Interview de hyphen hyphen

Comment s’est formé le groupe ?

Santa : On s’est rencontrés à la sortie du lycée en 2010. On avait envie de faire quelque chose ensemble et on s’est retrouvés à faire de la musique.

 

Comment le groupe a évolué depuis ?

Santa : On a eu pas mal d’étapes différentes. Pendant 2 ans, on a fait directement une tournée de 200 dates. On a eu le processus inverse d’autres groupes : on a trouvé rapidement un tourneur, on a enregistré rapidement des EPs pour se produire rapidement sur scène.

Zak : Ce sont des morceaux vraiment composés pour la scène.

Santa : J’appellerais ça des « essais hystériques ». C’est pas mal non ? (rires)

On a fait 200 dates où on a donné toute l’énergie possible, très punk et dans la performance. On s’est arrêtés 1 an pour composer notre premier album. On a signé chez Parlophone.

 

Votre style a évolué pendant ces 5 ans ?

Santa : Complètement. L’album qu’on présente maintenant, « Times », c’est vraiment la musique qu’on voulait faire.

 

Vos EPs précédents « Chewbacca I’m Your Mother » et « Wild Union » ont disparu des plateformes de musique. Vous ne les assumez plus ?

Santa : Ils n’avaient aucune valeur particulière.

Zak : Ça ne correspond pas à ce qu’on veut présenter maintenant. On a appris grâce à ces expériences de studio mais ce n’était pas abouti.

 

 

Je ne connais qu’un seul autre groupe niçois, c’est Griefjoy. Ça se passe comment la scène musicale niçoise ?

Line : On vient du même lycée.

Puss : Il n’y a pas énormément de groupes à Nice.

Santa : De toute façon, avec Internet on n’est plus influencés par une scène. D’ailleurs, on ne se revendique pas d’une scène particulière. Il n’y a pas de « scène » à Nice, il n’y avait même pas de concurrence réelle.

Puss : Il n’y a pas vraiment de lieux pour se produire quand tu es un jeune groupe.

Zak : Il y a 2 caves ou une salle à 700 places. Il n’y a pas d’entre-deux.

 

Cette grosse tournée de 200 dates vous a changés ? Fatigués ?

Santa : Un peu tout. On sortait du lycée. On avait vraiment beaucoup de choses à crier. Ça nous a changés dans le sens où on a appris à exister sur scène, dans quelque chose qui nous dépasse encore mais qu’on essaie de contrôler. On a fait de merveilleuses rencontres. On a créé une équipe. On avait un peu le chapeau de chef d’entreprise, et par moments de manager. Ça nous a appris un peu ce qu’était le monde du travail.

 

Comment est arrivé l’album « Times » ?

Santa : À la fin de la tournée.

Puss : On a pris 1 an tranquille pour composer l’album.

Zak : Certains morceaux avaient déjà quelques années. À la fin de la tournée il y avait déjà 2/3 morceaux qu’on commençait à jouer.

Santa : Dont We Light The Sunshine qui a été le déclic.

Zak : Les morceaux ont tous changé 100 000 fois jusqu’au dernier jour.

Santa : Jusqu’au moment où Parlophone a dit « stop ! ».

 

Vous auriez pu continuer encore longtemps à travailler les morceaux ?

Line : On n’aurait jamais arrêté j’pense.

 

Vous êtes satisfaits de l’album aujourd’hui ?

Santa : Il y a toujours une petite mort quand on lâche quelque chose mais bien sûr qu’on est satisfaits.

 

Quelles sont vos influences pour cet album ?

Santa : On ne s’est pas du tout retrouvés dans la musique du moment, d’où l’idée de trouver des grandes chansons et de trouver des choses un peu intemporelles dans la mélodie et les arrangements. L’idée d’utiliser de vrais instruments et de les retoucher, c’était aussi un challenge de producteurs.

Zak : On voulait avoir un son un peu hybride entre la puissance de l’EDM, hyper efficace soniquement parlant, et quelque chose de plus chaleureux et de plus ancestral avec le piano à queue et ce genre de trucs.

Santa : Et la volonté, peut-être prétentieuse, de faire les plus grandes mélodies possibles.

 

 

Les styles sont d’ailleurs très variés sur l’album. C’est voulu ?

Santa : Il y a des chansons plus indie et d’autres plus universelles. On s’amuse de ça et de ces codes.

 

Vous voulez explorer d’autres genres musicaux ?

Santa : Il y a toujours des trucs à prendre. Dans le métal, la double pédale c’est extraordinaire.

Zak : De toute façon, c’est la même pratique. Ce sont juste des éléments différents. Quand tu composes, tu essaies de trouver un équilibre intéressant et un lien émotionnel.

 

Sur scène, vous dégagez une énergie incroyable. Où en puisez-vous autant ?

Santa : On est fiers de ce qu’on propose en tant que morceaux : les rhabiller pour la scène et leur donner une vie, c’est ce qu’on a toujours aimé. On est un groupe de scène.

Zak : C’est comme ça qu’on a commencé. C’était un peu le contrat. Quand on montait sur scène, il fallait qu’on donne absolument tout ce qu’on avait. On n’avait rien quand on a commencé. On savait juste crier, chanter, sauter partout… Le seul truc pour se faire remarquer, c’était de se donner à fond !

 

La production d’un album est plus cadrée. Ça ne vous ennuie pas ?

Santa : C’était un autre challenge, un autre exercice. Et on en avait besoin. On n’en pouvait plus : 200 dates, c’est énorme. On vient de Nice, tout est loin : même Lyon est à 5 heures. On a parfois fait 14 heures de route.

Quand tu fais 28 heures de route pour 45 minutes de show, c’est que t’en veux quand même.

 

 

Il n’y a pas de titres en français. Ça ne vous intéresse pas ?

Puss : On ne s’est jamais posé la question. Peut-être pour des collaborations.

 

D’ailleurs il y a des artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer ?

Santa : J’adorerais faire une chanson avec Seynabo Sey. Peut-être pas un duo parce que ce serait peut-être un peu gênant pour moi. Elle a une voix extraordinaire.

Puss : C’est le projet qui nous a le plus touchés ces derniers temps.

 

D’où vient l’idée du maquillage sur scène ?

Santa : L’idée était de proposer une esthétique qui prolongeait la musique et l’idée de créer une « union » (NDLR : « hyphen » signifie « trait d’union »). L’idée de voir des gens au premier rang complètement maquillés, c’est génial. Tout le monde est un peu plus fou et tout le monde est un peu plus beau. Ça crée une espèce de folie ambiante. À la Maroquinerie, pas mal de gens étaient maquillés.

Puss : C’est vrai que les gens ont tendance à plus se lâcher.

Santa : C’est quelque chose qui catalyse et qui libère leur alter ego.

Zak : En festival, ça fait chier les autres groupes, c’est génial ! (rires)

 

Des clips à venir ?

Santa : On adorerait faire quelque chose sur We Light The Sunshine. Elle représente tout ce qu’on a voulu faire : quelque chose de fédérateur pop mais en même temps avec beaucoup de fond.

Zack : Et assez équilibré.

Line : Le groupe qui s’envoie des fleurs. (rires)

Puss : On se disait qu’on aimerait bien collaborer pour ce clip.

Santa : Le paradoxe qu’il y a entre le clip de Cause I Got A Chance et de Just Need Your Love, c’est un peu tout ce qu’on a essayé de faire dans l’album : des grands écarts. On nous retrouve, nous : une espèce de folie naïve et quelque chose de plus grandiose comme de grands paysages. On se laisse toutes les libertés, esthétiques et musicales.

 

Et on vous les laisse.

Santa : Et on nous les laisse. De nos jours, c’est pas mal. (rires)

 

Vous pensez à un EP/album de remixes ?

Santa : On a sorti un petit EP en attendant l’album. Il y avait un remix de Just Need Your Love en version rainy.

Puss : Ça a été fait dans l’instant et mixé dans la foulée.

Santa : C’était agréable.

Puss : J’aimerais bien qu’on fasse un EP avec des versions alternatives/remixées de certains morceaux.

 

C’est quoi la suite pour Hyphen Hyphen ?

Santa : Il y a une grosse tournée qui se prépare. Il y a d’autres clips qui se préparent. Cause I Got A Chance commence à rentrer dans les playlists radio, c’est chouette. On souhaite une longue vie à l’album : ce n’est plus trop entre nos mains.

 

 

L’album « Times » est sorti le 18 septembre 2015 sur le label Parlophone.

Interview réalisée le 8 octobre 2015.
Remerciements : Santa, Line, Puss, Zack, Magali.

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