistrées. Je suis content du produit fini, mais je n’ai pas de préférée.

L : Peut être une chanson que vous appréciez plus de jouer en concert ?
ESV : Postslowrock ! on la choisit en général pour finir les concerts, une version assez longue.

L : Vous pensez que la version CD retranscrit bien l’intensité de ce titre lorsqu’il est joué « live » ?
ESV : oui, bien plus à mon avis que la version demo que l’on avait enregistrée il y a quelques mois… Personne ne l’a entendue mais je sais de quoi je parle !
On a beaucoup travaillé le son sur ce morceau… C’est même certainement celui sur lequel on a le plus bossé niveau son, car c’est une chanson qui a besoin d’une ambiance particulière je pense…

L : Combien de temps avez vous passé pour l’enregistrement ?
ESV : 4 ou 5 jours… c’est peu, mais c’est énorme comparé au premier CD, où on n’avait passe qu’un jour et demi. Donc même si c’est peu dans l’absolu ça nous a laissé une liberté autre, comparé au premier disque.

L : Vous avez fait une petite tournée pour faire la promotion de votre disque, nous pouvez nous en dire plus ?
ESV : On a fait 6 concerts en une dizaine de jours : Douai, Paris, Lille, Nancy, Esch sur Alzette (Luxembourg) et re-Paris.

L : Vous avez rencontré quel groupes à part Flexa Lyndo et Chokebore ?
ESV : on a pu rencontrer Luke, Leave avec qui on avait déjà jouéà Amiens, et que l’on connaît bien. On a joué sur la même scène que Kaolin, mais sans les rencontrer, et il paraîtrait même que le chanteur de Mass Hysteria aurait vu un de nos concerts et qu’il aurait apprécié….

L : Qu’est ce qui vous particulièrement marqué durant ces concerts ?
ESV : Moi ce qui m’a le plus marqué c’est de me dire qu’on a joué avec Flexa Lyndo et Chokebore. Le concept même de tournée nous a aussi beaucoup plu, d’être à un endroit un soir et de partir le lendemain pour débarquer dans une autre salle… C’est quelque chose qu’on avait jamais vécu.
Les conditions étaient aussi bien meilleures que ce à quoi on avait été habitués…

L : Je pense que vous avez des choses à nous raconter à ce niveau là !
ESV : on avait dit qu’on en parlerait plus !
Le fabuleux concert à Amiens, où Laurent était présent… Pour résumer on a jouéà 11h du matin en banlieue d’Amiens dans une ferme devant des chiens..
Pour la tournée c’était quand même autre chose !

L : A part Flexa Lyndo et Chokebore, y a-t-il d’autres groupes dont vous aimeriez faire la première partie ?
ESV : je pense qu’on aimerait bien jouer avec Girls in Hawaii… Pourquoi pas Bercy avec Pearl Jam ….

L : Sinon avez vous l’espoir de vivre de votre musique dans un avenir relativement proche ?
ESV : On n’en sait rien… Peut-être dans 2 ou 3 ans ca serait peut être réalisable… Un groupe comme Flexa Lyndo qui est pour moi un des plus grands groupes du monde ne vit pas un seul instant de sa musique… C’est un peu compliqué. On aimerait bien mais il reste beaucoup beaucoup de paliers pour arriver à ça.

L : Pour totalement changer de sujet : vous disiez il y a environ un an que vous ne vouliez inclure aucun message dans votre musique. Est-ce que les événements politiques du 21 avril dernier vous ont inspiré ?
ESV : De très très loin alors… Ces choses-là nous importent mais je ne pense pas que l’on fasse de la musique pour faire passer un message politique ou autre. Mais vu que l’on parle de nous dans les textes, on peut être amenés à parler de l’un de ces événements s’il nous touche.

L : De quoi parlent vos chansons en général ?
Simon : C’est certainement assez égocentrique… Mais les textes que j’écris parlent de moi, de ce qui peut m’arriver. Certains textes ne parlent qu’à moi, d’autres personnes vont l’interpréter d’une façon différente…

L : Le chant en anglais, vous persistez, ou on aura droit à une chanson en français un jour ?
ESV : Il y a quelques mois on t’aurait dit non, mais on est vaguement en train de commencer à y réfléchir un peu.

L : Peut être un groupe en français qui pourrait vous donner envie de chanter en français ?
ESV : Peut être Luke ? on a été assez impressionnés par leur concert lors d’une soirée commune…

Chroniqueur
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