Interview de Hollywood Porn Stars

C’est le jour même de la mise en orbite de  »Satellites » que nous avons rencontré Anthony Sinatra et Redboy duo fondateur du groupe de rock belge Hollywood Porn Stars. Loin du tapage et de la provocation associée à ce nom, c’est avec beaucoup de discrétion qu’ils ont dévoilé les grandes lignes de leur deuxième album et sont revenus sur leur début de carrière fulgurant.

Petit retour en arrière : vous vous êtes faits connaître en 2005 avec  »Year of the Tiger » qui a été un grand succès. Pas mal pour un groupe qui s’était formé pour un concours…

Redboy: Le groupe est né d’un défi qu’on s’est lancé avec Anthony alors qu’on ne se connaissait quasiment pas. On a repéré un concours national belge francophone (Court-circuit), il fallait rendre les cassettes deux jours après. On s’est donc vu, on a composé et enregistré trois morceaux puis on a envoyé cette cassette et on a été sélectionnés. Donc il a fallu créer un groupe pour faire un concert trois semaines plus tard. Ça s’est assez bien passé, on s’est pris au jeu et on a fini par remporter ce concours.

Vous n’aviez pas prévu de faire cet album?
Anthony.
: Non pas du tout, on croyait vraiment qu’on allait juste faire un seul concert d’où le nom. Après avoir remporté le concours et reçu pas mal de propositions on a enregistré un premier EP 6 titres qui est bien parti. On était sur une lancée, l’album est venu naturellement et le deuxième album est venu aussi naturellement. On a décidé de continuer et après le choix à faire c’était de savoir dans quelle direction on allait aller, ce qu’on avait envie d’essayer…

Vous avez beaucoup tourné après le succès du premier album : quand avez-vous composé les titres de ce deuxième album? 
Anthony :
Il y a pas mal de titres qu’on jouait déjà lors de la dernière tournée. On testait les morceaux sur scène pour voir la réaction du public et puis on ne voulait pas toujours proposer la même chose, on aime avoir des défis à relever, proposer des nouveautés… En même temps on aime sortir des albums avec nos projets parallèles et faire des tournées avec eux, donc on n’a pas pris de pause pour ne rien faire.

Curieusement, en écoutant  »Satellites », qui a été composé lors de tournée donc, on a l’impression que vous vous êtes assagis, on ne sent pas l’énergie qu’il peut y avoir dans vos concerts, à part peut-être sur Andy le premier single.
Anthony : C’était volontaire, on a vraiment voulu prendre une certaine voie alors que sur le premier album on explorait pas mal de pistes mais quelques morceaux laissaient présager ce deuxième disque et on a vraiment voulu avoir cette espèce de pièce où l’auditeur restait du début à la fin du disque dans une histoire avec des thèmes récurrents , un son, une ambiance. C’est surtout là dessus que ça tranche sur le premier album.
Redboy : On voulait un album assez simple, assez naturel et assez dépouillé. Sur le premier album, on voulait essayer plein de choses, là on a essayé de pousser les chansons à l’essentiel, on a épuré les parties de guitares, on a essayé que ce soit le plus efficace possible en se concentrant sur les intensités, le jeu, les émotions.

Ce disque est plus sombre au niveau des thèmes abordés, était-ce voulu ?
Anthony : Les textes ont été écrits sur une période très rapprochée, (trente textes en un mois). Pas mal d’idées venaient du vécu mais j’aime généraliser le propos et je déteste écrire de manière biographique. Même si c’est quelque chose que j’ai pu ressentir, imaginer, penser c’est toujours projeté dans l’imaginaire. Où est la vérité ? On ne sait jamais…

Les rythmes aussi sont différents…
 
Anthony : On a développé le son de groupe au fur et à mesure et là où on pouvait se retrouver avec de grands écarts entre certaines de nos chansons, là on arrivait vraiment à faire quelque chose qui nous ressemble plus. Au lieu de chansons pop, on aurait pu faire des choses compliquées ou ce que j’appelle des "chansons chips" : tu écoutes, tu digères et après tu jettes. Mais on a essayé de faire des choses plus intenses.

Sur le premier album vous apportiez chacun vos chansons alors que là, c’est Anthony qui signe tous les morceaux, pourquoi?
Redboy : J’ai été occupé avec mon projet My Little Cheap Dictaphone et aussi peut-être par rapport au son d’Hollywood qu’on est en train d’acquérir. Ce que j’écris est plus dans le style de My Little Cheap Dictaphone et Anthony était dans une période assez prolifique. Ce n’est pas figé pour l’avenir mais pour l’instant c’est comme ça. 
Anthony : Il se trouve qu’on travaille souvent sur la matière qu’on a. Comme j’avais pas mal de matière on a bossé sur ça, il y avait largement de quoi faire.

Donc on pourrait imaginer des chansons écrites par tous les membres du groupe sur le prochain album…
Anthony :
Pourquoi pas, ce serait encore un chouette défi à se proposer.

Kim
Chroniqueur